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Nice-Matin : la procédure de sauvegarde peut-elle s'appliquer?

La procédure de sauvegarde déclenchée le 6 mars par la direction du groupe Nice-Matin peut-elle être maintenue ou non ? Suite au recours déposé par Nethys, le principal actionnaire, c'est une question que devrait trancher aujourd'hui le Tribunal de Commerce de Nice. L'enjeu est important : si la procédure s'applique, Nethys serait obligé de vendre ses parts si un acquéreur se présente. Et il y en a un aujourd'hui : l’homme d’affaires franco-libanais Iskandar Safa, propriétaire de "Valeurs actuelles".

Le grand brouillard dans lequel se trouve plongé Nice-Matin depuis le début de l'année va-t-il être levé aujourd'hui ? C'est ce qui doit se jouer aujourd'hui au Tribunal de Commerce de Nice. Comme le signale le quotidien Le Monde, la justice consulaire aura à décider si la procédure de sauvegarde déclenchée le 6 mars par la direction du quotidien se doit d'être maintenu ou non, malgré le recours formulé par Nethys quelques jours après." L'enjeu ? Il va bien au-delà d'une simple bataille procédurale.

Si le Tribunal décide de maintenir l'option placement en procédure de sauvegarde, cela veut dire que le groupe belge Nethys, principal actionnaire, serait alors obligé de vendre ses parts si un acquéreur se présente. Et en l'occurrence il y en a un qui s'est déclaré : l’homme d’affaires franco-libanais Iskandar Safa, propriétaire de "Valeurs actuelles". Déjà candidat au rachat de Nice-Matin en 2014 avec les groupes Rossel et Marzocco, il avait réaffirmé son intérêt pour Nice-Matin en mars dernier. La porte lui serait alors ouverte.

Dans le cas contraire, si la procédure de sauvegarde est repoussée, le pacte d'actionnaires s'applique et Nethys a le droit de refuser un repreneur qui ne lui conviendrait pas. La situation de flou actuelle pourrait alors se prolonger un temps. Cette nouvelle "crise", rappelons-le, s'est ouverte quand Nethys a refusé le 31 décembre dernier, de devenir actionnaire majoritaire comme le prévoyait le pacte d'actionnaires et de passer de 34% à 51% des parts. Si le groupe industriel belge est bien décider de se désengager de ses participations dans les médias français, ce qui semble bloquer actuellement, c'est le montant du rachat de ses parts.

"Iskandar Safa proposerait un peu plus de 17 millions d’euros à Nethys. Insuffisant selon le belge, qui affirme avoir investi près de 21 millions d’euros dans le quotidien niçois depuis 2016", avance Le Monde. Le recours de Nethys viserait alors à gagner du temps pour faire monter les enchères ou négocier avec un autre repreneur qui ne s'est pas encore officiellement déclaré. La négociation est aussi à replacer dans le contexte des prochaines municipales de Nice, Iskandar Safa étant identifié comme un soutien au député LR Eric Ciotti, rival potentiel de Christian Estrosi, l'actuel maire de Nice et candidat à sa réélection.


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