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Francesco Frangialli, 'Monsieur Tourisme' du monde

'La conférence de Nice annonce le basculement dans un nouveau système de mesure de l'impact du tourisme. En quelque sorte, l'arrivée du mètre étalon du tourisme mondial…'



Secrétaire général de l'Office Mondial du Tourisme, Francesco Frangialli a été l'homme orchestre de la conférence qui se tient à Acropolis, à Nice, et qui réunit plus de 700 délégués de 120 pays. Un sommet mondial du tourisme qui a pour but de lancer un nouveau système standardisé de mesure de l'impact du tourisme dans le monde.
Pourquoi le besoin d'un système de mesure standardisé au plan mondial?
Francesco Frangialli :
Nous sentons tous le besoin d'un instrument de mesure du poids économique du tourisme dans le monde. Chaque pays a besoin de savoir ce que représente le tourisme au niveau national. Disposer d'un bon instrument est indispensable pour définir les politiques touristiques à suivre et maximiser les bénéfices.
Trois types de bénéfices peuvent être trouvés dans une bonne gestion du tourisme : la création d'emploi car il s'agit d'une activité qui dispose de fantastiques possibilités en ce domaine; le maintien d'activités dans des zones rurales; le soutien de la balance des paiements. En France, par exemple, le tourisme amène 30 milliards de recettes en devises annuellement.


Qu'attendez-vous de ce nouvel instrument de mesure?
Francesco Frangialli :
Ce que nous attendons aussi d'un tel instrument de mesure, c'est de montrer l'importance que représente aujourd'hui l'économie touristique. Nous savons déjà que, le transport aérien compris, le tourisme est la première industrie en terme d'échanges internationaux. Nous ne savons encore qu'approximativement son poids exact dans le PIB des différents pays. La France, en ce sens, est en avance. Elle a lancé en 1980, les premiers Comptes satellites du tourisme. En 1989, déjà, il était possible de dire que le tourisme, avec un flux de 600 milliards de francs (séjours des étrangers et des nationaux, hors dépenses des simples excursionnistes) représentait 7,3% du PIB.
Les chiffres dont nous disposons pour l'instant ne touchent que le nombre d'arrivée de touristes internationaux (635 millions en 1998) et ce qu'ils ont dépensés (439 milliards de dollars). Mais ces statistiques sont loin de prendre en compte l'ensemble des dépenses liées au tourisme. Si elles comptabilisent les dépenses du Français qui va en Espagne ou de l'Italien qui vient en France, en revanche, elles n'intègrent pas les dépenses de l'Américain de New-York qui se rend en Californie. Nous avons donc besoin de ce nouvel instrument qui mesure à la fois le poids international et national du tourisme.


La conférence de Nice est-elle un succès?
Francesco Frangialli :
La participation massive avec 700 délégués de 120 pays, 15 institutions internationales, 50 universités montre qu'il existe un formidable besoin de connaissance. Trois institutions mondiales s'étaient engagées dans ce challenge de la mise au point d'une méthodologie fiable permettant d'appréhender le poids du tourisme dans le monde : l'OMT, l'OCDE et le World Travel and Tourism Council. Elles étaient parties sur des méthodes différentes. A Nice, l'OCDE et le WTTC se sont ralliés à la technique de l'OMT.
A partir de là, nous espérons que de nombreux pays vont utiliser cette méthode. En quelque sorte, le mètre étalon du tourisme international aura vu le jour à Nice.


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