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Parfum : le Pays de Grasse inscrit au patrimoine de l'humanité !

Une journée historique pour le Pays de Grasse : berceau de la parfumerie, il a obtenu aujourd'hui mercredi, l'inscription de ses savoir-faire liés au parfum au patrimoine culturel immatériel de l'Humanité. Une reconnaissance mondiale qui devrait aider Grasse à relancer ses grands champs de fleurs et à pousser encore un peu plus vers le haut son industrie de la parfumerie.

C'est fait ! C'est gagné ! Le Pays de Grasse, berceau de la parfumerie mondiale a obtenu aujourd'hui mercredi 28 novembre, l'inscription de ses savoir-faire liés au parfum au patrimoine culturel immatériel de l'Humanité. L'inscription a été actée lors de la réunion du comité ad hoc de l'Unesco à Port-Louis, capitale de l'île Maurice. C'est l'aboutissement d'un projet d'inscription engagé à fond en 2013 et mené avec ténacité par tous les acteurs locaux de la chaîne du parfum. (Photo WebTimeMedias : la cueillette de la tubéreuse pour Chanel, dans les champs du groupe Mul à Pégomas).

Savoirs d'excellence et parfums d'exception

"C'est une grande réaction de bonheur après tant d'années de travail et de procédures", a déclaré à l'AFP le sénateur Jean-Pierre Leleux (LR) et  Président de l’Association Patrimoine Vivant du Pays de Grasse, qui s'était déplacé à Maurice pour l'occasion. Alors maire de Grasse, il avait été au départ du projet qui avait été porté ensuite par Jérôme Viaud, le maire actuel. Dans un communiqué, le président du Département Charles-Ange Ginesy a salué une "récompense qui fait la fierté de notre département" et a félicité ceux qui "conjuguent authenticité et modernité pour offrir le meilleur aux consommateurs, et pérennisent, depuis des siècles, ce savoir d’excellence".

"Le pôle parfum de Grasse, qui abrite déjà la création des futures fragrances de grandes maisons comme Louis Vuitton et Dior, contribue depuis des années au succès des parfums de la maison Chanel dont le célèbre N°5, voit ainsi confortée sa réputation mondiale d’excellence dans le secteur de la parfumerie", a souligné Charles-Ange Ginésy. "Cette récompense met ainsi à l’honneur les horticulteurs qui cultivent dans le pays grassois le jasmin, les roses, l’iris et toutes ces plantes à parfum, mais aussi tous ceux qui collaborent à la chaine des savoirs, de la cueillette à la production de parfums d’exception. Tous participent à la renommée mondiale de la parfumerie française et détiennent un savoir-faire unique."

Quant à David Lisnard, président du CRT Côte d'Azur et maire de Cannes, il a adressé ses félicitations à l'ancien et à l'actuel maire de Grasse en souhaitant à l'occasion le même succès aux trois autres candidats azuréens en lice pour l'inscription : "Les Alpes de la Méditerranée", "Nice, Ville Riviera" et "Cannes, les Iles de Lérins".  

"Le retour en Grasse" du parfum

Cette inscription devrait accélérer ce que certains ont appelé le "retour en Grasse" du parfum. De nombreux signes se conjuguent en ce sens depuis trois ou quatre ans. On relèvera notamment le pari fait par de grandes maisons de couture sur le Pays de Grasse : Chanel dans ses approvisionnements en jasmin, centifolia (rose de mai), tubéreuse pour ses parfums les plus prestigieux, l'inauguration par la maison Christian Dior du château de la Colle Noire à l'entrée du Pays de Fayence, l'ouverture du domaine des Fontaines Parfumées, propriété de LVMH à l'orée de la vieille ville de Grasse.

Ce sont aussi de nouvelles écoles liées au parfum qui s'ouvrent, le numéro 1 mondial de la parfumerie, le suisse Givaudan, qui reprend pied par le rachat d'Expression Parfumées, des champs de fleurs qui renaissent comme celui du Domaine de La Colle Blanche (jasmin) à Plascassier, la création de nouvelles associations comme Grasse ExpertiseTM, la nouvelle marque de la parfumerie grassoise. Mais ce qui devrait permettre une renaissance des grands champs de fleurs qui avaient fait la renommée de la ville et qui s'étaient singulièrement rétrécis sous la pression foncière, c'est le nouveau PLU, voté le 6 novembre dernier.

Ce document d'urbanisme entérine ce que le maire, Jérôme Viaud, également président de la Communauté d'Agglomération du Pays de Vence avait promis : reconvertir en terres agricoles des terrains constructibles pour restituer des terres aux cultures de plantes à parfum et faciliter l'installation de jeunes agriculteurs. Le nouveau PLU a ainsi reclassé 21 % du territoire de la commune en surfaces agricoles (contre 4 % auparavant). Les terres agricoles font un bond spectaculaire : elles passent de 178 à 928 hectares, dont 70 hectares sanctuarisés pour les plantes à parfum dans les quartiers de Saint-Marc et Saint-Mathieu. De quoi honorer l'inscription au patrimoine de l'humanité.


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