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Gérard Passera : la SAEM nouvelle formule

' Le nouvel organigramme mis en place pour la gestion de la technopole, traduit le renforcement du rôle du Symisa, le syndicat mixte de Sophia-Antipolis et accorde un pouvoir de management accru aux communes. '



Un nouvel attelage pour l'an 2000. C'est ainsi que, pour le management du parc, l'on pourrait qualifier le passage de rênes, des mains de la SAEM à celles du Symisa. Directeur de la SAEM (Société anonyme d'économie mixte) de Sophia-Antipolis Côte d'Azur, Gérard Passera, explique le pourquoi et le comment de cette opération.

Pourquoi cette nouvelle organisation du ' management ' de Sophia-Antipolis ?
- Gérard Passera :' L'origine remonte à septembre 1999. Les maires du syndicat mixte ont souhaité avoir une vision prospective sur le développement de Sophia-Antipolis dans les trois à cinq ans à venir. Que proposer sur le pilotage de la technopole, sur le positionnement international du parc, etc. Ils ont demandé aussi une répartition des charges plus juste et une meilleure visibilité sur les dépenses non prévues qui sont programmées. '
- ' Il faut savoir qu'avant 1996, 10 à 12 millions de francs étaient prélevés chaque année sur les ventes de terrains pour financer les missions traditionnelles de la SAEM (Société anonyme d'économie mixte) Sophia-Antipolis Côte d'Azur. A partir de 1996, les ventes de terrains ayant ralenti, les cinq communes du parc (Valbonne, Biot, Mougins, Vallauris et Antibes) ont été appelés à participer financièrement à ces missions d'intérêt général. Depuis 1999, elles apportent ainsi annuellement 6 millions de francs prélevés sur la taxe professionnelles qu'elles encaissent (130 à 140 millions de francs pour l'ensemble des communes). De plus, elles doivent désormais financer également les travaux non prévus dans les bilans initiaux des Z.A.C. (Zone d'action concertées). '
- ' Exemple pour la Z.A.C. des Bouillides, la plus importante des Z.A.C. avec 220 hectares et 500.000 m2 de logements et bureaux. Au départ, en 1978, il était prévu une piscine dans les équipements collectifs. Mais aujourd'hui, ce qui est demandé, c'est un complexe nautique. Ce n'est plus le même prix. On en arrive à un supplément de l'ordre de 20 millions de francs, qui doit être pris sur la taxe professionnelles des cinq communes du parc. '
- ' Les maires ont donc demandé d'avoir une meilleure visibilité sur ce type de dépense. Participant désormais au financement de l'animation du parc, ils ont demandé aussi à avoir droit au chapitre. Ce que leur a accordé le sénateur Charles Ginesy, qui est à la fois président du Conseil général et de la SAEM SACA. La nouvelle organisation, qui a été décidée fin mars, traduit cette remise du pouvoir aux maires, par l'intermédiaire du Symisa, le syndicat mixte de Sophia-Antipolis.'


En quoi consiste cette réorganisation ?
- Gérard Passera :' Le président Ginesy s'est appuyé à la fois sur la charte de relance de 1997 et sur la Directive Européenne de ' services '. La charte de relance dit clairement que le syndicat mixte est le maître d'ouvrage du développement du parc. Il a donc été décidé de lui donner les moyens d'exercer cette maîtrise d'ouvrage. Une équipe opérationnelle d'une quinzaine de personnes, dont le principal noyau sera formé par la dizaine de salariés de la SAEM qui exerçait des missions concurrentielles de promotion du parc, sera mise au service du Symisa. Quatre à cinq cadres seront recrutés avant le 1er octobre date à laquelle la nouvelle configuration doit être opérationnelle. Les autres employés de la SAEM (elle en compte 26) continueront de s'occuper des aménagements techniques. '
- Pour suivre la Directive Européenne, qui concerne les missions de services qui tombent dans le domaine concurrentiel (exemple pour la promotion du parc), des conventions financières et d'objectifs seront passés par le Symisa avec la Fondation pour l'animation culturelle et scientifique, avec la RHT (Route des hautes technologies) pour le transfert de technologies, avec la DPCT (Direction des pôles de compétences technologiques) pour l'animation économique, avec CAD (Côte d'Azur développement) pour la prospection des entreprises à l'étranger. D'autres services (événementiel, services aux entreprises) seront traités avec le privé (régie ou marché public). '


Qui décide de quoi sur le parc ? C'est là une critique souvent formulée par les milieux d'entreprise. Est-ce que cela sera suffisant pour assurer une meilleure coordination et renforcer le dynamisme de Sophia-Antipolis ?
- Gérard Passera :' Le nouvel organigramme propose une rationalisation de la gestion du parc. Si les partenaires jouent le jeu, il s'agit d'un formidable projet d'entreprise. Nous allons travailler en employant les méthodes de l'entreprise : concevoir le produit Sophia, le fabriquer, animer le tissu existant, en faire la promotion et le vendre. La réorganisation, aussi, c'est un véritable pari sur l'avenir. '


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