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Cannes : le syndicat hôtelier face aux nouveaux acteurs du digital

Fort de son poids (130 hôtels pour 7.000 chambres) et de celui de l'hôtellerie dans l'économie cannoise (21,4% des habitants de Cannes et du Cannet travaillent dans ce domaine), le syndicat des hôteliers compte mener la contre-offensive sur deux axes : l'encadrement de l'économie collaborative et l'accompagnement des professionnels pour les aider à améliorer l'expérience client et à monter de nouvelles offres en synergie avec la SEMEC, le bras armé du tourisme de la ville.

Le tourisme cannois, comme celui de Paris, reste à l'avant-garde de son secteur. Il donne le ton et se retrouve en première ligne face aux changements de tendances et aux nouveaux enjeux et se doit de mettre en place de nouvelles solutions. Avec au menu, en hors d'œuvre, les chiffres clés de l'hôtellerie cannoise, en plat principal les nouveaux enjeux qu'elle affronte face à la montée des grands acteurs digitaux et, en dessert, les synergies entre le syndicat des hôteliers de Cannes et la SEMEC qui gère le palais des festivals, la conférence de presse de fin saison estivale des hôteliers cannois ne manquait pas d'intérêt.

Airbnb : 8.000 logements référencés sur Cannes

Les chiffres clés ? Pour Michel Chevillon, président, le syndicat hôtelier qui regroupe 95% de l'offre hôtelière soit plus de 130 hôtels et 7.000 chambres, est plus que jamais un acteur majeur du développement touristique et un moteur de l'économie. Il contribue à hauteur de 2,8 M€ chaque année à la taxe de séjour, fait travailler les commerçants et artisans locaux, soutient les organismes de formation pour une hôtellerie qui reste le premier employeur de la ville (21,4% des habitants de Cannes et du Cannet travaillent dans ce domaine et plus de 2.700 projets de recrutements sont mis en place chaque année).

Les nouveaux enjeux ? Ils sont liés à l'arrivée de nouveaux acteurs et leur inexorable montée en puissance depuis 10 ans. Ce sont les OTA (Online Tourisme Agency) du type Booking.com, Airbnb désormais assimilé aux locations en meublés et les réseaux sociaux et avis en ligne tel que TripAdvisor. Ils se sont taillés leur part. A Cannes, 3ème ville la plus réservée après Londres et Paris par les voyageurs d'affaires sur la plateforme Airbnb, le syndicat évalue le nombre de logements référencés à 8.000. Plus que le nombre de chambres d'hôtels. Et sur la PACA, l'activité économique générée par la plateforme est estimée à 1 milliards d'euros. Rien d'anecdotique évidemment et pour les hôteliers, un vrai bouleversement du marché.

Répondre aux nouvelles attentes des consomm'acteurs

Le premier mouvement du secteur avait été de partir vent debout contre ces nouveaux acteurs. Le ton semble avoir désormais changé et la question qui se pose est non pas de les exclure, mais de savoir comment travailler et composer avec ces nouveaux acteurs. Deux axes d'action sont engagés. Le premier : veiller à une concurrence "juste et équitable" à travers un encadrement de cette économie collaborative (trois nouveaux décrets vont entrer en jeu début 2018); le second : accompagner les hôteliers dans l'évolution du marché. La clé. Il s'agit de mieux répondre aux évolutions en mettant en place une nouvelle expérience client, d'utiliser les nouvelles technologies pour fidéliser et qualifier les expériences vécues (reprendre notamment les adresses mail et le contact client qui a été laissé dans les mains des Booking.com), de jouer sur les classifications et labellisations, gage de qualité sur l'accueil et les services.

Cette réponse aux nouvelles attentes des consommateurs est au cœur des synergies entre le syndicat et la SEMEC. En travaillant avec le bras armé du tourisme de la ville, les professionnels peuvent monter des campagnes de promotion (la campagne Expedia lancée en début de saison avait permis de générer 2.000 nuitées), bâtir des offres "packagées" avec des séjours thématiques (Régates Royales en septembre, Marathon Nice Cannes début novembre), proposer des offres "buzz" hiver avec des week-end ciblés autour d'un contenu événementiel comme des spectacles du palais des Festivals. Des offres proposées sur le site "Cannes-destination" qui va être "relifté" (à peine 20.000 pages vues par an!). Bref, prendre en compte la nouvelle réalité du passage des consommateurs aux "consom"m'acteurs" et se battre avec les mêmes armes que les nouveaux entrants du digital. Vu l'aura de Cannes et de son tourisme, une "contre-offensive" à suivre.


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