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Cannes plaide pour une grande intercommunalité Ouest

Bernard Brochand, le député-maire de Cannes et David Lisnard, conseiller général, ont tenu à expliquer pourquoi ils souhaitaient une intercommunalité plus large que celle que leur proposait le schéma départemental. Pour les deux élus cannois, la grande agglomération Antibes-Cannes-Grasse permettrait "d'adapter la réalité administrative et politique à la réalité humaine et économique".

La carte de l'intercommunalité pour laquelle plaide Cannes. Cliquez sur la carte pour l'agrandir.

Cela n'avait échappé à personne. L'option "verticalité," retenue par le préfet Francis Lamy pour dessiner la nouvelle carte de l’intercommunalité dans les Alpes-Maritimes en application de la loi du 16 janvier 2010 réformant les collectivités territoriales, n'était pas celle que souhaitait Cannes. La ville du festival est associée à ses voisines du Cannet, Mandelieu, Théoule et Mougins pour former une nouvelle communauté d’agglomération avec Pôle azur Provence (Grasse) et le canton de Saint-Auban. Lors de la réunion de présentation du projet de Schéma départemental, le 22 avril dernier, Bernard Brochand, le député-maire de Cannes, avait été ainsi l'un des premiers à quitter la séance.

Cannes-Grasse-Antibes : un "bassin de vie"

Hier, à l'occasion d'une conférence de presse, organisé avec David Lisnard, son premier adjoint et conseiller général, Bernard Brochand a précisé sa position alors que la période de concertation est ouverte avant une adoption définitive d'ici la fin de l'année. Tous deux ont plaidé ainsi en faveur d'une intercommunalité de l'ouest des Alpes-Maritimes qui serait celle de la grande agglomération Antibes-Cannes-Grasse.

Dans une tribune libre, les deux élus développent leurs arguments. En résumé : cette grande agglomération est déjà une réalité et représente un "bassin de vie"; sur le plan économique, elle est cohérente et porteuse de grandes ambitions; ne faisons pas une intercommunalité de circonstance mais au contraire ne manquons pas cette "occasion unique d'adapter la réalité administrative et politique à la réalité humaine et économique".

Empêcher la domination d'une seule "ville-centre"

Voici, plus en détail, leur argumentation. Au 1er juin 2013, toutes les communes de France devront être membre d'un EPCI (Etablissement Public de Coopération Intercommunale) à fiscalité propre. Il s'agit soit d'une communauté de communes, soit d'une communauté d'agglomérations, soit d'une communauté urbaine ou d'une métropole pour les entités supérieurs à 500.000 habitants.

Les deux élus appellent aussi à ce que "cette intercommunalité désormais obligatoire ne se fasse pas par défaut, mais soit l'opportunité d'un saut qualitatif porteur de performances et de qualité de vie, de l'organisation politique et administrative locale. Dans cet esprit, le périmètre le plus pertinent nous semble indéniablement être celui de la grande agglomération d'Antibes-Cannes-Grasse, qui fait d'ailleurs déjà l'objet d'une réflexion dite "inter SCOT" (Schéma de Cohérence et d'Organisation Territoriale)." Ce territoire recouvre à quelques communes près celui de l'arrondissement de Grasse.

"Une telle échelle d'intercommunalité, par sa dimension, permettrait à la fois de développer une ambition collective sur les plans économiques des services publics et identitaires, mais aussi de respecter le pouvoir décisionnel des communes qui le composent en empêchant la domination d'une seule ville-centre", poursuivent-ils.

Economie : NTIC, parfums, satellites et tourisme

Pour les élus cannois, cette intercommunalité de l'ouest des Alpes-Maritimes correspondrait à "une vision équilibrée du département et ferait le pendant de la métropole niçoise". Est mis en avant une complémentarité économique : la zone high tech de Sophia Antipolis avec l'industrie de la parfumerie et des arômes, l'industrie satellitaire et la filière touristique.

"La réunion des trois bassins Cannes-Grasse-Antibes, placerait l'ouest des Alpes-Maritimes comme premier pôle porteur d'emplois sur les technologies de l'information et de la communication, avec 16.500 emplois sur les 20.400 des Alpes-Maritimes, pour un chiffre d'affaires de 3,6 milliards d'euros sur les 4,2 milliards d'euros de l'ensemble du département. Dans le domaine de la science du vivant, nous représenterions 5.800 emplois sur les 9.500 du département pour un chiffre d'affaires de 1,4 milliards d'euros sur les 2,2 milliards d'euros des Alpes-Maritimes. En matière industrielle aussi, notre territoire, dans une approche équilibrée, dominerait avec 19.000 emplois sur les 36.000 que comptent dans ce secteur les Alpes-Maritimes."

Sans oublier bien sûr le tourisme domaine dans lequel Cannes, Mougins, Antibes et Grasse pèsent lourd. Et de rappeler une évidence : "les habitants de nos communes appartiennent en fait non pas à trois bassins, mais au même bassin de vie. Les flux de transport automobiles comme publics, entre le domicile, le lieu de travail et les sites de loisirs et d'achats en sont l'expression manifeste".

"La construction d'une intercommunalité à fiscalité propre de l'ouest des Alpes-Maritimes nous offre une occasion unique d'adapter la réalité administrative et politique à la réalité humaine et économique. Ne ratons pas ce rendez-vous; évitons d'installer des collectivités alambiquées présentées comme étant les "moins mauvaises" dans les circonstances ou des étapes intermédiaires, qui pourraient durablement plomber la performance de nos territoires. Plutôt que de la subir, faisons de l'intercommunalité une ambition azuréenne au service de la qualité de vie des habitants et de la dynamique de notre territoire" concluent Bernard Brochand et David Lisnard.

Lire leur tribune pour une grande intercommunalité ouest


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