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Avec Symphony, Sophia Antipolis a fêté sa première "licorne" !

Cédric O, secrétaire d'Etat au numérique et David Gurlé, fondateur de Symphony ont inauguré avec les représentants de l'écosystème sophipolitain le centre de R&D de la start-up qui a atteint le statut de "licorne" (plus d'un milliard de $ de capitalisation) après une levée de fond record. L'occasion de mieux saisir ce que fait cette plateforme de services financiers et de connaître ses ambitions sur la technopole.

Sophia Antipolis a fêté sa première "licorne" (une start-up dont la capitalisation a dépassé le milliard de dollars). Basée à Palo Alto, Symphony fondée en 2014 a annoncé en juin dernier une nouvelle levée de fonds de 165 M$ qui faisait monter sa capitalisation au delà du milliard. Ce coup de chapeau à la "licorne" a été donné à l'occasion de l'inauguration du centre de R&D sophipolitain de la start up américaine, ouvert voilà un an aux Aqueducs, l'un des ensemble de bâtiments les plus modernes de la technopole. Une inauguration qui s'est faite en présence de Cédric O, le nouveau secrétaire d’Etat chargé du Numérique dont il s'agissait de la première visite officielle dans la technopole et de David Gurlé, le Cannois qui a fondé et dirige Symphony. L'occasion de mieux comprendre ce que fait cette start-up en pleine ascension et cerner ses ambitions sur la technopole. (Photo WebTimeMedias : de gauche à droite, David Gurlé, Cédric O et Antoine Clerget).

Une autoroute de l'information

Ce que fait Symphony dans le monde numérique ? Antoine Clerget, le directeur du site sophipolitain (un ancien chercheur d'Inria qui fut aussi président d'UDcast à Sophia) l'a expliqué clairement. "Symphony, c'est une autoroute qui va permettre à nos clients de transporter de l'information avec la sécurité, la conformité et la traçabilité dont ils ont besoin. Cela concerne certains secteurs pour lesquels ces besoins sont vitaux. Symphony adresse ainsi plus particulièrement le secteur financier mais également d'autres secteurs qui ont besoin de sécurité, conformité, traçabilité."

"Un premier véhicule a été bâti sur notre plateforme. Il s'agit d'un outil de collaboration qui permet aux salariés et aux entreprises d'échanger des messages texte, audios, vidéos. Mais dans le processus de la transformation digitale, au-delà de l'échange se place une autre nécessité : celle de transformer cette information en intelligence. Aussi, pour gagner en efficacité dans le traitement de l'information, nous allons introduire à côté de la communication entre les hommes, la communication avec les machines et entre les machines elles-mêmes. Un exemple en est donné avec l'automatisation de workflow pour les services financiers". Une nouvelle version de Symphony doit ainsi sortir à la rentrée, le 3 octobre.

La qualité...et le prix des ingénieurs en France

Pourquoi la France et pourquoi Sophia ? David Gurlé a bien sûr exploré plusieurs pays et lieux avant de faire son choix. Le coût et la qualité des ingénieurs bien sûr a joué en faveur de la France (l'excellence de son école mathématiques). La Silicon Valley déborde, les salaires informatiques explosent et surtout, le débauchage est monstrueux. "J'ai du changer trois fois les équipes" explique David Gurlé. "Ou plutôt ce sont elles qui m'ont abandonné. Pour l'exemple, un ingénieur avec un salaire de 170.000 $ est venu me voir avec une proposition de Netflix à 400.000$. Difficile de le retenir."

Côté prix, "un ingénieur coûte environ deux fois moins en France qu'aux Etats-Unis. Si l'on considère le global avec l'ensemble des coûts (salaires et charges), c'est 234.000 $ en moyenne aux Etats-Unis et 120.000$ en France. Mais quand on migre de Palo Alto à Sophia Antipolis, il n'y a pas que le prix qui entre en jeu. Est-ce qu'on va trouver la bonne équipe pour produire ? Combien de temps cela prendra-il pour la mettre en place ? Est-ce que l'équipe restera loyale ? Sur ces points, notre implantation a été un succès. Ce qui est évidemment très encourageant."

Symphony envisage aussi de monter à une cinquantaine de personnes d'ici la fin de l'année et à une centaine à la fin 2020. Il dispose de trois sites de R&D dans le monde : à Palo Alto, en Suède et en France. Actuellement second, derrière Palo Alto, en nombre de collaborateurs, Sophia deviendrait le 1er centre R&D de Symphony en 2020.

Les profils recherchés par Symphony

Les profils recrutés ? "Nous faisons un métier du logiciel" souligne David Gurlé. "En amont, nous recrutons des chefs de produits. Des gens qui ont un pied dans le business et un autre dans la technologie. Ce sont des profils qui ne sont pas forcément faciles à trouver et nous travaillons avec Eurecom et les écoles de commerce pour les faire émerger. Nous recrutons également des développeurs, des ingénieurs systèmes. Il s'agit de postes de Bac +5 voire plus."

L'équipe du centre R&D de Symphony dans ses locaux aux Aqueducs (Photo WebTimeMedias)


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