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Monaco joue le ' private banking '

Avec 260 milliards de francs de dépôts, 320.000 comptes, 70 enseignes bancaires, la Principauté est devenue une véritable plate-forme financière.



Les chiffres laissent rêveur. La ville-état de Monaco, 30.000 habitants sur 200 hectares, engrange dans ses coffres 260 milliards de francs. C'est le montant des dépôts dans les banques monégasques, chiffre arrêté au 31 décembre 1998. Autres ratios tout aussi impressionnants : la Principauté recense 320.000 comptes bancaires, dix fois plus que d'habitants ; avec 70 établissements financiers et un guichet pour 400 habitants, elle affiche l'une des densités bancaires les plus élevées du monde. Ajoutons que, forte de 1.700 professionnels, la seule activité bancaire occupe plus de 5% de la population active d'un pays qui, c'est encore l'une de ses particularités, offre plus d'emplois qu'il n'y a d'habitants !

Près de 20% de croissance annuelle !
Certes, l'activité bancaire n'est pas nouvelle sur le ' rocher '. Depuis 20 ans déjà, grâce à une fiscalité douce, les banques ont le vent en poupe. Mais la grande poussée date d'il y a cinq ans. Quand, après la crise engendrée par la guerre du Golfe, un choix a été fait de développer ce que les Anglo-Saxons appellent le ' private-banking '. La gestion de patrimoine haut de gamme. Ce fut le coup de booster. Sur les cinq dernières années, ainsi, la croissance annuelle des dépôts est montée à 18%. La fiscalité, mais également le savoir-faire développé et les technologies bancaires sophistiquées mises en oeuvre, ont attiré une riche clientèle étrangère. Ainsi, peu à peu, le Franc français a-t-il été supplanté par les devises étrangères dans lesquelles sont libellées aujourd'hui 60% des sommes déposées. Revers de la médaille, les banques monégasques qui sont aussi internationales que leurs clients (les enseignes françaises et italiennes ont été rejointes depuis des années par des établissements américains, britanniques, néerlandais, espagnols, etc.) ne pensent plus qu'à cette activité de gestion haut de gamme particulièrement lucrative. Et elles délaissent quelque peu le service aux entreprises et aux commerces. Une autre composante de l'économie monégasque qui pourrait pâtir de cette insolente santé des banques...


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