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Nice-Matin a demandé l'ouverture d'une procédure de sauvegarde

Faute d'avoir obtenu une clarification des intentions de Nethys, son actionnaire actuel qui avait annoncé fin décembre son désengagement, la direction de Nice-Matin a demandé hier au Tribunal de commerce de Nice l'ouverture d'une procédure de sauvegarde. Hier, le même jour, Privinvest Medias rappelait son intérêt pour la reprise du quotidien régional…

Le bras-de-fer est cette fois engagé entre Nice-Matin (Société coopérative d'intérêt collectif des salariés) et son actionnaire Nethys : la direction de la SCIC (Société coopérative d'intérêt collectif) a demandé hier au Tribunal de Commerce de Nice l'ouverture d'une procédure de sauvegarde. "Nethys est un actionnaire absent, il n'y a aucune volonté d'avoir un vrai projet, sans qu'on sache pourquoi et c'est ce qui nous inquiète. La seule solution est de le forcer à négocier avec nous et le futur acquéreur, quel qu'il soit", a expliqué Alexandre Sare, secrétaire du comité d'entreprise, présent au tribunal et dont les propos ont été repris par le site "Offremedia.com".

Et de noter dans la foulée que le groupe Privinvest Medias, qui avait fin janvier fait part de son intérêt pour Nice-Matin, qu'Iskandar Safa, son patron, proposait "la reprise de tous les salariés, la modernisation de l'imprimerie, la diversification dans l'événementiel, l'amélioration de l'édition numérique, à côté de l'édition papier. Il vient pour la presse, la marque et pour faire un projet", ajoutait-il.

Le tribunal doit maintenant statuer sur cette demande et donner une réponse. Elle est attendue au 6 mars. Mais déjà hier, jeudi 28 février, soit dans la même journée, le groupe Privinvest Medias d'Iskandar Safa, seul acquéreur identifié, a rappelé qu'il était toujours intéressé pour la reprise de Nice-Matin par la voix d'Yves de Gaulle un de ses administrateurs. A quelle hauteur ? Dans une édition de fin janvier, Le Figaro laissait entendre que "l'homme d'affaires serait prêt à mettre sur la table un total de 40 millions d'euros, qui couvrirait le rachat de la totalité de Nice-Matin, la reprise des dettes et une enveloppe d'investissement pour le développement du journal".

Et maintenant ? Il faut bien sûr attendre la décision du Tribunal de Commerce qui devrait intervenir la semaine prochaine. Mais si l'ouverture d'un plan de sauvegarde était décidée, Nethys aurait moins de degrés de liberté dans la négociation qu'il avait déclaré avoir engagé avec Privinvest et qu'il tiendrait en parallèle avec un autre investisseur. Un nouvel épisode dans une saga dont Nice-Matin, fragilisé par la crise de la presse, aurait bien aimé se passer.

La SCIC Nice-Matin dans l'attente d'une offre finalisée

Pour rappel, Nethys, groupe industriel belge, était entré dans le capital de Nice-Matin (34%) en 2016, en même temps que dans celui de La Provence à Marseille. Dans le pacte d'actionnaires alors conclu, Nethys devait monter à 51% dans Nice-Matin avant le 31 décembre 2018, puis prendre 100% l'année suivante.

Mais les actionnaires de Nethys ont changé leur stratégie l'an dernier et ont voulu se désengager des médias. Ils ont toutefois attendu les derniers jours de décembre pour faire faux bond. Ils ont alors, après des mois de silence radio, annoncé que finalement ils avaient décidé de se désengager et de trouver un autre actionnaire. Ils avaient alors demandé un moratoire de trois mois pour finaliser.

Fin janvier, l'assemblée générale de la SCIC Nice Matin avait pu alors prendre acte des négociations que Nethys avait engagé avec Privinvest (Valeurs actuelles) pour la reprise, mais avait refusé les trois mois de moratoire, fixant la date butoir au 28 février pour la présentation d'une offre finalisée. C'est faute d'avoir reçu cette offre finalisée, qu'a été engagée la demande d'ouverture d'une procédure de sauvegarde.


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