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Cannes 2013 : Inside Llewyn Davis, la ballade nostalgique des frères Coen dans l’univers de musique folk

Avec "Inside Llewyn Davis" présenté hier au Festival de Cannes, les frères Coen nous offrent cette année une balade nostalgique dans l’univers musical de Greenwich Village au tout début des années 60. En filmant avec humour l’odyssée sombre et mélancolique d’un looser de la folk, les deux cinéastes américains ont de nouveau réussi leur coup et nous livrent un exercice de style parfaitement maîtrisé dans lequel ils font l’étalage de tout leur talent.

Oscar Isaac incarne avec talent Llewyn Davis dans le film des frères Coen (DR).

Joel et Ethan Coen sont des habitués du Festival de Cannes puisqu’ils participent cette année à la compétition pour la huitième fois avec Inside Llewyn Davis, une balade nostalgique dans l’univers musical de Greenwich Village au tout début des années 60, à une époque où la musique folk n’y faisait pas encore vraiment recette. Le film commence et se termine par la même scène dans laquelle l’on voit Llewyn Davis, joué par un épatant Oscar Isaac qui se révèle également être un excellent chanteur, se faire passer à tabac par un inconnu qui l’attendait pour lui régler son compte à la sortie du cabaret dans lequel il venait de se produire. Les frères Coen vont suivre durant une semaine les tribulations du musicien pour tenter d’expliquer le geste de cet inconnu. Guitare à la main, Llewyn Davis est alors à la croisée des chemins, luttant pour gagner sa vie en tant que musicien, en essayant de percer en solo après le suicide de son partenaire avec qui il formait un duo, mais en rencontrant aussi galères sur galères qu’il se crée souvent lui-même.  

L’odyssée d’un looser de la folk

L’histoire relatée par les frères Coen n’est pas réelle, mais est inspirée de la vie de Dave Van Ronk, un musicien qui influença beaucoup Bob Dylan qui fit les beaux jours de Greenwich Village quelques années plus tard. Le film est d’ailleurs un hommage aux chanteurs folk de cette époque, assoiffés d’authenticité et peu disposés aux compromis qui auraient signifiés pour eux vendre leur âme au diable. Malgré ses indéniables qualités, Llewyn Davis, qui ne sera jamais là au bon moment, ne parviendra pas à percer et ira de désillusions en désillusions tout en étant réduit à vivre d’expédients et à squatter chez les uns et chez les autres. En filmant avec humour l’odyssée sombre et mélancolique de ce looser de la folk, les deux cinéastes américains ont de nouveau réussi leur coup. Comme d’habitude, ils nous livrent un exercice de style parfaitement maîtrisé et font l’étalage de tout leur talent. Pas sûr cependant, vu la concurrence très forte cette année, que cela soit suffisant pour obtenir la Palme d’Or qu’ils ont déjà remporté en 1991 avec Barton Fink.   


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