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Galderma-Nestlé : les salariés descendent dans la rue jeudi

La Cfdt a appelé les 550 salariés de Galderma R&D à manifester jeudi à 8 heures pour dénoncer la décision du groupe Nestlé de fermer le site de Sophia Antipolis. Côté direction, Pierre Diebolt, directeur du centre, a insisté sur la volonté du groupe à maintenir une activité pour 150 personnes sur la technopole, tandis que 100 postes sont ouverts en Suisse près de Lausanne et que 300 "départs volontaires" seraient proposés.

Leur pétition lancée sur Change.org a dépassé les 16.000 signatures. Les soutiens politiques officiels commencent à être annoncés. Mais les salariés de Galderma-Nestlé Skin Health n'en relâchent pas moins la pression. Cette fois, ils vont descendre dans la rue pour dénoncer le mauvais coup que représente la fermeture du site de Sophia et montrer toute leur détermination "à défendre ce fleuron de la recherche française face à la décision aveugle du groupe Nestlé". La Cfdt, syndicat majoritaire, a lancé ainsi un appel à la manifestation pour jeudi 9 novembre à 8 heures afin de dénoncer cette décision qui entraîne la suppression brutale de 550 emplois hautement qualifiés dans la technopole.

Le départ de la manifestation se fera à 8 heures à la sortie du site de Galderma, carrefour des Funel (290 route des Colles) sur la commune de Biot. Le cortège rejoindra le carrefour Saint-Philippe.

Les propositions de la direction

Quant à la direction du site, elle continue de dire que la décision de fermeture, annoncée le 19 septembre dernier, est irrévocable, mais qu'elle travaille actuellement au maintien d'une partie de l'activité sur le site. Pierre Diebolt, directeur du site, défend cette position et n'a évidemment pas la tâche facile face à des salariés qui estiment avoir été trahis par leur entreprise. Voici ses réponses.

- Pourquoi cette fermeture ? "Une nouvelle direction a été mise en place en décembre 2016 à la tête de Galderma", explique Pierre Diebolt. "Elle a estimé qu'il était urgent de repenser notre modèle topique pour passer à de nouvelles technologies biologiques. Nous avons été confrontés à un changement brusque de la pression économique avec la perte de certains brevets et la montée des génériques. Tout est arrivé très vite."

- Qu'est-ce que Galderma propose aux 550 salariés de son centre de R&D sophipolitain ? "Nous avons proposé à cent d'entre eux de venir travailler dans un nouveau centre lié à ces biotechnologies dans la région de Lausanne en Suisse. Pour 300 autres salariés, nous avons l'intention de proposer un plan de départ volontaire. Pour les 150 restants, nous avons différentes options à travers un maintien d'activité sur le site, activité liée au savoir-faire topique. Cela pourrait se faire à travers une reprise du site de Sophia Antipolis, ou par la création d'un parc d'activité qui regrouperait des entreprises plus petites (PME, start-up, sociétés que créeraient certains de nos employés actuels, etc)."

Un maintien d'activité (encore hypothétique) sur le site pour 150 salariés

- Ce maintien d'activité n'est-il pas très hypothétique ? "Galderma est propriétaire des bâtiments qui sont dimensionnés pour 600 personnes et toutes les options sont possibles," note Pierre Diebolt. "Nous travaillons sur ce sujet avec un cabinet spécialisé (il a notamment aidé Sanofi-Synthélabo à Toulouse). Après avoir étudié la situation, ce cabinet nous a assuré qu'un maintien des activités sur le site, pour 150 personnes, était tout à fait possible dans un délai d'un an".

- Les propositions pour les départs volontaires que les salariés ont jugé scandaleusement basses en regard de ce qui s'est fait sur la Côte pour Intel, Samsung ou Texas Instruments ? "C'est le début de la négociation", répond Pierre Diebolt.

Il assure aussi de la volonté de la direction à rester à l'écoute des employés et de leurs représentants. Mais pas sûr que ces derniers, échaudés par la brutalité de la manœuvre et lourdement inquiets pour leur avenir, ressentent la moindre bienveillance à leur égard. C'est ce qu'ils iront dire jeudi dans la rue.


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