Reprise Nice-Matin : un tour de piste supplémentaire pour les trois candidats restants

Posté mar 14/10/2014 - 07:00
Par admin

Deux faits marquants hier, à l'issue du grand oral des candidats à la reprise du groupe de presse devant le Tribunal de Commerce de Nice: le désistement de l'un des candidats (Paris-Normandie) et la programmation d'une nouvelle audience le 23 octobre, le tribunal ayant estimé que les trois offres restantes n'étaient pas encore suffisamment finalisées.

Reprise Nice-Matin : un tour de piste supplémentaire pour les trois candidats restants

 

Actualisé à 8h30/ Pour les candidats à la reprise du groupe Nice-Matin en redressement judiciaire depuis le 26 mai, c'était hier lundi, une nouvelle journée de grand oral. Mais cette fois devant le Tribunal de Commerce de Nice. Elle a débouché sur deux faits marquants. Le premier : il n'y a plus désormais que trois candidats en piste. Xavier Ellie s'est retiré. Il a décidé ainsi de ne pas défendre à la barre l'offre qu'il avait déposée au titre de Paris-Normandie et s'est déclaré en faveur de l'offre des salariés de Nice-Matin. Le second : le tribunal a programmé une nouvelle audience le 23 octobre, estimant qu'aucune des trois offres restantes n'était encore parfaitement finalisée. Ce qui retardera d'autant l'annonce de son choix (celui-ci avait été initialement prévu pour le 21 octobre soit 8 jours après l'audience).

Bernard Tapie racheterait Corse-Matin pour 4 M€ et prêterait 4 M€ supplémentaires à la SCIC

Au fil des semaines ainsi, le nombre de candidats à la reprise a fondu. Ils ne sont plus que trois après le premier retrait de Clepsydre (groupe Azur Santé Retraite), puis celui de La Provence avec Bernard Tapie (ce dernier n'est plus dans la course qu'à travers la SCIC, la Société Coopérative d'Intérêt Collectif des salariés à laquelle il propose d'apporter 8 M€ à travers, entre autres, le rachat de 50% des parts de Corse-Matin), puis celui annoncé hier de Paris-Normandie.

A noter qu'en fait, Bernard Tapie ne rachète pas Corse Presse pour 8 millions d'euros, mais pour 4 millions ; les autres quatre millions sont purement et simplement un apport sous forme de prêt (Tapie est la banque !) avec garantie sur l’immobilier de Nice-Matin (les agences de Monaco, Cannes et Hyères, notamment) à l’exclusion du siège. C’est important de le souligner, car Corse-Matin n’empoche pas 8 comme celà avait pu apparaître au départ, mais 4 millions. Pour eux la différence est de taille.

Reste donc en course maintenant, celui qui était donné comme grand favori au départ : le consortium Nice-Matin-Avenir (Rossel-Marzocco-Safa). Mais même si le nombre de licenciements initial (456) a été revu successivement à la baisse (le dernier chiffre serait de 376 soit 37% des effectifs actuels de 1.100 personnes), la casse sociale reste lourde. Dans l'avis qu'il a donné au tribunal, le Comité d'entreprise, s'il reconnait le professionnalisme du trio, enfonce le clou sur "une lourde purge sociale opportuniste".

"Sans l'adhésion des équipes", Rossel pourrait retirer son offre

Dans le challenge qui s'est engagé avec le projet de salariés, le consortium laisse maintenant planer une menace : celle de retirer son offre ce qui risquerait de conduire à la liquidation. C'est ce qui est écrit dans une lettre ouverte faussement intitulée "Lettre ouverte à tous les salariés" (elle a été envoyée uniquement chez quelques personnes ciblées mais l’immense majorité des salariés n’était pas informée du courrier). "Si nous sommes très volontaristes, nous n’en sommes pas pour autant jusqu’au-boutistes", est-il ainsi noté. "Nous ne souhaitons pas imposer notre projet contre la volonté d’une majorité du personnel. Sans l’adhésion des équipes, nous risquons d’être amenés à retirer notre offre". Pour mémoire, le groupe Rossel l'avait déjà fait en 2012, quand il envisageait d'acquérir le groupe qui avait alors fini dans les mains du duo GHM-Bernard Tapie.

Le projet de SCIC des salariés en challenger

Ce trio est désormais concurrencé par la SCIC des salariés. Son projet est le "mieux-disant" social : 159 départs "volontaires", tout en rappelant que 130 autres salariés partiront "naturellement" dans les quatre ans. Mais il a eu beaucoup de mal à réunir les financements nécessaires et une partie des crédits et aides accordés attendent encore confirmation. Il lui faut aussi régler la question corse, les salariés de Corse-Matin ayant vivement réagi à la vente programmée à Bernard Tapie des 50% de parts que Nice-Matin détient.

Troisième candidat encore en lice : Georges Ghosn, ancien propriétaire de France-Soir et de La Tribune avec un projet différent de transformation de Nice-Matin en média national ouvert sur l'international. Son offre est assortie de 239 départs et d'une vente de certains actifs (quatre agences dont Nice-Matin est propriétaire). Autant de propositions qui peuvent encore être "bonifiées" d'ici la semaine prochaine pour la nouvelle audience.

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