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Nice : la présidente de l'université nommée ministre!

C'est une surprise car son nom n'avait pas été avancé dans les "potentiellement ministrables" : Frédérique Vidal, présidente de l'Université Nice Sophia entre dans le nouveau gouvernement d'Edouard Philippe. Elle a été nommée ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche. A la tête de l'université azuréenne depuis 2012, cette scientifique lui a donnée un nouvel essor avec l'obtention du label Idex (Initiative d'Excellence) et la création de l'Université Côte d'Azur rassemblant les différents acteurs de l'enseignement supérieur du territoire.

Christian Estrosi avait formellement démenti vouloir redevenir maire afin de briguer un ministère dans le nouveau gouvernement d'Emmanuel Macron. Il ne figure en tout cas pas dans la liste des dix-huit ministres et quatre secrétaires d’Etat réunis par Edouard Philippe, le premier Ministre et dévoilés aujourd'hui mercredi en fin d'après-midi. En revanche le nom d'une Azuréenne issue de la société civile y figure : Frédérique Vidal. En étant nommée ministre de l'enseignement supérieur, la présidente de l’Université Nice Sophia Antipolis a quelque peu créé la surprise alors que son nom n'avait guère émergé comme pouvant faire partie des "ministrables". Mais pour la Côte d'Azur, cette nomination représente aussi la reconnaissance du nouvel essor que connait son université et sa recherche.

L'obtention du label Idex et la création de l'Université Côte d'Azur

Si elle ne s'est pas engagée dans la vie politique locale, Frédérique Vidal, âgée de 53 ans, mariée, deux enfants, restera comme celle qui a permis à l'Université Sophia Antipolis de connaître une nouvelle dynamique et d'entrer dans la cour des grands en décrochant le précieux label Idex (Initiative d'excellence). C'est le résultat de deux combats essentiels qu'elle a menés tout au long de ses deux mandats successifs de présidente : faire rayonner l'université sur la totalité du territoire de la Côte d’Azur et changer le regard porté sur l'université par les collectivités et le monde socio-économique.

Grâce à sa vision stratégique et à son sens d'anticipation des changements, elle aura ainsi réussi à fédérer l’ensemble des acteurs de l’enseignement supérieur et de la recherche de la côte d’Azur dans une dynamique de réussite. Une nouvelle dynamique qui a conduit à la création d’Université Côte d’Azur (mars 2015) et à l’obtention du label Idex pour son projet UCAJEDI (janvier 2016).

Entrée en 1995 à l'université puis élue présidente en 2012

Son parcours à l’Université Nice Sophia Antipolis ? La nouvelle ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche y est entrée en 1995  comme maître de conférences. Depuis 2004, elle officie comme professeur des Universités en sciences de la vie et enseigne à tous les niveaux de formation. Elle mène aussi  une activité dans le domaine de la recherche qui est concentrée sur la génétique moléculaire. C'est une discipline très expérimentale, avec la mise en place de modèles cellulaires et animaux.

Mais son domaine s'est notablement élargi en mai 2012, quand elle été élue présidente de l’Université Nice Sophia Antipolis, puis réélue en avril 2016. Lors de ses deux mandats, et grâce aux diverses actions menées en faveur des laboratoires, son équipe s'est battue pour le maintien de leurs financements et a accompagné les Directeurs de Laboratoires et d’Instituts dans les recrutements nécessaires à leur rayonnement. En matière d’offre de formation, elle a été attentive à l’équilibre entre la recherche et la formation en intégrant des financements pérennes pour soutenir le fonctionnement des Unités de Formation et de Recherche, l’innovation pédagogique, ou encore améliorer le cadre de vie des étudiants.

Désamorcer la bombe que représente l'augmentation massive du nombre d'étudiants

Dans la biographie qu'elle a diffusée, l'université met en avant son soutien aux initiatives étudiantes, notamment celles s’inscrivant dans le cadre des initiatives sociales et solidaires, qui a accompagné le dynamisme de la vie étudiante universitaire. Afin d’améliorer le lien bac-3 bac+3, Frédérique Vidal a d'autre part modifié le regard porté par les étudiants, leurs familles et leurs formateurs sur l’Université en faisant de ses formations de véritables outils d’insertion professionnelle tant dans le monde académique que dans le monde socio-économique.

Dans ses nouvelles fonctions de ministre, comme le souligne le quotidien "Le Monde", son travail ne sera pas facile. Si l’université ne figure pas à l’agenda des toutes premières réformes du quinquennat Macron, Frédérique Vidal aura à désamorcer dès maintenant une bombe qui risque d'exploser à la prochaine rentrée : celle de l’augmentation massive du nombre d’étudiants qui pourrait obliger le gouvernement à remettre à plat les règles à l’entrée de l’enseignement supérieur. Une question "sensible" que Frédérique Vidal, en tout cas, connait bien.

Frédérique Vidal : une scientifique à la tête du ministère de l'enseignement supérieur

Après une maîtrise de biochimie à l’Université Nice Sophia Antipolis, un Diplôme d’Etudes Approfondies à l'Institut Pasteur (option virologie fondamentale) et un doctorat en sciences de la vie à l'Université Nice Sophia Antipolis, Frédérique Vidal rejoint, en 1995, Université Nice Sophia Antipolis comme maître de conférences. Responsable des stages puis directrice adjointe du magistère de pharmacologie, elle devient professeur en 2004, et occupe la direction du département Sciences de la vie de l'UNS de 2005 à 2008.

Directrice adjointe de la faculté des sciences de 2007 à 2009, elle est élue directrice de la faculté des sciences en 2009. Membre extérieur du conseil scientifique régional de l'Inserm de 1999 à 2003, Frédérique Vidal est membre du jury du master de virologie de l'Université Pierre et Marie Curie-Paris 7-Institut Pasteur depuis 2004. Elle a été coresponsable du projet européen Tempus sur la mise en place du LMD dans les Balkans de 2006 à 2009.

Expert pour l'Aeres depuis 2007, et pour l'UE dans le cadre de l'Université euro-méditerranéenne (Emuni) depuis 2010, elle est membre invité avec voix délibérative de la commission scientifique de la faculté de médecine depuis 2010, et du projet européen Tempus (Isis - établissement porteur : Bordeaux 2 - 2010 à 2013).


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