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A8 : les collectivités locales engagent le bras de fer avec Escota-Vinci

"Escota–Vinci Autoroutes doit arrêter de prendre les automobilistes pour des vaches à lait" : ce ne sont pas les gilets jaunes qui le disent mais Charles-Ange Ginesy, Eric Ciotti et David Lisnard, trois élus LR majeurs du département. Ils demandent la réalisation de la bretelle des Tourrades à La Bocca, des travaux à l'échangeur Cannes-Mougins, la suppression du péage de Saint-Isidore à Nice et la gratuité de la portion d'autoroute entre Cagnes et Saint-Laurent du Var, passée à 90km/h. Une charge lourde.

Autour de l'autoroute A8, c'est un bras de fer qui vient de s'engager entre les collectivités locales et le groupe Vinci. "Escota–Vinci Autoroutes doit arrêter de prendre les automobilistes pour des vaches à lait : c’est à l’Etat d’assumer ses responsabilités et de tenir tête au puissant lobby des sociétés autoroutières dans l’intérêt général des usagers". Cette revendication ne vient pas des "gilets jaunes". Elle figure en tête du communiqué commun qui a suivi une conférence de presse sur le thème des "relations entre Vinci Autoroutes et les collectivités locales", conférence qui réunissait Charles-Ange Ginésy, président du Département, David Lisnard, maire de Cannes, et Eric Ciotti, en qualité de député et président de la commission des finances du Département, trois élus LR majeurs des Alpes-Maritimes. (Photo DR : les trois élus lors de la conférence de presse).

Tous trois dénoncent  "le comportement irrespectueux de la société Escota Vinci Autoroutes à l’égard des automobilistes, des contribuables locaux et nationaux." Ils demandent aussi "que l’Etat assume ses responsabilités d’autorité concédante". Leurs griefs, ils les résument en plusieurs points.

Les travaux de la bretelle des Tourrades à La Bocca repoussés

Le premier sujet qui fâche, c'est celui de la nouvelle bretelle d’accès des Tourrades–La Canardière à l’autoroute A8 pour pallier aux embouteillages fréquents à l'entrée de l'A8 par l’échangeur de Mandelieu Cannes-la-Bocca. Le projet lancé en mars 2016, visait à une ouverture des travaux en 2017 et à une mise en service en 2019. Des travaux qui ne sont pas encore commencés et une mise en service qui est donc largement repoussée. La cause ? Une mauvaise estimation des travaux dont le coût, a-t-il été annoncé en janvier dernier, passe de 9 à 17 millions d'euros avec la prise en compte d'une nouvelle réglementation sur le risque sismique. Au total, 6 millions d'euros de surcoût dont 75% sont mis par Escota à la charge des collectivités locales.

Cette position du concessionnaire a été soutenue par l'Etat. Ce qui fait bondir les élus. Ils contestent le surcoût ptédrnté par Escota, notent que ce serait d'ailleurs "probablement" Vinci qui ferait les travaux, et dénoncent un "scandale d'Etat", avec des pressions au plus haut niveau pour permettre au concessionnaire d'échapper à ses obligations contractuelles. Les élus réclament donc que la bretelle soit réalisée dans les meilleurs délais et qu'Escota-Vinci Autoroutes prenne en charge totalement ce surcoût.

Sécuriser l'échangeur Cannes-Mougins

Seconde doléance : "que la société autoroutière engage rapidement une démarche concrète et active pour améliorer et sécuriser l’échangeur de Cannes Mougins, particulièrement accidentogène en provenance de Nice, avec une congestion de véhicules s’étendant aux heures de pointe jusque sur l’autoroute."

Autre point de friction : les élus dénoncent "l'immobilisme d'Escota-Vinci Autoroutes", et parlent "d’une connivence manifeste entre la haute administration centrale et son concessionnaire autoroutier". Ils veulent aussi que le "Ministère des Transports leur transmette l’intégralité des éléments relatifs à l’économie du contrat de concession."

Gratuité réclamée pour le tronçon mis à 90/h et pour le péage de Saint-Isidore

Enfin, autre sujet de grosse fâcherie, la question du tronçon de l’Autoroute A8 entre Cagnes et Saint-Laurent désormais limitée à 90 km/h. Les élus demandent aussi que l'Etat impose la gratuité de ce tronçon. Ils ne mâchent pas leurs mots. "L’autoroute A8 est l’une des plus chères de France : sur cette partie du tronçon elle n’en est même plus une ! A l’heure où la colère gronde en France contre la baisse du pouvoir d’achat et la hausse massive des taxes, nous demandons à Escota – Vinci Autoroutes d’arrêter de prendre les automobilistes pour des vaches à lait et demandons à l’Etat de prendre ses responsabilités".

"Cette décision scandaleuse vient d’ailleurs s’ajouter à une incroyable injustice économique puisque Nice est la seule métropole de France à faire payer son contournement avec le péage de Saint-Isidore," ajoutent les trois élus. "En conséquence nous demandons la suppression pure et simple du péage accidentogène de Saint-Isidore. Nous demandons également à Escota – Vinci Autoroutes de répondre aux demandes précises formulées par le Département des Alpes-Maritimes dans sa motion votée le 12 octobre dernier, parmi lesquelles la demande de financement d’un dispositif de régulation dynamique de la vitesse sur l’autoroute A8. Un mois et demi après le vote de cette motion, Escota–Vinci Autoroutes reste sourd face à cette volonté démocratique."


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