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Nice Smart Valley : sur les pistes du nouveau modèle électrique

Où en est , le grand projet smart grid de l'Europe que la Métropole a décroché en 2017 dans le cadre d'Interflex ? Aujourd'hui dans sa 3ème et dernière année, il est entré dans la phase d'expérimentations grandeur nature des cas d’usage qui avaient été définis dans le projet : la flexibilité et le stockage d'électricité, l'îlotage par batterie avec le test mené sur l'île Sainte-Marguerite.

Où en est Nice Smart Valley, le projet smart grid de l'Europe que la Métropole a décroché en 2017 dans le cadre d'Interflex, le plus grand programme de recherche et d’innovation Horizon 2020? Aujourd'hui dans sa 3ème année d’existence, il est entré dans la phase d'expérimentation grandeur nature des cas d’usage définis dans le projet (flexibilités/stockage, îlotage/stockage). C'est ce qui ressort du point presse récemment donné dans le showroom de Nice Smart Valley au 400 promenade des Anglais à Nice. (Photo DR : dans le showroom de Nice Smart Valley avec les responsables d'Enedis, d'ENGIE, de Socomec et d'EDF).

Un gros travail sur la "flexibilité"

Pour rappel, sept communes des Alpes-Maritimes se trouvent au cœur des expérimentations (certains quartiers de Nice, St-Jeannet et La Gaude, Cannes et les Iles de Lérins, Guillaumes, Carros, et Isola) pour offrir des configurations géographiques différentes, en montagne, sur le littoral et dans la zone industrielle de Carros. L'objectif est l’industrialisation de "solutions innovantes sur le réseau d’électricité, en France, mais aussi en Europe, pour accueillir les énergies renouvelables décentralisées et les nouveaux usages de l’électricité, comme par exemple les véhicules électriques, susceptibles d’engendrer des contraintes sur les infrastructures de réseaux de distribution". En raccourci, inventer le réseau électrique de demain.

Le consortium Nice Smart Valley, coordonné par Enedis, a travaillé ainsi sur la "flexibilité" (modulation en temps réel, à la hausse ou à la baisse, de la puissance soutirée ou injectée sur le réseau par un utilisateur raccordé à ce réseau). Ainsi depuis l’automne 2018, plus de 200 clients particuliers et une dizaine d’entreprises recrutés par EDF se sont engagées à changer leurs habitudes de consommation. En périodes de pointe de consommation ou lorsque le réseau est peu chargé en consommation, les "clients expérimentateurs" sont incités à modifier leur comportement.

Cogénération, utilisation des batteries des véhicules électriques....

Une expérimentation réalisée également par ENGIE via un système de pilotage distant pour garantir le confort des clients à tout instant tandis que GRDF a testé la flexibilité hybrides gaz / électricité en recrutant 10 clients particuliers, volontaires pour l’installation d’une chaudière hybride gaz/électricité à leur domicile. Autre exemple : une unité de cogénération qui a été installée fin janvier sur le site "Horizon" de Schneider Electric à Carros pour soutenir le réseau électrique en période de contrainte. Technologie réactive, la cogénération produit de l’électricité qu’elle injecte directement sur le réseau. Le système a été inauguré fin mars.

En parallèle, EDF étudie l’utilisation de la batterie du véhicule électrique comme une source de stockage et d’alimentation du bâtiment d’un client entreprise. C’est le système "Vehicle To Home". D'autre part pour gérer les flexibilités, Enedis a développé un portail numérique : e-flex. Il permet d’enregistrer les clients ayant contractualisé avec les agrégateurs EDF et ENGIE, et de gérer l’offre et la demande de flexibilité ainsi que le contrôle des effets réels sur le réseau.

Ilôtage sur les îles de Lérins : remplacer les groupes électrogènes polluants par un stockage en batteries

L'autre grande opération en cours tient dans le test d’îlotage sur les îles de Lérins. Iloter une portion de réseau de distribution électrique signifie le séparer momentanément – par exemple en raison d’une panne - du réseau de distribution public d’électricité tout en maintenant, pour les clients, l’électricité grâce à des générateurs d’électricité. Ces générateurs étaient jusqu’à présent des groupes électrogènes qui, fonctionnant au fuel, sont polluants. La volonté d’Enedis est d’utiliser des batteries en lieu et place des groupes électrogènes.

Un premier essai d’îlotage des îles de Lérins, sans interruption de service pour les clients, a eu lieu le 13 mars dernier avec Socomec et ses solutions expertes de stockage d’énergie. Avec succès. Dans la mesure où les batteries peuvent se développer sur le réseau dans les années à venir, elles représentent une source propre d’électricité et peuvent être utiles pour secourir le réseau. Une seconde batterie appartenant à ENGIE doit être installée en avril pour renforcer la capacité d’îlotage des îles, grâce à une communication sans fil, également conçue par Socomec avec la batterie d’Enedis déjà installée.

D'une durée de trois ans (2017-2019), le projet se poursuivra jusqu'à la fin de cette année. L'occasion de poursuivre l'exploration des pistes de la transition énergétique et du modèle électrique des années à venir sous le choc des contraintes nouvelles (la voiture électrique notamment) et de la montée en puissance des énergies renouvelables.

Photo DR : réalité virtuelle au service des visiteurs dans le showroom de Nice Smart Valley.


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