ShareThis

Bormida, une lutte de 117 ans contre la pollution

Durant 117 ans, les habitants d’une vallée de la province de Savone ont mené une lutte acharnée pour que le fleuve Bormida retrouve sa couleur et ne soit plus pollué par l’usine de production de dynamite installée dans le village de Cengio. Un long combat auquel rend hommage l’écrivain journaliste Patricia Dao dans un livre en forme d’hymne intitulé Bormida. Rencontre avec l’auteur qui nous parle de cette résistance étonnante qui s’est perpétuée sur 4 générations et à laquelle elle a participé pendant 10 ans au terme desquels la lutte a fini par payer avec la fermeture de l’usine maudite et la renaissance du fleuve.

Les eaux noires du fleuve Bormida lorsqu'il était pollué (DR)

Ecrivain journaliste installée à Antibes, Patricia Dao vient de publier un livre intitulé Bormida, consacré à une lutte contre la pollution d’habitants d’une vallée de la Province de Savone, en bordure de celle de Cuneo. Une lutte hors norme puisqu’elle a duré 117 ans, en puisant sa source dans l’installation en 1882, dans le village de Cengio, d’une usine de production de dynamite, transformée plus tard en usine de colorants. Une production qui nécessitait beaucoup d’eau, mais qui générait une importante pollution du fleuve dont l’eau claire en entrant dans l’usine, ressortait avec une couleur noire tout en étant recouverte d’une mousse jaune, noire ou grise, accompagnée d’odeurs très fortes de chimie. Si beaucoup d’habitants se sont mobilisés pour lutter contre cette pollution, le combat fut difficile face aux puissants intérêts des industriels soutenus par le monde politique, l’église, la mafia et même la justice dont certaines décisions furent carrément iniques. Une partie de la population était également favorable à cette usine parce que celle-ci était synonyme d’emploi.

Un combat vécu de l’intérieur

Si Patricia Dao s’est intéressée à ce long combat, c’est qu’elle y a participé activement pendant une dizaine d’années aux cotés de son compagnon Renzo Fontana, qui en était l’une des figures de proue avec son journal « Valle Bormida Pulita », véritable trait d’union non seulement des habitants de la vallée en lutte, mais aussi d’autres combats menés pour la préservation de l’environnement en Italie et dans d’autres pays. Mais même si elle fut extraordinairement longue et difficile, cette lutte pacifique finit par porter ses fruits puisque l’usine maudite ferma ses portes en 1999 et que, presque miraculeusement, le fleuve Bormida reprit assez rapidement sa couleur naturelle, tandis que de nombreux poissons mais aussi des canards et des hérons y ont de nouveau élu domicile. Un résultat qui doit beaucoup à la ténacité de ces familles qui, sur 4 générations, ont milité pour que la prospérité économique d’un village ne se fasse pas à n’importe quel prix. Un combat auquel le livre de Patricia Dao rend un bel hommage sous la forme d’un hymne à cette résistance qui peut parfois dérouter le lecteur par sa forme, mais dont on sent qu’il vient du fond du cœur.      

Patricia Dao sera présente ce week-end au Festival du Livre de Mouans-Sartoux, sur le stand de la Librairie "Le Printemps Permanent", pour rencontrer ses lecteurs et parler de son ouvrage.

 

  


Crédits Indigen
- Copyrights WebTimeMedias 2011