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Association des Amis de Cannes : 4ème et 5ème mises en examen

Christophe Santelli-Estrany, deuxième adjoint de Cannes, et Philippe Lavaud, directeur général adjoint des services municipaux, ont été mis en examen mercredi soir dans le cadre d'une enquête portant sur des soupçons de détournements de fonds. Depuis l'ouverture de cette enquête tournant autour de l'Association des Amis de Cannes, ce sont cinq personnes qui ont ainsi été mises en examen.

Avec la mise en examen mercredi soir du 2ème adjoint de la ville de Cannes, Christophe Santelli-Estrany, suivie une heure plus tard de celle du directeur général adjoint des services municipaux cannois, Philippe Lavaud, ce sont désormais cinq personnes qui ont été mises en examen dans le cadre d'une enquête sur des soupçons de détournements de fonds, menée par le juge d'instruction de Grasse, Jean-Pierre Murciano.

Une enquête qui tourne autour de l'Association des Amis de Cannes

Lancée voilà un an, cette enquête tourne autour de l'Association des Amis de Cannes et porte sur des soupçons de "corruption passive et active", "prise illégale d'intérêts", "faux en écriture et usage de faux", "détournements de fonds publics". La justice s'intéresse notamment à la concession de trente ans qui a été accordée par la ville au Baôli, un restaurant cannois "star" installé au port Canto, et sur d'éventuelles contreparties occultes à laquelle cette concession de "longue durée", aurait pu donner lieu à travers des "dons" à l'association.

Cette affaire, qui a été ponctuée de deux perquisitions en mairie de Cannes, avait déjà conduit en novembre et décembre à trois mises en examen dans l'entourage du député-maire UMP Bernard Brochand. Les enquêteurs veulent notamment savoir si les fonds récoltés par l'association des Amis de Cannes ont pu servir à financer des événements dans le cadre de campagnes électorales menées en 2012.

Suite aux investigations, le président de l'association, Daniel Alessio (ancien président de l'UPRL) et son trésorier André Taddeï, ont été mis en examen en novembre. En décembre, une conseillère municipale UMP, membre de l'association, Nadia Moussalem, avait également été mise en examen pour "trafic d'influence actif dans le cadre de son mandat". Il lui est reproché plus particulièrement d'être intervenue pour faciliter l'obtention d'une autorisation de travaux au bénéfice d'un tiers.

Bernard Brochand s'étonne de la "concordance de l'instruction avec la campagne électorale"

Le développement de cette affaire est potentiellement explosif à l'approche des municipales de mars. Il est aussi suivi de très près par les observateurs politiques. D'autant plus que le député-maire Bernard Brochand avait axé ses deux mandats sur le "nettoyage des écuries d'Augias", pourfendant les "40 voleurs" de l'ancienne municipalité de Michel Mouillot.

L'éventuelle mise à jour de mauvaises pratiques dans sa mairie, pourrait aussi peser lourd dans la campagne municipale en cours, marquée par l'affrontement "au couteau" entre les deux prétendants de l'UMP, David Lisnard, premier adjoint, dauphin de l'actuel maire, et Philippe Tabarot, leader de la liste d'opposition, conseiller général et frère de la députée-maire du Cannet Michèle Tabarot.

Dans un communiqué, Bernard Brochand, qui a retiré ses délégations à Christophe Santelli-Estrany (il est délégué aux affaires juridiques et immobilières, ainsi qu'aux ports) en lui réaffirmant cependant sa confiance, s'est aussi étonné "de la troublante concordance de cette instruction avec la campagne électorale à Cannes". Voir son communiqué ci-dessous.

Le communiqué de Bernard Brochand

"Il n’y a pas de démocratie sans justice. Et il n’y a pas de justice sans vérité. Je souhaite que l’instruction en cours sur l’association des Amis de Cannes aille au bout et fasse la lumière, toute la lumière, sur les allégations portées depuis plusieurs semaines contre des membres de mon équipe.

De mon côté, je tiens à réaffirmer toute ma confiance en mon deuxième adjoint, Christophe Santelli-Estrany, dont je connais la droiture, l’honnêteté, l’intégrité. Avec ses collaborateurs, il a permis la résolution des 220 millions d’euros de contentieux qui étaient en suspend à notre arrivée en 2001.

 Compte-tenu des restrictions liées au contrôle judiciaire et afin d’assurer la continuité du service public, les délégations de Christophe Santelli-Estrany ont été attribuées à Georges Roubaudi, adjoint au maire, pour les affaires maritimes, et à Claude Morin, conseiller municipal, pour les affaires juridiques et immobilières.

Je déplore toutefois que les actes du juge soient ainsi étalés sur la place publique à chaque étape de l’instruction, pourtant couverte par le secret, à travers des médias manifestement mieux informés que la Ville qui s’est constituée partie civile en mai dernier et n’a toujours pas eu accès au dossier neuf mois plus tard, ce qui est totalement anormal. Je m’étonne également de la troublante concordance de cette instruction avec la campagne électorale à Cannes.

Une « coïncidence » à laquelle de nombreux Cannois, qui s’en sont émus auprès de moi depuis plusieurs semaines, ne croient pas. Ainsi, je souhaite que la justice accomplisse sa mission en toute impartialité et en toute indépendance, sans céder à la tentation d’une surexposition médiatique avec le risque d’emballement qu’elle génère souvent, toujours aux dépends des personnes mises en cause mais jusqu’à preuve du contraire présumées innocentes.


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