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Patron de l'AS Monaco, Dmitri Rybolovlev sous contrôle judiciaire

Suite à une affaire d'escroquerie présumée qui l'oppose à son marchand d'art suisse, Dmitri Rybolovlev a passé la journée d'hier en garde à vue. Ressorti libre ce matin, il a été inculpé et reste placé sous contrôle judiciaire. Une situation qui fragilise par contre-coup une équipe monégasque déjà mal en point. Le quotidien L'Equipe va même jusqu'à poser la question : Dmitri Rybolovlev contraint de vendre l'AS Monaco dans les prochains mois ?

Un bien mauvais mardi, hier, pour l'AS Monaco. Non seulement l'équipe s'est faite étriller en soirée au stade Louis II par Bruges pour la Ligue des Champions (du 4-0 !), mais son président, le milliardaire russe Dmitri Rybolovlev s'est retrouvé très fragilisé. Déjà ciblé par les Football Leaks au sujet du transfert de Kylian Mbappé au PSG, il a passé la journée d'hier en garde à vue dans les bureaux de la police judiciaire monégasque suite à une affaire qui l’oppose depuis plus d'un an à Yves Bouvier, un marchand d’art suisse. Et si le patron de l'AS Monaco a été remis en liberté ce mercredi matin après les 24 heures de garde à vue, il n'en a pas moins été inculpé par le juge d’instruction Edouard Levrault et reste placé sous contrôle judiciaire.

Les chefs d'inculpation précis visant Dmitri Rybolovlev n'ont pas été précisés pour l'instant. Mais, dans le cadre d'une information judiciaire ouverte le 25 septembre 2017 par le parquet général de Monaco, il est soupçonné de "corruption", "trafic d'influence actif et passif" et complicité de ces délits. Dans cette même affaire, trois autres personnes qui avaient également été placées en garde à vue hier, ont été inculpées : son avocate Tetiana Bersheda (celle dont le téléphone avait "parlé"), ainsi que le fils et l'épouse de l'ex-garde des Sceaux de Monaco Philippe Narmino. D'autres opérations de police continuaient d'être menées aujourd'hui mercredi, notamment des perquisitions à Monaco et à Nice.

A l'origine, se trouve une plainte de Dmitri Ryboloblev contre son marchand d'art, Yves Bouvier qu'il accuse d'avoir pris des marges exorbitantes lors d'achats de tableaux de maîtres, le tout pour un préjudice qui serait de l'ordre d'un milliard d'euros. Mais au fil de l'enquête, le dossier a pris une autre direction et s'est orienté vers un "Monacogate". Il s'est révélé en effet que le milliardaire russe avait bénéficié d’un traitement de faveur de la part de personnes haut placées de la justice monégasque en compensation de certaines libéralités. Philippe Narmino, ministre de la justice, s'était alors retrouvé en garde à vue, en septembre 2017, puis forcé de démissionner.

C'est cette affaire qui connait aujourd'hui une nouvelle accélération et qui, par ricochet, menace l'AS Monaco. La mise en cause de son président risque de fragiliser de manière très concrète l’ensemble d'un projet monégasque déjà mal en point (19ème de L1 et des matches perdus en cascade). Le quotidien L'Equipe va même jusqu'à poser la question : Dmitri Rybolovlev sera-t-il contraint de vendre l'AS Monaco dans les prochains mois ?


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