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Observatoire SKEMA féminisation des entreprises : les surprises 2019

Quand les entreprises du CAC40 s'expatrient pour éviter les quotas de femmes dans les conseils d'administration. Les évadés sociaux de la féminisation, c'est l'une des surprises de l'édition 2019 de l'étude de l'Observatoire SKEMA de la Féminisation des entreprises. Flash sur les principaux enseignements de cette étude.

Où en est la féminisation des grandes entreprises ? Une réponse à cette question est apportée par l'édition 2019 de l'Etude de l'Observatoire SKEMA de la Féminisation des entreprises. Depuis 2007, à l'initiative de son fondateur, le professeur Michel Ferrary (SKEMA Business School et Université de Genève), cet observatoire se charge d'analyser l'évolution du pourcentage de femmes dans les conseils d'administration, les comités exécutifs, l'encadrement et les effectifs des 60 plus grandes entreprises privées françaises (CAC40 + CAC Next 20).

Publiée à l'approche de la Journée de la Femme du 8 mars, l'étude 2019 fait le point. Elle révèle notamment que 15% des grands groupes du Cac40 préfèrent s'expatrier pour éviter les quotas de femmes dans les CA alors que pourtant le Femina Index surperforme le Cac40, les grandes entreprises les plus féminisées ayant les meilleurs résultats. Voici ce que l'on peut retenir de cette étude.

L'ascenseur législatif : L'étude souligne les effets positifs de la loi Copé-Zimmermann sur la féminisation des conseils d'administration. Au 1er janvier 2018, la quasi-totalité des entreprises du CAC40 domiciliées en France avaient en effet atteint le quota de 40% de femmes dans leur conseil d'administration.

Les évadés sociaux sont les groupes (15%) qui s'expatrient pour éviter le quota de 40% de femmes dans le conseil d'administration imposé par la loi Copé-Zimmermann : les 6 entreprises qui sont les plus éloignées du quota de 40% sont toutes juridiquement domiciliées dans des pays étrangers non-soumis à des quotas ou à des quotas plus faibles. On retrouve LafargeHolcim : 8,33% de femmes administrateurs (Suisse), Airbus : 16,67% (Pays-Bas), TechnipFMC : 21,43% (Royaume-Uni), Gemalto : 27,27% (Pays-Bas), ArcelorMittal : 33,33% (Luxembourg) et STMicroelectronics: 33,33% (Suisse).

L'irréductible plafond de verre pour accéder aux comités exécutifs : les femmes ne représentent que 13.69% des comités exécutifs alors qu'elles représentent 32.33% de la population cadres, vivier traditionnel de recrutement des dirigeants. La stabilité de cette faible représentation au cours des années milite pour l'instauration de quotas de femmes dans les comités exécutifs estime Michel Ferrary.

Un index d'inégalité met en évidence les entreprises qui discriminent le plus les femmes en matière de promotion professionnelle et pointe le plafond de verre qui sépare la population cadre (le vivier de dirigeants) et le pourcentage de femmes au comité exécutif. Avec 3 femmes parmi les 7 membres de son comité exécutif et 49% de femmes parmi ses cadres, Danone remporte le prix orange de la promotion professionnelle. A contrario, avec une seule femme sur 10 membres dans son comité exécutif et pourtant 65% de femmes parmi ses cadres, LVMH remporte le prix citron du plafond de verre.

La bipolarisation sexuelle des grandes entreprises : il y a une rupture de plus en plus marquée entre les entreprises très féminisées (pourcentage élevé de femmes dans les effectifs et l'encadrement) et les entreprises peu féminisées (pourcentage faible de femmes dans les effectifs et dans l'encadrement). Parmi les masculines : Pernod-Ricard, Airbus, Thales, Faurecia, Bouygues, Eiffage...Parmi les féminines : Edenred, Accor, Sanofi, Vivendi, Carrefour...

Le Femina Index surperforme le CAC40 : un portefeuille composé d'actions d'entreprises dont l'encadrement est féminisé à plus de 40% surperforme le CAC40 sur moyen terme (2013-2019) et sur long terme (2009-2019)


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