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Cannes 2013 : La Vénus à la fourrure, la cerise sur le gâteau du Festival

Dernier film en compétition au Festival de Cannes, La Vénus à la fourrure de Roman Polanski est un peu la cerise sur le gâteau d’un cru 2013 d’une qualité assez exceptionnelle. En racontant une histoire ne comportant que deux personnages évoluant dans un lieu unique, Roman Polanski relève avec maestria un véritable défi en nous livrant un film jubilatoire. Le plaisir que l’on prend à le regarder tient aussi beaucoup dans le formidable numéro d’acteur de ses deux interprètes : Mathieu Amalric et surtout Emmanuelle Seigner qui passe d’une émotion à une autre dans un rôle aux multiples facettes.

Roman Polanski, Emmanuelle Seigner et Mathieu Amalric, le trio magique de "La Vénus à la fourrure" (DR).

Palme d’Or en 2002 pour Le Pianiste, Roman Polanski est de retour en compétition cette année à Cannes avec La Vénusà la fourrure, un projet né l’an dernier au Festival où il était venu pour la présentation de la version restaurée de Tess, et où son agent lui fit lire la pièce à succès de David Yves adaptée du roman de Leopold von Sacher-Masoch, l’auteur qui donna pour ainsi dire son nom au masochisme. Roman Polanski pris tellement de plaisir à la lecture de ce texte dont l’ironie frôle parfois le sarcasme, qu’il souhaita d’emblée en faire un film, d’autant plus que cela lui donnait l’occasion de retravailler avec sa femme, Emmanuelle Seigner. La Vénusà la fourrure débute dans un théâtre parisien où, resté seul, un metteur en scène (Mathieu Amalric) se lamente au téléphone sur la piètre performance des comédiennes qu’il vient d’auditionner.  Il est sur le point de partir lorsque surgit Vanda (Emmanuelle Seigner), une jeune femme vulgaire et écervelée, qui incarne tout ce Thomas déteste mais est suffisamment tenace pour que ce dernier lui laisse tout de même tenter sa chance. Dès la première réplique, le miracle se produit et Vanda se métamorphose totalement, stupéfiant le metteur en scène par sa connaissance du texte et par sa compréhension du personnage. L’audition va se prolonger et redoubler d’intensité, tandis que l’attraction de Thomas pour Vanda va se muer en obsession.

Un film jubilatoire

Même si ce n’est pas la première fois que Roman Polanski filme un huis-clos, partir avec une histoire comportant seulement deux personnages évoluant dans un lieu unique ressemblait à une gageure. Loin de tomber dans du théâtre filmé pour la télévision, le cinéaste franco-polonais s’en sort avec maestria en nous livrant une œuvre jubilatoire qui n’a rien d’un film sulfureux malgré le thème de La Vénusà la fourrure. Par contre, pour Roman Polanski, il y a dans le sado-masochisme quelque chose qui n’est pas très éloigné du théâtre où l’on met en scène ses propres fantasmes et fait jouer un rôle à l’autre, participant à ce jeu de miroirs à l’infini auquel s’amuse le film.  Le plaisir que l’on prend à le regarder tient aussi beaucoup dans le formidable numéro d’acteur de ses deux interprètes. Mathieu Amalric, qui fait preuve d’une grande subtilité, est parfait et sa ressemblance avec Roman Polanski est étonnante. Mais c’est la performance d’Emmanuelle Seigner qui est la plus stupéfiante avec sa capacité de passer d’une émotion à une autre dans un rôle aux multiples facettes. Visiblement Polanski est sous le charme de sa muse  et cela s’avère contagieux pour les spectateurs. En choisissant de faire de La Vénusà la fourrure le dernier film de la compétition, Thierry Frémaux a un peu placé la cerise sur le gâteau d’un Festival dont le cru 2013 s’est avéré assez exceptionnel.


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