ShareThis

Philippe Mascarelli : la 3D au secours de la perle

La société monégasque Misaki a rajeuni l'image des bijoux de perles aidée en cela par les nouvelles technologies et les talents créatifs de son designer. Portrait d'un imaginatif débridé.



Lorsque en 1999 Philippe Mascarelli est engagé par Erick Van de Fonteyn, le patron de la société monégasque Misaki, il a pour mission de 'lifter' les collections de la société et d'amener les jeunes branchés à porter des bijoux en perles jusqu'alors réservés à une clientèle plus classique. Mission dont il s'acquitte avec brio. La marque aujourd'hui rencontre un vif succès: elle est vendue dans 300 boutiques de par le monde et proposée sur les vols de cent cinquante compagnies aériennes...

Designer malgré lui

Pourtant,Philippe Mascarelli n'a rien du joaillier traditionnel. Son univers à lui, c'est la pub et le design. Mais ses talents de créatif l'ont amené un peu malgré lui à devenir 'joaillier designer'. Conjointement à une maîtrise en biochimie et à un 3ème cycle en gestion des entreprises,le jeune homme qui envisage à ce moment là de s'orienter vers le monde de l'entreprise acquiert en autodidacte de solides compétences en arts graphiques.

'Je ne pensais pas à ce moment précis effectuer une quelconque carrière dans le domaine artistique. Disons que je me suis toujours passionné pour tout ce qui touchait à l'art.Même en suivant une filière dite traditionnelle je n'ai jamais cessé pratiquer le dessin et à la peinture et je me suis initié tout seul à la PAO.'.

Philippe Mascarelli commence pourtant sa carrière professionnelle dans l'une des plus grosses agence de pub niçoise : ' L'agence Ramel. J'y ai passé dix ans. Passionné par les nouvelles technologies, j'ai mis en place un studio de création. Nous étions alors aux balbutiements de la PAO et Ramel publiait elle-même toutes ses brochures. Avec le temps,j'ai réussi à imposer Internet.'

En 1999, Philippe Mascarelli qui selon ses propre termes 'souhaite changer d'air'quitte Ramel pour /www.misaki.com">Misakiqui vient de s'implanter au Gildo Pastor Center, dans le quartier de Fontvieille en Principauté de Monaco.

Dépoussiérer la joaillerie

La société a fait de la perle son cheval de bataille. Elle veut amener les jeunes à s'y intéresser. Un pari ambitieux, puique l'image de la perle traîne derrière elle une forte connotation de désuet. Pour ne rien arranger,les bijoux en perles ont souvent un prix élévé. Aussi,les jeunes se tournent vers d'autres gemmes.

D'où la stratégie mise en place par Misaki qui a cherché à la fois à jouer sur le design de ses modèles et sur leur prix. Une nouvelle technique a été inventée : celle de 'la perle de reconstitution'. A partir d'un noyau, on effectue un enrobage en nacre. Le procédé est artisanal mais a l'avantage de la rapidité par rapport à une perle de culture qui prend des mois à se constituer. Par conséquent le coût est moindre : 'il faut savoir qu'une montre en perle coûte chez Misaki 2.000 francs contre 8.000 à 10.000 francs chez un joaillier traditionnel.'

Philippe Mascarelli, qui a reçu pour mission de créer une nouvelle ligne de bijoux se met à hanter les salons de mode internationaux, histoire de s'imprégner des nouvelles tendances. 'L'Europe dicte la mode. La tendance est aux formes épurées et design. On va vers un minimalisme tout en conservant une certaine 'émotion latine'. J'ai donc construit ma collection 2000 à partir de l'esprit design '.

Nullement complexé par son absence de connaissances en bijouterie, il propose des formes audacieuses 'qu'un joaillier n'oserait même pas concevoir', n'hésitant pas à marier la perle au plexiglass ou aux émaux droit sortis des ateliers de Murano.

Revisiter les techniques de création

Ce vent d'innovation ne touche pas uniquement les bijoux, mais également les techniques de création qui ont été revisitées par l'ordinateur. La stéréolithographie ou la création de bijoux en 3D lui 'permet de visualiser l'objet créé sur toutes ses faces. Mieux encore : grâce aux logiciels Amapiet Ray Dream Designer, le bijou conçu peut sortir immédiatement en prototype. Cela est pleinement réalisable, car nous possédons une imprimante spéciale qui fait sortir à la demande une 'maquette du bijou' en pâte de résine.'

L'autre innovation concerne la manière de travailler. 'Via le Net,nous testons nos projets de bijoux qui sont agréés ou refusés par le public, ce qui nous permet d'engager ou non la production. Signe des temps, nous créons en permanence, car nous voulons coller au plus près à l'évolution de la mode'.

Inlassable, Philippe Mascarelli n'en reste pas là. Il s'est attelé à une tâche supplémentaire. Misaki veut maintenant ouvrir des boutiques à son enseigne dans les grandes capitales de la planète. Et c'est Philippe qui a été chargé tout naturellement d'en concevoir le design et l'agencement. Nouveau challenge pour cet imaginatif débridé...


Crédits Indigen
- Copyrights WebTimeMedias 2011