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Atlantia pour l'aéroport de Nice : le choix salué par les acteurs locaux

Annoncé par Bercy hier en fin d'après-midi, le choix du consortium Azzurra mené par l'Italien Atlantia (65,01%) associé à EDF Invest (24,99%) et à l'aéroport de Rome (10%) pour le rachat des 60% des parts du groupe ACA (Aéroports de la Côte d'Azur) a été bien accueilli par les acteurs locaux. Pour l'Etat, c'est le jackpot : 1,22 milliards d'euros pour Nice (22 fois l'Ebitda) et 535 milliards d'euros pour Lyon attribué au consortium mené par Vinci Airports (21 fois l'Ebitda).

Les informations qui avaient filtré dès le début de la semaine se sont trouvées confirmées hier en fin d'après-midi : c'est bien le consortium Azzurra mené par l'Italien Atlantia (65,01% de l'ensemble), avec EDF Invest à 24,99% et l'aéroport de Rome à 10% qui a été retenu par Bercy pour acquérir les 60% des parts de l'Etat dans la société des Aéroports de la Côte d'Azur et qui se trouvera ainsi aux commandes des trois aéroports azuréens, celui de Nice mais également ceux de Cannes-Mandelieu et de Saint-Tropez. Le lauréat, qui se trouvait en dernière ligne face à Vinci, a été estimé comme le mieux-disant avec une offre à 1,22 milliards d'euros pour Nice ce qui valorise la société aéroportuaire à un peu plus de 2 milliards d'euros et correspond à 22 fois l'Ebitda, le bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement (pour mémoire, 18 fois l'Ebitda pour Toulouse).

Le jackpot pour l'Etat : 1,755 milliards d'euros pour Nice et Lyon!

Le consortium mené par Vinci Airports (51% du groupement) avec Predica (groupe Crédit Agricole) et la Caisse des Dépôts, chacun à 24,5% remporte l'aéroport de Lyon avec une offre à 535 millions d'euros représentant 21 fois l'Ebitda. L'aéroport de Nice avec ses 12 millions de passagers et ses possibilités de développement se trouve ainsi valorisé à plus de deux fois de celui de Lyon. Quant à l'Etat, c'est le jackpot : il engrange 1,755 milliards d'euros pour les 60% de parts qu'il détenait dans ses deux grands aéroports de province.

La cession des parts, donc le versement, devrait intervenir à l'automne a précisé Bercy. Il a été aussi rappelé que l'Etat reste le "régulateur" et qu'il a la main sur les infrastructures, tandis que la durée des concessions reste limitée dans le temps : 31 décembre 2044 pour Nice et 2047 pour Lyon.

Christian Estrosi : Azzurra a apporté des garanties aux acteurs locaux

Sur la Côte d'Azur, alors que la procédure d'appel d'offres avait donné lieu à quelques frictions entre le gouvernement et les instances locales, le choix d'Atlantia a été bien accueilli. Christian Estrosi ne s'était pas montré favorable à la candidature de Vinci en tant qu'actionnaire d'AdP (Aéroports de Paris). Aussi, dans un communiqué, le président de la Région PACA et de la Métropole, s'est réjoui de cette décision, expliquant que la Métropole Nice Côte d’Azur était très favorable à ce repreneur. Pour Christian Estrosi, "ce consortium a su tenir compte des remarques des actionnaires publics locaux lors de l’audition de son Offre Indicative. Les points prépondérants pour les acteurs locaux ont été repris et intégrés dans l’Offre Ferme puis Finale. On ne peut que se féliciter de ce dialogue constructif qui laisse présager de bonnes relations futures."

Et de préciser qu'Azzurra "a su apporter des garanties aux acteurs locaux en s’engageant formellement sur plusieurs points décisifs, comme la prolongation de la durée de leur engagement, portée à 15 ans, et la création d’un comité de suivi des engagements associant l’ensemble des acteurs publics locaux. En outre, Azzurra s’est démarqué de ses concurrents en étant le seul acquéreur potentiel à proposer des mesures incitatives ainsi qu’une clause anti-dilution."

Le Groupement s’est par ailleurs spontanément engagé à ce qu’aucun représentant de l’aéroport de Rome ne siège au sein de la gouvernance d’ACA, à moins que le Directoire ne le demande expressément, ce qui a contribué à rassurer les acteurs locaux quant à tout soupçon de conflit d’intérêt avec l’aéroport de Rome."

"L’Offre Finale d’Azzurra épouse le projet stratégique déjà approuvé par les actionnaires territoriaux, y compris en termes de prévision de trafic. Il s’agit d’un projet cohérent et lisible, dont le projet d’investissement est en ligne avec le plan d’affaires à trente ans, ce qui laisse augurer des retombées économiques pour la Région. Un accord formel est donné sur notre trajectoire tarifaire, garante tant de la compétitivité de l’aéroport que de son prix."

"Enfin, Azzurra propose des idées nouvelles et intéressantes tant dans le domaine de l’innovation que dans la recherche d’économie d’énergie, grâce à la présence au sein du consortium du groupe français EDF."

David Lisnard : un engagement sur 20 millions de passagers en 2032

Satisfaction aussi pour David Lisnard, maire de Cannes et président du CRT Côte d'Azur (Comité Régional du Tourisme). Et de détailler les avantages, tant pour le développement des plateformes aéroportuaires de la Côte d’Azur que dans la prise en compte des enjeux du territoire azuréen. "Le consortium Azzurra :

  • propose un projet stratégique et industriel de grande qualité avec un plan d’investissement de 635 millions d’euros sur les 15 premières années d’exploitation (montant supérieur de près de 100 millions d’euros par rapport à celui présenté par son concurrent) et de près de 1,483 milliards d’euros sur la durée de la concession dont le terme est en 2044;
  • s’engage sur une augmentation significative du trafic passager pour le porter à 20 millions en 2032;
  • garantit une séparation étanche entre les instances de gouvernance de la Société Aéroports de la Côte d’Azur et d’Aeroporti di Roma;
  • apporte son soutien plein et entier à la gouvernance actuelle de la Société assurant, par-là, une stabilité managériale nécessaire à la poursuite des projets de développement initiés par elle;
  • s’engage donc à poursuivre et renforcer les projets de développement, les intérêts commerciaux et les préoccupations environnementales liées à la Société Aéroports de la Côte d’Azur, en prenant en compte l’Aéroport d’affaires de Cannes-Mandelieu;
  • prévoit, de manière judicieuse, d’étendre la zone de chalandise de l’aéroport Nice Côte d’Azur aux villes italiennes frontalières dans le cadre, notamment, d’une coopération avec la S.N.C.F.

Dans son communiqué, David Lisnard salue le travail effectué par Emmanuel Macron qui "a tenu parole à l’égard des partenaires locaux légitimement soucieux du développement qualitatif de nos plateformes aéroportuaires". Restent pour lui à assurer les engagements de l'Etat sur deux point qu'il juge essentiel même s'ils ne dépendent pas du processus de cession, et pour lesquels il a réitéré sa demande à Emmanuel Macron:

  • "la garantie de mesures de sécurité renforcées et durables dans les trois aéroports de Nice, Cannes-Mandelieu et Saint-Tropez ;
  • le maintien du service des douanes à Cannes-Mandelieu.

"Le Ministre s’est engagé à revenir vers les collectivités et autres partenaires publics sur ces points,notamment par un courrier co-signé par ses collègues ministres en charge de ces questions," conclut David Lisnard.


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