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Monaco : les bons et mauvais côtés des taux négatifs par Ludovic Subran

Pour le chef économiste du Groupe Allianz, les taux négatifs sont certes une aubaine pour les particuliers et entreprises qui souhaitent investir, ou même pour les Etats. Des effets négatifs cependant (impact sur les régimes de retraites complémentaires, baisse des bénéfices pour les banques, etc.) et un risque de "Japonisation" de l'économie dans un contexte de croissance ralentie.

Faut-il applaudir à la baisse des taux d'intérêt ou au contraire s'en alerter ? C'est ce sujet, à travers la problématique des taux négatifs, qu'a décrypté Ludocic Subran devant une centaine d'acteurs économiques de la Principauté. Chef-économiste de Euler Hermes et depuis peu du Groupe Allianz, il animait mercredi dernier au  Salon Bellevue du Café de Paris une conférence du Monaco Economic Bord réalisée en partenariat avec Monaco Asset Management et la Jeune Chambre Économique de Monaco. (Photo DR : Ludovic Subran immergé dans ses graphes).

Une situation mondiale en phase de ralentissement

Sa vision du sujet ? L’économiste s’est d’abord penché sur la situation mondiale en phase de ralentissement, s’appuyant sur des indicateurs tels que la production industrielle, le volume des échanges ou encore celui des importations des principales puissances économiques. A l’évidence, ils sont tous à la baisse. Une dégradation qui s’est notamment accentuée au cours de l’été : nouvelles taxes dans le conflit USA/Chine, paroxysme de l’imbroglio Brexit, confirmation du ralentissement généralisé, blocages à Hong Kong, incertitude avec l’entrée des USA en campagne présidentielle, crise politique en Italie, etc.

Face à ces éléments d’incertitude et afin d’éviter la récession dans certains pays, les banques centrales ont mis en place des politiques de relance avec des taux de plus en plus bas, particulièrement en Europe où la croissance est notoirement atone. Une aubaine pour les particuliers et entreprises qui souhaite investir, ou même pour les Etats souhaitant emprunter pour des raisons politiques à peu de frais.

Mais prévient l’économiste, cette politique n’est pas sans conséquences : impact sur les régimes de retraites complémentaires ce qui peut inciter des sociétés d'assurance vie et des fonds de pension à prendre des risques supplémentaires, baisse des bénéfices pour les banques, etc. D’autant que la reprise ne semble pas poindre à l’horizon. Sur ce point, Ludovic Subran ne se montre pas convaincu par la croissance supposée par l’arrivée de la 5G et de l’intelligence artificielle. Une "Japonisation" de l’économie donc, à laquelle l’Europe pourrait devoir s’adapter si les investisseurs commencent à se détourner du continent.

La carte à jouer de Monaco dans ce contexte

Interrogé à la fin de son intervention sur la situation monégasque dans ce contexte, le chef Économiste du Groupe Allianz a livré quelques conseils : diversification maximum des investissements, placements dans l’immobilier et plus globalement dans le long terme. Et grâce à sa maîtrise des produits sophistiqués, Ludovic Subran affirme que la Principauté a une carte à jouer en mettant en avant des produits éthiques, liés à des engagement sociaux et environnementaux.

Désormais chef économiste du Groupe Allianz, leader européen de l'assurance et des services financiers, Ludovic Subran venait ainsi décrypter pour la 7ème année consécutive les grandes tendances de l'économie mondiale devant les adhérents du MEB (Monaco Economic Board). Ses précédentes interventions en Principauté s’étaient jusqu’alors plutôt portées sur des zones géographiques et les enjeux géostratégiques induits, comme l’an dernier avec la Nouvelle Route de la Soie chinoise. Mais cette fois, c'est un sujet plus spécifique à première vue, qu'il a choisi de traiter. Un sujet qui finalement est loin de se limiter au seul secteur financier.


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