Régionales PACA : le choc FN confirmé au 1er tour!

Posté lun 07/12/2015 - 09:45
Par admin

Les sondages avaient donné la couleur, révélant une poussée de fièvre FN suite aux attentats de Paris. Le scrutin d'hier les a confirmés : 40,55% Marion Maréchal-Le Pen (FN), 26,48% union des droites de Christian Estrosi et 16,59% Christophe Castaner (PS-PRG-MRG), avec une participation de 51,94%. Annoncé hier soir, le "douloureux" retrait de la liste Castaner, laisse toutefois le jeu ouvert pour le second tour avec un duel Marion Maréchal-Le Pen/Christian Estrosi.

Un choc certes, que ces résultats du premier tour des Régionales PACA. Avec 40,55% pour Marion Maréchal-Le Pen, la liste Front National culmine en Région Provence Côte d'Azur, bien au-dessus des 26,48% de l'union des droites de Christian Estrosi et des 16,59% de la liste PS-PRG-MRC de Christophe Castaner, le tout sur une participation de 51,94%. Un rude choc, évidemment. Mais pas vraiment une surprise. Plutôt une confirmation des sondages avec une poussée FN qui s'était renforcée après le drame des attentats du vendredi 13 novembre à Paris. Ainsi, le premier sondage "post-attentats" BVA, réalisé une semaine après le drame parisien, mettait le FN à 40% (30% pour la droite classique et 16% pour la gauche) et le second, publié le 29 novembre à 42% (28% Christian Estrosi et 16% Christophe Castaner).

Un écart de 14 points entre Marion Maréchal-Le Pen et Christian Estrosi

 

Si l'on compare les chiffres de ces sondages à ceux du scrutin, on s'aperçoit qu'ils n'étaient pas très loin de la réalité avec un écart de 14 points entre l'extrême droite et la droite classique. Le même que celui donné par le scrutin d'hier. Aussi, la question qui se pose ce matin est simple : la Région PACA et ses 5 millions d'habitants deviendra-t-elle dimanche prochain la première ou l'une des premières régions françaises à passer dans les mains du FN? Ce n'est plus là une simple hypothèse. C'est une sérieuse éventualité.

Hier soir, peu après les premières estimations, il était possible de croire l'affaire totalement pliée : Christophe Castaner, dans un premier mouvement, déclarait vouloir se maintenir, tandis qu'à droite, Christian Estrosi, tout comme au niveau national Nicolas Sarkozi, répétaient qu'il n'était question ni de retrait de liste, ni de fusion. Pour la droite classique, vu l'écart de 14 points, la triangulaire pouvait être considérée comme perdue d'avance en PACA.

Le retrait "douloureux" de Christophe Castaner

Mais peu après, vers 22 heures, le bureau national du PS votait à l'unanimité pour le retrait de ses listes en PACA et dans le Nord Pas de Calais, là où le danger d'un basculement de la région semblait le plus évident. La mort dans l'âme, Christophe Castaner annonçait peu après qu'il s'exécutait et retirait sa liste, privant le PS d'élus régionaux pendant au moins six ans, alors que le parti avait été avec Michel Vauzelle aux commandes de la Région pendant dix-huit ans. Ce retrait du PS redonne de l'air et donc de l'espoir à Christian Estrosi pour le second tour.

Rien n'est cependant joué pour autant. Sur le papier, il est toujours possible d'ajouter les scores du 6 décembre (26,5 + 16,5 qui feraient 43 et même en allant au-delà, les 10% des deux listes écologistes…). En matière d'élection, la simple mathématique ne s'applique toutefois pas entièrement. Cette semaine, il s'agira de convaincre dur et de bien marquer les différences entre la droite classique et le Front National, pour éviter que les déperditions de voix ne soient pas trop fortes et que de trop nombreux électeurs de gauche ne choisissent pas de rester chez eux, faute d'avoir encore des candidats en lice.

Les enseignements du premier tour

Quelques enseignements du scrutin d'hier sont aussi à regarder. D'abord ce recul par rapport aux dernières élections départementales, recul qu'on observe en PACA comme d'ailleurs partout en France. Les Républicains et leurs alliés UDI ont perdu 9 points en PACA par rapport aux élections de mars dernier (26,5% le 6 décembre contre 35,8% en mars dernier). Pour le magazine Le Point, ces chutes spectaculaires depuis les Départementales de mars dernier, s'expliquent par un FN qui "siphonne" les voix de la droite classique.

Ensuite, les résultats de la liste Estrosi dans les six départements sont observés avec attention. Dans les Alpes-Maritimes, c'est le seul département où le président de la Métropole Nice Côte d'Azur arrive en tête, mais vraiment d'un cheveu (33 voix de plus avec 37,92% contre 37,89% pour la députée du Vaucluse). Dans les Bouches-du-Rhône, où il a le "handicap" d'être Niçois (effet de la "concurrence" entre les deux métropoles de la Région PACA), Christian Estrosi est largement devancé par Marion Maréchal-Le Pen (22,63% contre 39,86% soit un peu plus de 17 points d'écart). Ne parlons pas du Vaucluse, où avec 17,94% il arrive troisième derrière la députée de ce département (44,22%) et Christophe Castaner (18,26%). Mauvaise surprise aussi dans le Var où l'écart est creusé (44,22% FN et 27,58% droite classique). Ce sont là autant de chiffres désormais bien concrets sur lesquels s'appuiera la campagne (courte) pour le second tour. 

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