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Frédéric Artru s'explique sur la Foundry et les "communications étendues"

"Nous ne nous occupons pas de la convergence, de l'intégration des différentes technologies. Il s'agit pour nous de les contrôler. De mettre au point une nouvelle architecture qui se place au sommet et qui puisse utiliser les différents standards".



Trois mille emplois à la clé dans les télécommunications, secteur sinistré s'il en est ! Ce que promet le projet de "La Foundry" présenté jeudi 7 novembre à Sophia Antipolis, au CICA puis au Ceram, semble trop beau pour être vrai (voir SN.com "La Foundry parie sur un renouveau de l'industrie des télécoms). Arnaque ? Business plan totalement irréaliste comme on savait si bien en produire dans l'année 2000 ? La présentation n'aurait pas valu le déplacement s'il n'y avait Frédéric Artru derrière le projet (150 personnes assistaient ainsi à la présentation au CICA). Diplômé de l'ENST (Ecole nationale supérieure des télécommunications), ce dernier est bien connu sur la technopole pour avoir été à l'origine avec Odisei (revendue ensuite à une start-up californienne 8X8), de la première "success story" azuréenne dans le domaine des NTIC. Quelques questions méritaient de lui être posées.

- SN.com : Vous avancez le concept de "communications étendues". Qu'est ce qu'il apporte de nouveau par rapport au concept de la convergence?

Frédéric Artru :
"Nous ne nous occupons pas de la convergence, de l'intégration des différentes technologies. Il s'agit pour nous de les contrôler. De mettre au point une nouvelle architecture qui se place au sommet et qui puisse utiliser les différents standards, comme les différentes technologies en les contrôlant. Si l'on peut donner une image, ce serait celle du cerveau qui permet d'utiliser les différents organes à la demande, suivant les besoins. Exemple concret. Vous avez chez vous une collection de DVD. Vous voulez en visionner un dans votre hôtel, sur la télévision de la chambre. Nous nous plaçons sur la petite application qui, par l'intermédiaire de votre téléphone mobile, va vous permettre de choisir et de commander l'envoi d'un de vos DVD sur la télévision de votre chambre. Nous ne cherchons pas à nous placer sur la technologie de diffusion de film (elle existe déjà) mais simplement d'assurer le contrôle permettant de commander l'envoi sur le téléviseur de votre chambre."

- SN.com : est-ce que cela est de nature à révolutionner l'industrie des télécommunications ?

Frédéric Artru :
"La problèmatique de l'industrie des télécoms c'est d'abord une chute exponentielle des coûts des télécommunications à la minute. Le phénomène est indéniable. Comment aussi créer de la valeur ? Notre réponse est : en créant des services capables d'utiliser les ressources existantes. Pour qu'un super marché puisse créer de la valeur, il faut que les rayons soient remplis de produits à la vente. Aujourd'hui, les technologies sont là. Mais l'architecture actuelle des réseaux ne permet pas de les utiliser en plein. La technologie IP n'a pas évoluée depuis plus de vingt ans. Il faut donc gérer les réseaux d'une autre façon. C'est l'enjeu du concept de "communications étendues".

L'un de nos trois premiers projets, le SigEx Tri-3G vise à faire fonctionner amicalement ensemble les trois standards mobiles dans le monde (les standards européen, nord américain et chinois). Nous ne cherchons pas à créer un super standard qui permettrait de tout gérer, mais de bâtir une architecture qui puisse utiliser tous les standards. La nouveauté qu'apportait Odisei, tenait d'ailleurs dans cette interopérabilité. Beaucoup n'ont vu dans Odisei que l'aspect VoIP (voix sur IP). Or, le véritable tour de force, était la capacité de faire travailler ensemble différents standards de téléphone".

- SN.com : qu'est ce que la Foundry ?

Frédéric Artru :
"c'est une école qui donne des certificats pour travailler dans le réseau de la Foundry, c'est à dire dans les projets de SigEx Venture, le fonds d'investissement. Le but est de former les noyaux initiaux, les équipes qui seront au départ des projets. Un projet n'a aucune réalité tant qu'une équipe permettant de le réaliser ne s'est pas cristallisée. L'objectif de la Foundry est de valider cette équipe, de voir que les gens sont adaptés à ce qu'ils veulent faire. A noter que les cours sont gratuits. On parlera technique (algorithmes, nanotechnologies, IPv6, etc). Il y aura de la recherche mais également des formations aux nouveaux modèles d'affaires, à la finance, etc."

- SN.com : d'où vient le chiffre de 3.000 emplois ?

Frédéric Artru :
"Il vient du Business Plan. Nous avons identifié une dizaine de catégories de projets et nous avons montré qu'il était nécessaire de disposer d'une masse critique de 3.000 personnes en Europe dans les trois ans (ingénieurs et commerciaux)."

- SN.com : à quel stade en êtes-vous ?

Frédéric Artru :
"Une première implantation de la Foundry s'est faite au Canada. Une seconde a été décidée à Pau. Une troisième implantation sera annoncée le 18 novembre. Actuellement trois projets ont été lancés : le SigEx PBX pour diffuser très rapidement de très grands volumes de données à travers les techniques du peer-to-peer; le SigEx Tri-3G qui permet de faire fonctionner ensemble les trois standards mobiles collant ainsi au nouveau standard chinois; le SigEx NanoData qui s'intéresse aux très grandes banques de données."

Jean-Pierre  Largillet


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