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Restrictions budgétaires : la LGV Marseille-Nice à la trappe?

Ministre délégué au Budget, Jérôme Cahuzac estime que pour réduire le déficit public, certains projets de LGV devraient être abandonnés. Notamment ceux qui n'auraient pas encore de début de financement. Sont plus particulièrement menacées les lignes Marseille-Nice, Lyon-Turin, Paris-Orléans-Clermont-Lyon (POCL).

Ce n'est pas la première fois qu'un point d'interrogation est posé sur la réalisation du projet de LGV PACA. Mais cette fois les échos se font d'autant plus insistants que les réalités budgétaires incitent le nouveau gouvernement qui s'est installé à revisiter les grands dossiers d'aménagements dont ceux des lignes à grande vitesse.

Ainsi Jérôme Cahuzac, ministre délégué au Budget, a donné le ton hier mercredi sur France 2. Il a notamment déclaré que pour réduire le déficit public, il faudrait "élaguer" dans les projets prévus et plus particulièrement dans ceux qui auraient été annoncés sans avoir le début du commencement du moindre financement.

A l'heure actuelle, seules quatre nouvelles lignes sont financées et peuvent être assurées d'être réalisées : il s'agit de la phase 2 du TGV-Est entre Metz et Strasbourg, des lignes Le Mans-Rennes, Tours-Bordeaux et du contournement Nîmes-Montpellier. Mais l'incertitude s'est renforcée sur les LGV Marseille Nice, Lyon-Turin, Paris-Orléans-Clermont-Lyon (POCL), et sur les deux prolongements après Bordeaux vers Toulouse et Hendaye. En décembre dernier, déjà, le préfet de Région PACA, Hugues Parant avait demandé à ce que RFF (Réseau Ferré de France) revoit sa copie pour juillet 2012 et remanie un projet qui ne s'appellerait plus LGV PACA mais mettrait en avant les transports de proximité que réclament les populations plutôt que la grande vitesse. Cette fois, c'est le projet au complet qui risque de passer à la trappe. Un sacré revers pour la Côte d'Azur si cela se confirmait.

Eric Ciotti fait part de ses inquiétudes au Premier ministre

Eric Ciotti, président du Conseil général des Alpes-Maritimes n'a pas attendu. Il a réagi immédiatement et a fait part de ses inquiétudes au Premier Ministre dans une lettre. "J’ai pris connaissance avec inquiétude que le gouvernement envisageait l’abandon de plusieurs projets de Ligne ferroviaire à Grande Vitesse dont celui entre Marseille et Nice. Cette décision, si elle était confirmée, constituerait un coup d’arrêt inacceptable pour un projet que nous attendons depuis des années", écrit Eric Ciotti.

"Le gouvernement de François Fillon avait permis une avancée importante en inscrivant cette ligne au Schéma National des Infrastructures de Transports et nous avions travaillé aux différents tracés possibles.Une convention, signée en 2010 entre l’État et les collectivités, prévoit la réalisation des études préalables, qui sont en cours, et plusieurs dizaines de millions d’euros ont déjà été engagés.

Un tel dossier, indispensable au développement économique et à l’aménagement du territoire, ne peut être ainsi géré à la légère. Aussi, je demande instamment au Premier Ministre d’indiquer clairement la position que le gouvernement entend prendre dans ce dossier."


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