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Féminisation des entreprises: France et Allemagne au scanner de SKEMA

La France et l'Allemagne sont souvent comparées sur leurs performances économiques. Qu'en est-il de la féminisation des instances dirigeantes de leurs grandes entreprises ? Le Professeur Michel Ferrary, de l'Observatoire SKEMA de la féminisation des entreprises, a comparé les 53 plus grandes entreprises privées françaises et les 53 plus grandes entreprises allemandes. De cette radiographie 2018, il fait ressortir six points majeurs.

Ce sont des données actualisées qui pourront alimenter les débats de la journée de la femme, demain jeudi 8 mars. L'Observatoire SKEMA de la féminisation des entreprises a publié en effet une nouvelle étude France/Allemagne sur la diversité des plus grandes entreprises. Il s'est intéressé ainsi à comparer la diversité des 53 plus grandes entreprises privées françaises et des 53 plus grandes entreprises allemandes. L'auteur de l'étude, le Professeur Michel Ferrary s'est, pour cela, appuyé sur les rapports annuels 2017 des 53 plus grandes entreprises de chaque pays.

Ce que peut apporter cette comparaison ? La France et l'Allemagne sont souvent comparées sur leurs performances économiques. Qu'en est-il de la féminisation des instances dirigeantes de leurs grandes entreprises ? BNP Paribas est-elle plus féminisée que la Deutsche Bank ? Renault est-elle plus égalitaire que Volkswagen ? Allianz est-elle plus diverse qu'Axa ?

Michel Ferrary fait ressortir de cette radiographie 2018 six points majeurs:

  • Les grandes entreprises françaises sont plus féminisées que les grandes entreprises allemandes et l'écart s'accentue dans les échelons supérieurs de l'organisation. Si dans les effectifs les proportions de femmes sont proches (36,12% en France et 34,72% en Allemagne), ces proportions sont de 30,39% en France et 21,64% en Allemagne au niveau de l'encadrement, de 13,42% et de 7,29% dans les comités exécutifs.
  • La féminisation des conseils d'administration dans les deux pays illustre l'importance des quotas pour accroître la diversité. En France, une loi votée en 2011 impose un quota de 40% de femmes dans les conseils d'administration à partir du 1 janvier 2017 et la réalité est de 40,97%. En Allemagne, une loi votée en 2015 impose un quota de 30% de femmes dans les conseils d'administration à partir du 1er janvier 2016 et la réalité est de 28,73%.
  • En France le plafond de verre supérieur entre les managers et le comité exécutif est plus épais qu'en Allemagne (16,97 contre 14,35). En revanche, le plafond de verre inférieur entre les effectifs et les managers est plus épais en Allemagne (12,42 contre 5,38).
  • En France, il y a une corrélation entre la présence des femmes dans le conseil d'administration et dans le comité exécutif (0,3033*). Cela suggère que les femmes du conseil d'administration incitent formellement ou informellement les dirigeants à recruter plus de femmes dans leur comité exécutif. Une telle corrélation est absente dans les entreprises allemandes (-,0043).
  • En France, il y a une corrélation entre la proportion de femmes dans le comité exécutif et la proportion de femmes managers (0,3989*). Cela suggère que la population de femmes managers sert de vivier de hauts potentiels dans lequel l'entreprise recrute les membres de son comité exécutif. Une telle corrélation est absente dans les entreprises allemandes (0,0615).
  • Dans les deux pays, la présence des femmes parmi les managers est fortement corrélée à la proportion de femmes dans les effectifs (0,8016 en France et 0,6739 en Allemagne). Cela suggère que dans les deux pays les entreprises utilisent leur population de non cadres comme vivier de recrutement de cadres.

Vous pouvez découvrir l'ensemble des résultats de l'étude sur le site de l'Observatoire SKEMA de la féminisation des entreprises : cliquez ici (Pdf)

L'Observatoire SKEMA de la féminisation des entreprises

L'Observatoire SKEMA de la féminisation des entreprises est l'un des leviers de recherche de la Chaire Femmes et Entreprises de SKEMA Business School. Créée en 2016 dans le but de produire et partager avec la sphère économique des informations pertinentes sur la place des femmes dans l'entreprise, elle a pour objectif de susciter et d'engager des actions qui permettent de promouvoir la place et le rôle des femmes dans l'entreprise mais également de traiter des questions d'égalité professionnelle dans une logique d'ouverture et d'échange.


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