ShareThis

Expérimentations Internet de Nice : vers AOL par câble



Internet par le câble, c'est magnifique côté usager; mais, côté industriel, il est difficile de mener à bien en même temps les métiers de fournisseur d'accès, de diffuseur et de producteur de contenus: c'est ce que l'ex-C.G.E. (aujourd'hui Vivendi), a retenu de plus de deux années d'expérimentation menées à Nice de 1996 à 1998.
L'expérience, montée avec deux cents abonnés du site concessif niçois, a aussi été arrêtée en fin d'année dernière. Mais elle n'aura pas été tentée en vain. Elle devrait déboucher, au plus tard au second semestre de1999. A partir du savoir-faire acquis à Nice, la société NC Numéricâble (que Canal Plus a rachetée entre temps à Vivendi), prépare une offre d'Internet à haut débit sur 50% des réseaux des sites plan câble ou des sites concessifs qu'elle gère en France. Cette fois, cependant, elle ne créera plus ses programmes, mais se contentera de distribuer son partenaire, A.O.L., à grande vitesse...

Internet illimité pour 150 F mensuel
A Nice, l'expérimentation ouverte en 1996 par la C.G.E. avait été baptisée Télérivièra multimédia. Elle portait sur 200 abonnés de son réseau câblé, réseau couvrant environ la moitié de la ville, soit une zone de 200.000 habitants. Ces internautes ont bénéficié d'une option 'Internet à haut débit' par le câble pour un prix d'abonnement de 150 F mensuel. 'Dès le départ, explique Marc Dabouineau, le responsable du projet Internet de Numéricâble, nous avions bien précisé qu'il s'agissait d'une opération expérimentale. Nous souhaitions d'abord comprendre la technologie.'
'Après deux ans, nos conclusions sont très favorables pour ce qui concerne la satisfaction des usagers. Ceux-ci se sont montrés ravis d'une facture de connexion qui ne bouge pas, quel que soit le nombre d'heures passées sur leNet. Tout juste, pour éviter une utilisation commerciale ou professionnelle, le volume avait été limité à 2 Go, ce qui est plus que largement suffisant pour une utilisation privée.''Ensuite le confort d'utilisation s'est nettement amélioré. Au pire, quand le nombre de connexions était le plus élevé, la vitesse était 3 à 4 fois supérieure à celle obtenue par le réseau téléphonique. Cela pouvait monter à des débits dix fois plus élevés. Nous avons aussi réalisé qu'il s'agissait d'un produit qui pouvait révolutionner l'utilisation d'Internet.'


L'échec des services d'information locale
Certains se sont demandés ce qu'aurait été le résultat en terme de débits, si l'expérience avait été menée sur 2.000 abonnés au lieu de 200. Mais, pour NC Numéricâble, ce qui a poussé à arrêter l'expérimentation, c'est le coût des services d'information locale qui étaient offerts en plus de l'accès à grande vitesse.
Télérivièra multimédia proposait des consultations de cédéroms, des accès au journal de France 3 redécoupé en thèmes, des bandes annonces de films, des liens avec le journal en ligne de Nice-Matin, avec le service Internet de la ville de Nice, etc. Certains de ces contenus coûtaient chers et se révélaient pourtant légers par rapport à ce qu'on peut trouver sur la Toile.
'Nous nous sommes aperçus, poursuit Marc Dubouineau, qu'être fournisseur d'accès Internet, de développer des contenus, de changer régulièrement des interfaces, c'étaient des métiers différents. Nous avons donc décidé de nous recentrer sur notre cœur de métier qui est de distribuer les meilleurs produits aux clients. C'est ce que nous avions déjà cherché à faire pour la télévision.'NC Numéricâble a ainsi fait le choix de se déployer à grande échelle, en s'appuyant sur son partenaire AOL. En attendant, les 200 abonnés continuent d'accéder à Internet à grande vitesse mais sans le service d'information locale qui, lui, a été interrompu.
Quant à la Côte d'Azur, elle reste un terrain privilégié pour les expérimentations Internet. France Telecom, depuis le début février, a lancé dans le centre de Nice un service d'accès à haut débit (500 ko) sur technologie A.D.S.L. Tandis que Cégétel, qui a remporté la privatisation de Monaco Télécom, expérimente des services Internet sur les mobiles de troisième génération au Ceram de Sophia-Antipolis avec le MBDS de Serge Miranda.


Crédits Indigen
- Copyrights WebTimeMedias 2011