Berlitz et Monaco Telecom sur le chemin du management interculturel

Apprendre une langue ne suffit pas pour être efficace à l'international. Fort de ce constat, Berlitz Côte d'Azur, à Sophia, propose des formations interculturelles pour comprendre la mentalité, l'environnement, les usages, les pratiques des pays dans lesquels on va travailler. Pour ses contrats du Kosovo, d'Afghanistan et d'Afrique de l'Ouest, Monaco Telecom cherchait à améliorer l'anglais de ses cadres. L'opérateur monégasque a aussi sauté le pas.

"Devenir manager international, être efficace sur les marchés étrangers, ça ne vient pas de naissance; ça s'apprend, ça se travaille". Patricia Glasel, responsable au niveau mondial du Global Leadership Training de Berlitz, en est persuadée. C'est son crédo. C'est aussi sa responsabilité : former des cadres, les accompagner à l'international, leur donner les clés des pays où ils auront à s'investir, les rendre directement efficace dans des environnements culturels qu'ils ne connaissaient pas.

"Apprendre la langue ne suffit pas"

A Sophia Antipolis, Berlitz Côte d'Azur (12 personnes) s'est rodé dans ce type de formation. Les grandes entreprises et les PME qui exportent ou qui ont des filiales dans le monde ont compris qu'apprendre la langue d'un pays ne suffisait pas. Monaco Telecom, très présent à l'international (Kosovo, Afghanistan et Afrique de l'Ouest) a sauté lui aussi le pas. Venus pour parfaire leur anglais, ses cadres ont suivi les formations en management interculturel.

"Chez Berlitz, entreprise multinationale, nous nous sommes vite rendu compte qu'apprendre la langue ne suffit pas", explique Patricia Glasel. Pour réussir, il faut comprendre la mentalité, l'environnement, les usages, les règles locales, les pratiques." Connu plus particulièrement dans le domaine de l'apprentissage des langues, le groupe a pris cette nouvelle orientation il y a une vingtaine d'années aux Etats-Unis. En Europe, elle est plus récente (6 ou 7 ans).

"Notre monde devient de plus en plus complexe car de plus en plus souvent nous avons à travailler avec des gens qui ne pensent pas comme nous, qui n'ont pas les mêmes références, la même façon de réfléchir", poursuit Patricia Glasel. "Des équipes multiculturelles virtuelles sont souvent appelées à travailler sur des projets. Aussi, il faut avoir conscience que si on ne comprend pas la diversité, on est à côté de la plaque." Echec assuré.

S'initier à une manière de penser différente

L'Europe, désormais, en a aussi pris conscience. "Toutes les entreprises du CAC 40 ont compris qu'il fallait former leurs cadres à l'international. C'est un vrai challenge. Il faut que chacun admette qu'il est loin de tout savoir. Il ne suffit pas de prendre l'avion toutes les semaines pour être international. Il faut savoir d'abord entrer dans la mentalité des pays où l'on travaille. Reconnaître que notre cadre de référence n'est pas forcément universel, que des gens peuvent penser très différemment de nous et pourtant obtenir d'excellents résultats. Cette démarche est sans fin."

Auparavant l'international s'apprenait plutôt "sur le tas". "Les gens se reposaient sur leur expérience, mais n'avaient pas de recul. Notre rôle est de permettre aux cadres d'aller plus vite à travers une formalisation du management multiculturel. Si vous partez en Chine, des consultants qui y ont travaillé comme manager international vous donnent les clés de la Chine, vous initient à une manière de penser différente. Nous aidons les managers qui vont à l'international à se situer autour des grandes valeurs universelles comme le rapport au temps, à la hiérarchie, etc. Pour les Chinois, par exemple, le temps est le meilleur outil de négociation. En faisant traîner, ils obtiennent souvent ce qu'ils veulent".

Monaco Telecom forme ses managers à l'international

C'est par la porte de la langue que Monaco Telecom est entré dans cette démarche. "Environ 50% de notre activité est liée à l'international avec trois gros contrats : Kosovo, Afghanistan et Afrique de l'Ouest", note Philippe Lafarge, responsable emploi-formation de MT. "Nous travaillons également en anglais avec la Suisse pour les contrats avec OnAir et Monaco est en elle-même une place totalement internationale. La force de Berlitz a été d'aller au-delà de la langue vers le profil interculturel de nos managers."

Une vingtaine de cadres monégasques de l'opérateur ont ainsi déjà été formés au management international par les équipes de Berlitz à Sophia lors de séminaires managériaux, confortés par du e-learning. Les autres salariés monégasques devraient également bénéficier de ces formations interculturelles. Des formations qui ont de quoi aussi intéresser bien d'autres entreprises monégasques où azuréennes. Autant de sociétés qui ont des contrats dans le monde entier et sont ainsi confrontés à la nécessité d'améliorer l'efficacité de leurs cadres à l'international en allant au-delà du seul apprentissage de la langue.


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