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Cannes 2018 : Leto fait vibrer la Croisette

Même en l’absence de son réalisateur, Kirill Serebrennikov, assigné à résidence à Moscou, Leto a fait vibrer la Croisette hier soir lors de sa présentation au Festival de Cannes. Le film qui raconte l’histoire d’une figure légendaire du rock soviétique est une belle réussite qui mériterait de figurer au palmarès.

Second film présenté hier soir en compétition au Festival de Cannes, Leto a fait vibrer la Croisette malgré l’absence de son réalisateur sur les marches où l’équipe du film a déployé une banderole de soutien. Arrêté en Août 2017 sur le tournage de Leto, Kirill Serebrennikov est depuis assigné à résidence chez lui à Moscou où il termina le montage de son film qui a d’abord séduit Thierry Frémaux et son équipe qui l’ont sélectionné avant d’enchanter le public cannois qui lui a réservé une ovation.

Leto raconte l’histoire de Victor Tsoi, une figure légendaire du rock soviétique, disparu tragiquement en 1990, qui incarna l’image du changement dans un pays qui y aspirait alors plus que jamais. Jeune musicien nourri aux sons de Lou Reed et de David Bowie, Victor Tsoi rencontre son idole Mike Naumenko et son épouse, la belle Natasha, au début des années 80 à Leningrad. Une rencontre qui changera le cours de sa vie. Mike lui mettra le pied à l’étrier en lui permettant de se produire sur la scène du club de rock de la ville, concession du régime aux frustrations de la jeunesse. Une histoire d’amour se nouera également entre Natasha et Victor, mais le triangle amoureux cherchera à tout faire pour préserver les uns et les autres des blessures qu’ils s’infligent.

Un film qui fourmille de belles trouvailles visuelles

Kirill Serebrennikov a voulu traiter cette histoire d’un amour ingénu et inaltéré comme une ode à ceux qui sont devenus des icônes du rock et à la façon insouciante dont ils vivaient dans un climat totalement hostile à la musique rock. Son film est en noir et blanc, seule manière pour lui de raconter l’histoire de cette génération, puisque la notion de couleur n’est apparue que plus tard dans l’inconscient collectif russe. Leto fourmille pourtant de magnifiques trouvailles visuelles qui donnent au film une énergie créatrice un peu semblable à celles dont faisaient preuve ces précurseurs du rock russe.

Absent pour la présentation de son film, Kirill Serebrennikov le sera sans doute encore le 19 au soir pour la proclamation du palmarès puisque les autorités russes viennent encore de refuser de lever son assignation à résidence. C’est dommage car on aurait bien aimé qu’il soit là sur la scène du Palais des Festivals pour y recevoir un prix.


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