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Amadeus : une nouvelle page s'ouvre avec le départ de Claude Giafferri

Un passage de relais auquel ont assisté les grands acteurs de l'économie high tech azuréenne hier soir à Amadeus Sophia : Claude Giafferri, président de Amadeus SAS depuis 6 ans a pris ses droits à la retraite et a passé les commandes à Gilles Floyrac. L'occasion de rappeler les grandes étapes d'une formidable aventure industrielle européenne dont la technopole a été l'épicentre et d'évoquer un avenir qui se joue sur l'Intelligence Artificielle.

L'hommage à un grand capitaine d'industrie et à un des acteurs majeurs de Sophia Antipolis : c'est ce qui a été rendu hier soir à Claude Giafferri. Après avoir piloté pendant six ans le centre de R&D de Sophia Antipolis, le président d'Amadeus SAS fêtait son départ à la retraite et passait le relais à son successeur Gilles Floyrac. Un passage de flambeau qui s'est fait en présence de la communauté économique sophipolitaine que Claude Giafferri, également président du Club Sophia Entreprises et vice-président de la Fondation Sophia Antipolis, aura contribué à fédérer en alliant les mondes technologiques, politiques, culturels, associatifs et sportifs. (Photo Webtimemedias : de gauche à droite Jean Leonetti, président de la CASA, Gilles Floyrac, Claude Giafferri et Jean-Pierre Savarino, président de la CCI Nice Côte d'Azur).

Le soutien à Anthéa et le rachat du site de Texas Instruments à Villeneuve-Loubet

Claude Giafferri restera bien sûr comme celui qui a conforté la présence d'Amadeus dans la technopole, faisant passer en six ans le centre de R&D de 2.800 à 4.200 salariés (auxquels s'ajoutent plus de 1.000 sous-traitants). Mais ce qui a également touché Jean Leonetti, ainsi que l'a souligné le président de la CASA, c'est son soutien dans le lancement et l'essor du théâtre Anthea à Antibes, ainsi que son implication dans le règlement du problème posé par le retrait de Texas Instruments avec notamment le rachat de son site de Villeneuve-Loubet qui risquait de se transformer en friche industrielle.

Ce passage de relais a donné aussi l'occasion de rappeler cette formidable aventure industrielle du nouveau siècle que représente Amadeus, l'une des trop rares entreprises européennes devenue leader mondial dans un des domaines du numérique (ici, dans les technologies de l'industrie du tourisme). Comme l'a rappelé avec brio Claude Giafferri, elle a commencé cette aventure avec Jean-Paul Hamon (présent dans la salle). Avec une petite équipe, c'est lui qui a conçu le projet dès 1986 puis l'a implanté à Sophia en 1988 et l'a fait grandir.

Les difficultés évidemment n'ont pas manqué. Elles ont été d'ordre technologique (ces grands systèmes logiciels demandent des centaines d'années-hommes pour leur développement et comportent toujours des risques d'échecs), ou d'ordre économique comme en 1991 avec l'invasion de l'Irak par les Etats-Unis qui a sinistré le transport aérien sur lequel est assis Amadeus. Mais le groupe a tenu. Grandi.

763 M€ de R&D dont les trois-quarts sur le territoire de la CASA

Aujourd'hui, le groupe représente 19.000 personnes dans 195 pays, avec pour 2017 un chiffre d'affaires de 4,850 milliards d'euros, un EBITA de 1,65 milliards d'euros et un effort R&D de 763 millions d'euros dont les trois quarts concernent les sites de Sophia et de Villeuneuve-Loubet. Quant aux effectifs azuréens, qui se composent de 83 nationalités, avec une moyenne d'âge de 39 ans, ils continuent de croître. Ainsi 470 recrutements ont été effectués en 2018 et 250 sont prévus pour 2019.

L'avenir d'Amadeus, auquel est lié celui de la technopole ? Le transport aérien poursuit une forte croissance dans le monde, ce qui ouvre de belles perspectives pour de nouveaux développement d'Amadeus qui fait aujourd'hui le pari de l'Intelligence Artificielle. Ce qui explique le fort soutien que le groupe a donné à la recherche en s'impliquant à fond dans le succès de l'Idex et d'UCA (Université Côte d'Azur) ainsi que dans le projet 3IS (Institut Interdisciplinaire d'Intelligence Artificielle) pour lequel Sophia fait aujourd'hui partie des quatre candidats sélectionnés.

Ce que compte faire Gilles Floyrac

Ce sont ces projets qui tiennent à cœur du nouveau président d'Amadeus SAS, Gilles Floyrac qui a pris ses fonctions dès ce matin, vendredi 1er février 2019. Sorti de Polytechnique, c'est à Sophia qu'il avait fait ses premières armes en y créant une start-up en 1986, puis en intégrant Amadeus en 1990. Il est parti ensuite cinq ans en Chine pour y installer les solutions Amadeus chez Cathay Pacific, puis six ans à Tokyo avant de revenir en septembre 2018 dans la technopole pour préparer le passage de relais avec Claude Giafferri.

La ligne qu'il compte suivre ? Ce sera celle qui a été tracée par son prédécesseur. Développer l'excellence, continuer d'attirer les talents pour le groupe mais également conforter l'écosystème azuréen sans lequel le centre de R&D ne pourrait pas survivre. Gilles Floyrac poursuivra les efforts menés pour animer l'écosystème, pour développer l'image d'excellence du territoire, accroître son attractivité, son potentiel de recherche, de formation, d'enseignement. Outre l'Intelligence Artificielle avec l'I3S, un second sujet lui tient dans l'immédiat à cœur : l'extension du site Bel Air à Villeneuve-Loubet avec la construction de 10.000 m2 pour accueillir 750 ingénieurs. Un intérêt tout particulier dans cette extension : c'est un centre où seront déployées des techniques de pointe de développement agile et collaboratif. Sophia appréciera.


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