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Daniel Philippe, le nouveau visage de l'industrie azuréenne

En tant que président de Schneider Automation à Carros, il pilote une société qui peut se définir comme le "Google de l'énergie" et qui joue à fond l'innovation. Président de l'UIMM, c'est cette volonté de répondre aux nouveaux défis technologiques, environnementaux et économiques qu'il cherche à insuffler aux entreprises industrielles azuréennes. Dominique Perron Rousset l'a rencontré dans le cadre de sa série d'"Entretiens privés".

Alors que la France cherche à se réindustrialiser et que les investissements industriels sont relancés sur la Côte d'Azur, il représente le nouveau visage de l'industrie. En tant que président de Schneider Automation, à Carros, Daniel Philippe est déjà de plain-pied dans l'industrie du 21ème siècle. L'activité de sa société, il la définit volontiers pour simplifier, comme celle d'un Google de l'énergie, cherchant, entre fournisseurs et utilisateurs, à apporter les " meilleures solutions de gestion et de distribution de l’énergie".

Les technologies que sa société développe avaient d'ailleurs intéressé le président chinois Hu Jintao. Lors de sa venue sur la Côte d'Azur en novembre 2010, il n'avait pas manqué de faire un crochet par Carros et Schneider automation. C'est ce souffle de l'innovation que Daniel Philippe avait amené lors de l'élaboration du Livre Blanc de l'Industrie azuréenne en compagnie de Bernard Kleynhoof, aujourd'hui président de la CCI Nice Côte d'Azur. Pareillement, quand il a pris la présidence de l'UIMM azuréenne, son crédo a été d'adapter les compétences aux nouveaux défis technologiques, environnementaux et économiques que doivent relever les entreprises industrielles. Et c'est cette même volonté d'innovation qu'il apporte aujourd'hui à une Eco-Vallée qui se construit autour de la maîtrise de l'énergie.

Fondatrice de Tara Communication, cabinet conseil en image et management spécialisé en communication financière, Dominique Perron Rousset a rencontré Daniel Philippe dans son usine de Carros. Dans sa série des "Entretiens privés", elle livre un portait de ce battant. Elle s'est attachée bien sûr à l'image du président de Schneider Automation, mais aborde d'autres angles de sa personnalité à travers son parcours, ses réponses aux questions d'actualité ou au traditionnel Questionnaire de Proust.

L’environnement

Carros, une belle journée ensoleillée s’annonce. Au rond-point de la 8ème rue s’élève un bel immeuble moderne et coloré : le nouveau site de Schneider Automation.

Après une brève attente dans le vaste hall, au dernier étage, Daniel Philippe m’accueille très souriant dans son bureau clair, fonctionnel et ayant une vue superbe sur le Var et les collines voisines.

Avant d’entrer dans la salle de réunion, il me fait visiter ce bâtiment « intelligent » à faible consommation d’énergie et m’explique quelques techniques utilisées. Tout est neuf et, dans les couloirs, on peut encore sentir légèrement des odeurs de peinture. L’ « open space » modulable est agrémenté par de nombreuses plantes vertes. En passant devant un groupe de 4 personnes,  il me donne leurs différentes nationalités.

Enfin, il me signale avec un sourire, qu’une grande partie des matériaux utilisés dans ce bâtiment portent la marque « Schneider Electric ».

Au sein de son entreprise 

DPR- Au sein de votre entreprise comment pensez-vous être perçu ?

DP – Comme quelqu’un de travailleur, efficace, communiquant, exigeant voire même dur. Il m’arrive, en situation de crise ou de conflit, d’être plus dur que je ne le souhaiterais. C’est ce que me disent certains de mes collaborateurs.

Comment êtes-vous, réellement ?

Je suis timide, j’ai lutté contre la timidité pendant longtemps. A mes débuts, c’était pour moi presque douloureux de prendre la parole dans une réunion. Heureusement, je pense avoir fait des progrès (rire).

Comment souhaiteriez-vous être perçu ?

Comme quelqu’un de fiable et de chaleureux qui respecte les autres.

Auprès de ses clients

A votre avis, comment votre entreprise est-elle perçue ?

Comme une entreprise de hautes technologies avec de très fortes compétences et, peut-être aussi, pas toujours suffisamment proche de ses clients. En effet, nous aimerions être plus proches d’eux, mieux comprendre leur problématique pour y apporter des solutions sur la base de notre forte expertise.

Et vous, comment les clients vous perçoivent-ils ?

Je dirais qu’ils me voient fiable, rigoureux et exigeant, car il y a forcément une relation de négociation à un moment donné.

Auprès de ses fournisseurs

Selon vous,  quelle image a votre entreprise?

En ce qui concerne les fournisseurs régionaux, nous sommes un donneur d’ordre important. Je pense que pour ceux qui travaillent avec nous, ils sont plutôt satisfaits.

Par contre pour les autres qui n’ont pas été retenus, ils sont sans doute parfois quelque peu désabusés.

Nous sommes très sollicités, nous ne pouvons pas répondre favorablement à tout le monde et cela fait forcément des déçus.

Auprès de ses pairs

Quelle image, les personnes à l’extérieur de votre entreprise ont-elles de vous, à votre avis ?

Je suppose qu’elles me voient comme un homme ayant un certain leadership et comme un communiquant. J’ai été très bien accueilli à mon arrivée, je suis là depuis 3 ans et c’est, pour moi, un vrai bonheur de travailler avec eux. Je pense aussi qu’ils doivent me trouver pas assez disponible mais je suis dans  tellement de réseaux… Ce qui me blesserait, c’est qu’ils croient que je ne suis pas sincère dans mon engagement.

Depuis juin 2011, vous êtes le nouveau président de l’UIMM 06 (Union des Industries et Métiers de la Métallurgie), pourquoi cet engagement et que pensez-vous y apporter?

Parce que j’ai 50 ans, une certaine expérience du monde de l’industrie et cela m’intéresse de la partager en dehors de mon entreprise.

J’aime toujours apprendre des choses nouvelles.

L’UIMM a pour vocation de représenter les entrepreneurs de ce secteur dans les négociations, de les soutenir sur différents plans  (social, juridique, fiscal),  de promouvoir et de financer des formations par alternance au travers de l’AFPI (Association de formation professionnelle de l’industrie), de la CFAI (Centre de formation d’apprentis de l’industrie) et de l’ADEFIM (Association de développement des formations des industries de la métallurgie) qui en sont des émanations.

Ce que j’apprécie à l’IUMM, c’est aussi la qualité des relations humaines avec toute l’équipe.

Parcours de l’entreprise

SCHNEIDER, le spécialiste mondial de la gestion de l’énergie, qu’est-ce que cela veut dire ?

En fait, nous nous situons entre les fournisseurs d’énergie, comme EDF ou AREVA, et les fournisseurs de consommation (exemple : l’électroménager). Ce que nous voulons : c’est fournir à nos clients les meilleures solutions de gestion et de distribution de l’énergie.

Finalement, nous sommes comme Google qui ne génère pas de données mais qui ne fait que les traiter et en optimiser la gestion. Nous sommes le Google de l’énergie (rires).

Nous avons orienté notre stratégie sur une approche solutions clients focalisée sur différents marchés. Comme les data centers, l’industrie, le bâtiment en tertiaire ou en industriel et la distribution électrique. Aujourd’hui, par exemple, si vous allez chez Leroy Merlin vous y trouverez 2 principaux fournisseurs dont Schneider Electric.

SCHNEIDER a obtenu le trophée RSE 2010 de l’entreprise internationale implantée sur notre région. Quels sont, dans ce domaine, les éléments que vous souhaiteriez particulièrement souligner ?

Le premier élément, c’est la rentabilité car il n’y a pas de pérennité possible pour les salariés et les partenaires sans rentabilité.

Le deuxième, c’est une relation équilibrée avec les salariés, les fournisseurs, les clients et les actionnaires.

Ce qui nous différencie, c’est probablement notre approche de l’environnement, nous avons un taux de retraitement des déchets à 90% et des réductions de consommation de l’énergie à 5% par an, en moyenne

Cette année nous avons créé ce nouveau bâtiment avec des solutions Schneider Electric et une consommation de 40 KWH/m2 et par an. C’est un bâtiment BBC (Bâtiment Basse Consommation).

Nous sommes très heureux d’être lauréat du grand prix SIMI (salon de l’immobilier d’entreprise) 2011 dans la catégorie « Immeuble d’activité et de recherche ».

Vous avez reçu le Président chinois HU JINTAO, que s’est-il passé depuis avec la Chine, pour votre entreprise ?

Nous avons continué à renforcer nos relations avec la Chine sur 2 grands axes :

Le premier, a été de développer notre activité commerciale en Chine et depuis la venue de Président chinois, plus besoin désormais de présenter Schneider Electric lors des réunions devant nos clients chinois.

Le deuxième, a été de renforcer nos équipes de développement pour adapter nos solutions à ce grand marché.

La question d'actualité

Au cœur du développement de l’OIN (Opération d’Intérêt National – Ecovallée) de la plaine du Var, on parle beaucoup du « Lean Management » y compris de son application dans votre entreprise. Pourriez-vous nous dire les avantages et, peut-être, les inconvénients que vous lui reconnaissez ?

Le « Lean Management » c’est d’appliquer au management les techniques de « lean manufacturing », identification des activités à réelle valeur ajoutée, suppression de celles qui ne le sont pas et simplification des flux et des organisations.

Les avantages : cela accélère la prise de décisions, limite le nombre de niveaux hiérarchiques, responsabilise les salariés et les managers.

Les inconvénients : cela peut être le manque de capacité de ressources s’il est poussé trop loin : il n’y a plus de souplesse.

Le questionnaire de Proust

Le principal trait de mon caractère : l’intégrité

Mon principal défaut : je suis « soupe au lait » (rires)

Ce que j’apprécie le plus chez mes amis : la franchise

Mon rêve de bonheur : la famille INGALLS (la petite maison dans la prairie)

La couleur que je préfère : le bleu clair

La fleur que je préfère : la rose rouge

Mes auteurs favoris : Rousseau – Gide - Vian

Un livre que j’ai beaucoup aimé : « L’Emile » de Rousseau  (cela traite de l’éducation - rires)

Mes compositeurs préférés : Dvorak – Jacques Higelin

Mon peintre favori : Matisse

Ce que je déteste par dessus tout : le mensonge

Ma valeur préférée : le respect

Qu’aimeriez-vous avoir réussi dans votre vie ?

L’éducation de mes enfants.

Avoir découvert et exploité ce qui peut l’être en moi. Qui je suis et où je peux aller…

A ce jour, qu’auriez-vous aimé changer dans votre vie ?

La bêtise et la méchanceté qui sont trop présentes dans le monde.

Si je devais refaire quelque chose, ce serait de la compétition de ski alpin (rires).

Les impressions de DPR

Ce que j’ai aimé

Sa dimension humaine, sa puissance, sa très importante capacité à agir.

Sa véritable sincérité, sa simplicité et son humilité, une des qualités essentielles pour un grand dirigeant.

Ce que j’ai moins aimé

??? !

Voir la biographie de Daniel Philippe

Dominique Perron Rousset


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