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Intercommunalité : la logique verticale l’a emporté

Le ton avait été donné par le périmètre adopté pour la future métropole Nice Côte d’Azur, c’est la logique de la solidarité entre le littoral et le haut pays qui l’a emporté pour dessiner le nouveau schéma de l’intercommunalité dans les Alpes-Maritimes. Les voix discordantes ne manquent pas, à l’est comme à l’ouest. Une nouvelle phase de négociations s’ouvre avant une adoption définitive à la fin 2011.

La carte de l'intercommunalité proposée par le préfet Francis Lamy. Cliquer sur la photo pour l'agrandir.

C’est la logique territoriale de la verticalité, basée sur une solidarité entre le littoral et le haut pays, qui a été retenue par le préfet Francis Lamy pour dessiner la nouvelle carte de l’intercommunalité dans les Alpes-Maritimes en application de la loi du 16/01/2010  portant réforme de collectivités territoriales. Le projet de schéma départemental, fruit d’une centaine de rencontres avec les élus locaux, a été présenté le 22 avril. Il servira de base à la phase de concertation qui s’ouvre avant son adoption définitive d’ici à la fin 2011. Six nouvelles entités intercommunales devraient remplacer les dix-huit qui existent aujourd’hui et intégrer les 18 communes qui, jusqu’ici, sont restées isolées, notamment dans le bassin cannois. Dans le même esprit, pour promouvoir la mutualisation et favoriser les synergies, de 97 syndicats intercommunaux, on devrait passer à une soixantaine.

Le périmètre de la future métropole Nice Côte d’Azur, tel qu’il avait  été présenté par Christian Estrosi, est validé. A l’est, la communauté de la Riviera française aura vocation à s’étendre jusqu’à Tende en passant par Breil. "Un choix, reconnaît Jean-Claude Guibal, député maire de Menton, qui ne sera pas simple à mettre en œuvre, car Breil, La Brigue et Saorge n’y sont pas favorables". Subsistera une communauté de communes du pays des Paillons dont on peut se demander si, à terme, elle n’aura pas vocation à rejoindre soit la métropole, soit la Riviera française.

A l’ouest, la donne est plus complexe et devrait donner lieu à d’âpres débats. Dans le haut pays, devraient être fusionnées et étendues les communautés de communes Cians Var et vallées d’Azur. La communauté d’agglomération de Sophia Antipolis devrait absorber au nord le canton de Coursegoules. Enfin, reprenant le périmètre du Scot (schéma de cohérence territoriale) de l’ouest, Cannes et ses voisines du Cannet, Mandelieu, Théoule et Mougins sont appelées à former une nouvelle communauté d’agglomération avec Pôle azur Provence (Grasse) et le canton de Saint-Auban.

La déception de Cannes

Si Eric Ciotti, président du conseil général, et Jean Leonetti, au titre de président de la commission interdépartementale mise en place pour arrêter le schéma, ont rendu hommage au travail de concertation fait par le préfet et souligné "la cohérence" du projet présenté, Bernard Brochand, le député maire de Cannes, qui a été l’un des premiers élus à quitter la séance, fait partie des déçus.

Cannes, avec le soutien de Grasse, défend un regroupement plus large à l’ouest. "Nous continuerons à militer pour une intercommunalité associant les bassins de Cannes, Grasse et Antibes. Elle correspond à la réalité des flux économiques et humains. Autant profiter de la réforme pour retenir le territoire le plus pertinent possible et faire un vrai saut qualitatif" insiste David Lisnard, premier adjoint au maire de Cannes. Cette solution présente pour l’élu cannois un autre avantage, "celle d’empêcher la domination d’une seule ville centre et de garantir le respect de toutes les communes". L’émergence d’un pôle Cannes Grasse Antibes, contre poids à l’ouest de la métropole Nice-Côte d’Azur, ne semble cependant pas avoir le vent en poupe.

De même la logique verticale retenue par le préfet ne fait pas l’unanimité. Des élus comme André Aschieri, le maire de Mouans-Sartoux, auraient préféré une intercommunalité horizontale, pour préserver le moyen et haut pays des tentations de prédations immobilières au profit des communes du littoral.

Des modifications pourront être apportées au projet de schéma, "tout commence maintenant" a rappelé Francis Lamy. L’heure des négociations et compromis a sonné en sachant que toutes les communes devront être intégrées dans une structure intercommunale. Le schéma définitif sera arrêté par la commission interdépartementale composée d’élus. Les modifications, qui lui seront soumises, devront être approuvées à la majorité des deux tiers.

Christiane Navas


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