ShareThis

Cannes Parking : le grand tournant cannois du stationnement

6 heures gratuites le week-end, deux heures gratuites supplémentaires dans la semaine, un forfait soirée à 3€ dans la nuit de samedi à dimanche : Cannes qui a repris en régie les 8 grands parkings d'Uniparc (3.662 places) a baissé d'une façon spectaculaire les tarifs de ses parkings pour mieux dynamiser son centre-ville et ses commerces.

"Nous y voilà" clame la mairie de Cannes. Depuis le 1er mars, la ville propose de nouvelles conditions et tarifs plus qu'intéressants dans les principaux parkings du centre-ville. En résumé : 6 heures gratuites le week-end (3 heures le samedi + 3 heures le dimanche) ; 2 heures gratuites une fois par semaine, du lundi au vendredi, en plus de la première heure gratuite pour les 6 parkings proposant cette offre ; 1 "forfait soirée" plafonné à 3€ du samedi 19h au dimanche 9h. Alors que les tarifs de stationnement deviennent prohibitifs dans les grandes villes de la Côte (hormis Monaco qui reste sobre), les automobilistes apprécieront ce grand tournant cannois du stationnement engagé au début du mois.

Privilégier les sorties et achats en centre-ville plutôt que dans les zones commerciales périphériques

Ce "changement de direction" avait été annoncé cet été, quand le Conseil municipal avait décidé la reprise en gestion de la totalité des huit parkings construits entre 1975 et 1990 pour le compte de la ville et concédés en 1995 par la commune à la société privée Uniparc (les Cannois de longue date se souviendront du chèque à l'ordre de Cannes qu'avait alors exhibé Michel Mouillot le maire de l'époque). Mais Uniparc ne l'avait pas entendu de cette oreille et il a fallu attendre l'issue des procédures qui avaient été engagées quelques années auparavant et, dernier en date, la décision de justice le 25 janvier dernier entérinée par le Conseil d’État, pour pouvoir concrétiser au 1er mars cette nouvelle stratégie de stationnement.

"Dans le cadre de la mise en œuvre de mon projet de mandat, j’ai souhaité entreprendre une politique volontariste en faveur du stationnement avec un triple objectif, explique David Lisnard, maire de Cannes : "faciliter le quotidien des Cannois, des actifs et des visiteurs ; créer des places supplémentaires, en particulier avec du stationnement de proximité et en surface ; renforcer l’attractivité du centre-ville et de ses commerces". La reprise en régie des parkings s’inscrit dans l'ensemble des actions de redynamisation du centre-ville lancées en 2014 afin d’inciter les Cannois et les visiteurs à privilégier les sorties et les achats dans les commerces de proximité plutôt que dans les zones commerciales périphériques.

De nouveaux services qualitatifs

Si évidemment les automobilistes retiendront le choc (dans le bon sens) des nouveaux tarifs, Cannes Parking instaure également de nouveaux services qualificatifs en termes de sécurité, de propreté, de facilité de paiement (le sans contact), de confort ("des diffuseurs de parfum écologiques embaumeront les parkings grâce à un dispositif de nébulisation de particules d’eau chargées d’huile essentielle de Grasse" est-il promis) ou encore de navigation (guidage à la place). D'autre part, un nouveau centre de gestion et d’exploitation des parkings est mis en place, la signalétique va être changée tandis qu'à partir de 2020, la réfection complète avec modernisation de chaque parking sera conduite au rythme d’une fois par an, en commençant par Commandant Lamy.

Mais déjà, par ses tarifs, le grand tournant cannois du stationnement aura frappé les esprits.

Comment Cannes a pu récupérer avant terme ses huit grands parkings

Cannes avait lancé en 2015 un audit technique, juridique et économique au sujet du contrat de délégation de service public conclu le 31 mars 1995 avec la société Uniparc pour les huit grands parkings de centre-ville qui avaient été privatisés (Suquet-Forville, Ferrage-Meynadier, Commandant Lamy, Vauban, Commerces République, Croisette, Laubeuf et Palais des Festivals, soit 3 662 places).

Cet audit avait conclu à un déséquilibre entre la durée du contrat – 30 ans – et l’amortissement des investissements mis à la charge du délégataire. Ce motif d’intérêt tiré de la durée excessive du contrat général a entrainé une résiliation anticipée du contrat de délégation de service public conclu avec la SNC Uniparc Cannes (Groupe Interparking) sept ans avant son terme.

C'est cette procédure qui a été entérinée par décision de justice le 25 janvier dernier par le Conseil d’État. La société Uniparc a perdu et a été condamnée à 4 000 € de frais irrépétibles correspondants au remboursement des frais de procès à la commune. 


Crédits Indigen
- Copyrights WebTimeMedias 2011