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Les cyberjournalistes tissent leur toile sur le Net

Avec le Web, le journaliste ressemble plus à un chef d'orchestre harmonisant liens hypertextes, sources d'information, formes de diffusion (sons, images, textes) et réactions du lecteur...



Que signifie être journaliste sur Internet ? Journalisme de demain, disent beaucoup, le cyberjournalisme pose aujourd'hui plus de questions qu'il n'apporte de réponses. Depuis l'affaire du Drudge Report, d'aucuns arguent que n'importe qui peut devenir journaliste dès lors qu'il est connecté au web. Pourtant, sur le forum de Jliste, un site où l'on débat entre journalistes, Bernard Labasse, s'oppose vigoureusement à cette vision des choses : ' l'idée selon laquelle toute personne qui se targue d'informer, en particulier sur le web, est ipso facto un journaliste revient à dire que plus personne ne l'est : la question de notre identité professionnelle ne s'est jamais posée avec autant d'urgence'.

Nouvelle forme de journalisme à inventer
Si les Cassandre de la profession s'en donnent à coeur joie, tous s'accordent cependant à dire qu'une nouvelle forme de journalisme est à inventer. Le cyberjournaliste se doit d'apporter une plus-value à l'information. La logique pyramidale qui régnait dans les salles de rédaction a cédé la place à une logique réticulaire, horizontale où le journaliste fait davantage figure de chef d'orchestre jonglant entre les liens hypertextes, les sources d'information, les moyens de la diffuser (sons, images, textes) et les réactions du lecteur à gérer. Bruno Giussiani, journaliste et auteur de nombreux articles sur le web pour /www.webdo.ch/">Webdo, esquisse le profil de cette nouvelle génération de journaliste : 'Il doit être tantôt un agent qui dirige le trafic, un explorateur parfois, 'facilitateur' de discussions souvent'analyse-t-il.
Polyvalent, le cyberjournaliste doit en outre posséder un minimum de technique mais doit surtout être à l'écoute de son lectorat qui se manifeste sur le forum, lui permettant ainsi d'avoir un 'feed-back' immédiat. Christian Aubry, cyberchroniqueur pour le journal électronique /www.mmedium.com/">Multimédiumconfirme que 'le forum Multimedium permet à qui le souhaite de rectifier publiquement une éventuelle erreur, de compléter une information trop brève, voire d'en lancer une nouvelle.'
Outil familier des salles de rédaction, Internet devient peu à peu l'objet de toutes les convoitises. A titre d'exemple, la rédaction du /www.lemonde.fr/">Mondeest ainsi passée de 6 à 22 journalistes tandis que /www.liberation.fr/">Libérationemploie désormais 7 salariés permanents dévolus à son édition électronique. De là à dire que le cyberjournalisme peut devenir une arme contre le chômage des pigistes...On en est encore loin.

Une difficile reconnaissance
D'autant que face à cet engouement, l'encadrement juridique tarde à suivre. Les instances officielles ont longtemps négligé l'afflux croissant des journalistes sur le web. Une instance décisive est plus particulièrement montrée du doigt : la Commission de la carte de journaliste. L'enjeu est de taille pour la profession : la carte de presse. La reconnaissance officielle de ses pairs, à travers l'attribution de ce fameux sésame qui vous ouvre les portes du royaume journalistique...
Seulement voilà, il y a peu, lorsque le cyberjournaliste déposait une demande, il trouvait souvent porte close. Le site /www.multimania.com/jliste/">Jlisterapporte ainsi qu'un journaliste, Xavier de Mazenod a essuyé un refus lors de sa demande il y a trois ans. Désormais, le mot d'ordre est à la souplesse même si sur Internet, tout est à repenser. Fréquence, périodicité, filiation à un média existant : autant de mots vides de sens dans un univers où l'on ne parle qu'instantanéité, qu'information en temps réel ou productions indépendantes. Bref, l'incomprehension demeure même s'il y a urgence compte tenu du développement exponentiel de la Toile.

Attention, propriété intellectuelle
Si beaucoup décident de sauter le pas dans le cyberespace, d'autres découvrent parfois qu'ils ont déjà signé des papiers sur le Net... à leur insu. Cette désagréable surprise a poussé huit journalistes à porter l'affaire devant les tribunaux. Motif invoqué : le journal ne les avait pas consulté avant de mettre en ligne sur Internet des articles déjà parus dans l'édition papier. Un fâcheux oubli pour le Figaro qui, à l'instar des DNA il y a quelques années a perdu devant la justice. En guise de défense, Le Figaro s'était réfugié derrière la notion d'oeuvre collective, les journalistes plaidèrent quant à eux la défense des droits d'auteur. La justice a tranché... en faveur des journalistes.
Dans l'affaire du Figaro, le juge des référés a renvoyé les parties à une solution contractuelle. Le fait n'est pas nouveau : Aux Etats-Unis, en 1993, la /www.nwu.org/">National Writers Union ( NWU)a ainsi attaqué le New York Times, le conglomérat Time Inc et trois autres éditeurs pour non-paiement de redevances pour l'utilisation dérivée sur des médias électroniques. Le /www.nyt.com/">New York Timespréfère désormais prendre les devants en faisant signer à l'ensemble de ses collaborateurs un contrat dans lequel ils renoncent par avance à ces fameux droits électroniques. Le vide juridique laisse ouverte une brêche dans laquelle s'engouffre allègrement de nombreux journaux. Désormais, confiait Jean-Marie Messier, PDG de Vivendi, lors de la dernière université de la communication d'Hourtin, 'le problème n'est plus l'autoroute mais ce qui roule dessus'. Le /www.globenet.org/">SNJ( Syndicat national des journalistes ) qui a revu sa copie sur le sujet, prend clairement parti et indique sans détour qu' 'il est légitime que les éditeurs veuillent se constituer et faire fructifier leur fond éditorial mais à la condition de respecter les textes relatifs à la propriété intellectuelle'. Les dirigeants des journaux sont désormais prévenus.


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