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French Tech Côte d'Azur : pourquoi la claque ?

Pour Team Côte d'Azur, porteur du projet, le fait de ne pas avoir été labellisé dans la première vague est vu comme un non-événement : le dossier de candidature n'était pas encore finalisé. Il manquait les volets gouvernance et plan opérationnel. Reste que l'impact a été négatif dans l'opinion : Sophia avec Nice, Cannes et Grasse présentés comme "recalés" à côté de Brest, Rouen, Toulon, St-Etienne … Retour sur ce "retard à l'allumage".

Le dossier étant en cours de finalisation, l'équipe de French Tech Côte d'Azur avait pourtant prévenu qu'une éventuelle labellisation ne pouvait être attendue avant fin décembre ou janvier prochain. Mais l'annonce de la première vague de labellisation, dans lequel la Côte d'Azur ne figurait pas, n'en a pas moins pris l'aspect d'une claque, en raison notamment du nombre de candidats retenus. Alors que neuf territoires sur quinze étaient labellisés, Sophia, première technopole européenne" axée sur le numérique, était absente de cette première sélection. Le "message" ainsi transmis, même si Team Côte d'Azur, porteur du projet, parle de non-événement a eu du même coup un impact très négatif dans l'opinion, image difficile à reprendre en termes de communication.

L'annonce de la vague de labellisation tombée en pleine réunion avec les entrepreneurs du numérique

Sophia avec Nice, Cannes et Grasse s'est du même coup retrouvé dans le lot des "recalés" à côté de Brest, Rouen, Toulon, St-Etienne et du regroupement Nancy-Metz-Thionville-Epinal, autant de métropoles respectables mais qui n'ont pas la même image numérique que Sophia en France comme à l'international. Pour certains aussi, cette non-qualification dans la première vague a été vue comme un échec, voire comme la fin de l'aventure French Tech pour la Côte d'Azur. Il n'en est rien bien sûr. David Monteau, directeur du projet, l'avait d'ailleurs bien rappelé, lors de sa venue, insistant sur le fait qu'il ne s'agissait pas d'un concours de vitesse et que les labellisations se feraient également au fil de l'eau.

Mais mercredi, à l'annonce de cette première vague massive, Jacques Lesieur, le directeur de Team Côte d'Azur, ne s'en est pas moins retrouvé sous la pression des élus du territoire qui s'interrogeaient. Christian Estrosi a même appelé de Moscou où il se trouvait ! L'ironie de l'histoire c'est que, par les hasards du calendrier, l'intéressé était en pleine réunion avec une trentaine d'entrepreneurs de start-ups venant du groupe French Riviera Tech pour finaliser les dernières étapes de la candidature. Il s'agissait de redéfinir la gouvernance du projet et d'écrire le plan opérationnel expliquant comme la Côte allait s'y prendre pour accélérer concrêtement le développement de start-ups sur son territoire. Une réunion qui avait été décidée le 3 octobre dernier lors de la visite sur la Côte de la mission high tech et qui tombait donc bien à pic pour, avant les start-ups, accélérer d'abord le projet.

Pourquoi ce "retard à l'allumage"?

Reste une question quand même qui se pose : pourquoi la Côte d'Azur est-elle à la traîne sur la finalisation de son dossier? Parmi les explications de ce "retard à l'allumage", est avancé le fait que la candidature a cherché à associer une metropole et trois communautés d'agglomération (CASA pour Sophia avec Nice Côte d'Azur, Cannes et Grasse). D'où un montage de l'opération plus complexe qui a requis plus de discussions. Trois à quatre mois de perdus. Quant aux premiers travaux de montage du dossier, réalisés au printemps dernier, ils ne se sont pas révélés convaincants et le dossier a dû être repris. Deux à trois mois de perdus supplémentaires.

La Côte d'Azur, d'autre part, a eu du mal à se mettre en ordre de marche avec au départ, une lutte de leadership entre les institutionnels et les chefs d'entreprises innovantes qui avaient été les plus prompts à se mobiliser, dès avril, au sein du collectif informel French Riviera Tech. Des questions qui aujourd'hui ne semblent plus se poser. D'autant moins d'ailleurs que le principe même de la French Tech est de placer la démarche non dans les mains des institutionnels, mais dans celles des entrepreneurs du numérique.

Les entrepreneurs du numérique remis au centre du projet

Dans le mouvement qui s'est dessiné lors de la réunion de travail du mercredi 12 septembre, la gouvernance comme la rédaction du plan opérationnel assorti d'une vision de l'avenir du numérique sur le territoire, seront confiés aux entrepreneurs du numérique dont la mobilisation s'était déjà faite à travers French Riviera Tech. Team Côte d'Azur a aussi rappelé que, loin d'être perdue, la labellisation restait bien en cours. L'agence de développement économique azuréenne a rappelé que le planning convenu avec la Mission nationale French Tech prévoit la remise des plans d’action détaillés de la French Tech Côte d’Azur début décembre.

Elle a ajouté ensuite, avec prudence quand même, "pour une instruction qui permettra à la candidature azuréenne, si elle est bien retenue, de s’inscrire au début de l’année 2015 dans le processus national de labellisation". On le souhaite. Difficile d'imaginer qu'avec Sophia, la Côte d'Azur ne fasse pas partie des territoires numériques d'excellence!

Pour Patrick Allemand (PS), un "manque de cohérence et de gouvernance" entre Nice et Sophia

Pour Patrick Allemand (PS, opposition niçoise), l'échec provisoire de la candidature "tient essentiellement au manque de cohérence et de gouvernance entre Nice et Sophia Antipolis." C'est ce que le premier vice-président avance dans un communiqué envoyé le 13 novembre au lendemain de l'annonce de la première vague de labellisation.

"L'absence regrettable de Sophia-Antipolis du réseau French Tech est la conséquence directe d'une stratégie qui, derrière le discours officiel  de façade,  cherche à développer l'OIN, en compétition permanente avec son éco-système naturel, Sophia Antipolis.

Cet échec de la candidature French Tech Côte d'Azur doit sonner le glas de cette  pratique et ouvrir une période de concertation stratégique entre l'OIN de la Plaine du Var et Sophia-Antipolis pour construire un seul et même périmètre d'innovation , cohérent et clairement identifié à l'échelle nationale, européenne et mondiale. La candidature French tech Cote d'Azur doit servir à cela.

Et de poursuivre : "Même si l'aide de la région n'a guère été sollicitée dans cette première phase par les porteurs azuréens, la Région PACA réaffirme son intérêt pour ce dossier.

Dans l’immédiat, je demande en qualité de président de l’ARII, un rendez-vous auprès d'Axelle Lemaire, avec l'aide de notre Président de Région Michel Vauzelle, qui s'y est engagé dès hier, et celle de notre parlementaire Sophia politain, Marc Daunis, afin de défendre ce dossier et je propose d'associer à cette démarche tout autre parlementaire de notre département qui le souhaite."


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