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Espace : deux chercheurs azuréens sur les glaces de l'Antarctique

Des fêtes de fin d'année dans le grand froid de l'Antarctique pour deux chercheurs azuréens. Arrivés fin novembre, Djamel Mékarnia, chercheur CNRS et Karim Agabi, ingénieur de recherche UNS, resteront jusqu'à fin janvier dans la base Concordia pour préparer le télescope ASTEP à sa mission : à partir du sol, valider l’existence d’exoplanètes.

Djamel Mékarnia, chercheur CNRS, et Karim Agabi, ingénieur de recherche Université de Nice Sophia Antipolis ont en effet débarqué en Antarctique le 22 novembre dernier pour un séjour de plus de deux mois dans la base Concordia. Elle se situe sur le Dome-C, un très vaste dôme de glace culminant à 3233 mètres et se trouve à une distance de 1.100 km de la base côtière française Durmont d’Urville. A noter, pour avoir une idée de l'environnement, que cette base construite par la France au début des années 90, est inaccessible en dehors des trois mois d'été austral (de mi-novembre à mi-février). Pendant cette courte période, elles est reliée par avion et trois fois par des trains de bulldozers et containers qui tractent pendant 11 jours des centaines de tonnes de matériel à travers la neige… (Photo DR : Djamel Mékarnia -à gauche- et Karim Agabi devant la base Concordia).

Ces deux scientifiques de l'extrême ont pour mission de préparer le télescope ASTEP pour qu’il soit opérationnel lors de la saison d’hiver austral 2019. En effet, cet instrument, après avoir principalement observé l’étoile Beta Pictoris durant deux années, se consacre maintenant à valider l’existence d’exoplanètes découvertes par la mission TESS (Transiting Exoplanet Survey Satellite) et à assurer le suivi d’autres exoplanètes découvertes à partir du sol. Ce projet en collaboration avec les Universités de Grenoble, de Liège (Belgique) et de Birmingham (Royaume-Uni) est soutenu par l’Université Cote d’Azur et l’IPEV (Institut polaire français).

Pourquoi aller si loin ? Parce qu’observer depuis l’Antarctique permet aux astronomes de suivre les étoiles en continu et donc de détecter des "transits" d’exoplanètes beaucoup plus efficacement qu’aux latitudes habituelles. Un "transit" est le moment où la planète passe devant son étoile et fait diminuer sa brillance, ce qui, combiné à d’autres types d’observations, permet de la détecter et d’en déduire de précieuses informations : sa taille, la dynamique et la composition de son atmosphère, sa densité et donc des indications sur sa nature (planète gazeuse, de glace ou rocheuse...).

Par ailleurs, le laboratoire Lagrange (CNRS-UNS-OCA) est très actif au Dôme C à l’image du nouveau projet "d’Optique adpatative" porté par Lyu Abe, astronome adjoint, qui devrait démarrer dès l’an prochain sur la base Concordia.


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