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Le mécénat d'entreprise s'interroge sur l'hybridation lucratif-citoyen

L'hybridation des modèles avec des coopérations qui se renforcent entre organisme d’intérêt général et entreprise de nature commerciale, dessine-t-il l'avenir du mécénat d'entreprise ? La question a été posée à Nice lors de la présentation Panorama 2018 des fondations et fonds de dotation créés par des entreprises mécènes, étude réalisée conjointement par les équipes du réseau Les entreprises pour la Cité et d’EY.

Comment évolue le mécénat d'entreprise ? Une idée en a été donnée hier jeudi à Nice, dans les locaux de la Caisse d'Epargne, lors de la présentation de la dernière édition du Panorama 2018 des fondations et fonds de dotation créés par des entreprises mécènes. Il s'agit d'une étude réalisée tous les deux ans depuis 2014 conjointement par les équipes du réseau Les entreprises pour la Cité et d’EY. Elle a pour objectif d’analyser les évolutions de ce secteur en matière d’orientations stratégiques, de modes d’action, de communication, de mobilisation de collaborateurs et d’évaluation d’impact. Après avoir abordé les questions liées aux démarches d’évaluation en 2014, puis celles relatives à la notion d’intérêt général en 2016, l’édition 2018 du Panorama s’est intéressée cette fois plus particulièrement à l’hybridation des modèles des fondations et fonds de dotation.

Les chiffres clés du mécénat d'entreprise

Concernant ces évolutions, quelques chiffres clés ont été donnés.

  • Depuis 2016, les structures d’intérêt général créées par des entreprises ont progressé de 32% : le nombre de fondations d’entreprise a augmenté de 14% depuis 2016, les fonds de dotation de 63%.
  • En 2018, les budgets annuels moyen et médian de ces structures s’élèvent respectivement à 1,4 million d’euros et à 740 000 euros, augmentant respectivement de 20% et 48% par rapport à 2016.
  • En revanche, la dotation moyenne des projets soutenus poursuit sa diminution depuis 2014: à 30 400€ en 2016, elle est passée à 19 400€ en 2018.

Les grandes tendances

Autres tendances mises en lumière :

  • Les structures d’intérêt général créées par des entreprises contribuent, de manière indirecte, au développement de l’entreprise: répondre à des enjeux humains (98%), améliorer l’attractivité de l’entreprise en externe (96%), développer son ancrage territorial (89%), expérimenter ou innover (87%), favoriser le développement de l’activité économique (37%)
  • Les champs d’action majoritairement adressés par les entreprises mécènes concernent les enjeux de développement humain, qui ne cessent de gagner du terrain. Soutenue par 61% des répondants, l’éducation reste la cause privilégiée, suivie de près par l’action sociale (58 %) et l’insertion professionnelle (57 %).
  • En moyenne, 70% des répondants agissent en faveur de 3 à 4 causes d’intérêt général différentes. De plus, 60% des fondations déclarent avoir déjà pris part à des actions de mécénat collectif (co-financement de projets avec d’autres mécènes).
  • Le budget annuel moyen alloué à la communication par les fondations et fonds de dotation s’élève à 55 600 €, soit 35% d’augmentation entre 2016 et 2018.

L’hybridation des modèles, de nouvelles voies à explorer ?

La dernière partie du Panorama 2018 se concentre, elle, sur un sujet d’actualité qui fait débat parmi les acteurs du mécénat d’entreprise : l’hybridation des modèles, entendue comme la mise en synergie et la coopération entre les organismes d’intérêt général et les entreprises de nature commerciale, autrement dit entre secteur lucratif et secteur à but non lucratif.

Cette partie de l’étude révèle ainsi des chiffres inédits : si 89% des structures interrogées soutiennent des acteurs d’intérêt général, 24% d’entre elles soutiennent aussi d’autres acteurs de l’ESS (SCIC, entreprises labélisées ESUS) et 8% de ces structures soutiennent des sociétés commerciales classiques (à but lucratif).

Pour les structures favorables à ces coopérations entre organisme d’intérêt général et entreprise de nature commerciale, l’hybridation des modèles représente ainsi différents intérêts : miser sur la complémentarité des parties prenantes pour faire émerger des solutions innovantes (98%), maximiser l’impact des projets d’intérêt général (96%), concilier intérêt général et efficacité économique (93%), essaimer les engagements citoyens de l’entreprise (91%), rendre les activités de l’entreprise plus durable (90%), répondre à des besoins non couverts par les structures d’intérêt général (85%), permettre à l’entreprise d’accéder à des marchés innovants (58%)

Des témoignages d'acteurs locaux

La réunion a été ouverte par François Codet, Président du Directoire de la Caisse d’Epargne Côte d’Azur, qui a accueilli les échanges et rappelé l’engagement philanthropique des Caisses d’Epargne inscrit depuis leur création au cœur de leur identité. Pierre-André Lormant, Avocat-Associé chez EY Société d’Avocats, et Elisabeth Fuchs, Directrice Régionale aux Entreprises pour la Cité ont présenté le contexte légal et institutionnel dans lequel s’inscrit cette édition du panorama, puis Simon Bitaudeau, Responsable Mécénat et Investissements Citoyens aux Entreprises pour la Cité et Corine Corantin, Executive Director et Responsable du secteur ESS pour la région Sud-Est & Monaco  chez EY, ont dévoilé les résultats marquants de l’étude.

La seconde partie de la rencontre s’est concentrée sur les témoignages d’acteurs locaux, rappelant l’importance du mécénat pour le développement des territoires : Philippe de Gibon, PDG de Convers et Administrateur des Entreprises pour la Cité, Bernard Alfandari, PDG de Résistex, Arnaud Pouillart, DG de la Fondation Lenval et Aymeric Millet, Chargé de communication & Marque, OGC Nice, ont chacun présenté leurs structures et projets soutenus localement, dans le cadre de démarches de mécénat individuel ou collectif


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