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Sophia : après Galderma, le site de Dow menacé de disparaître

Suite à sa fusion avec Dupont, l'entreprise de chimie américaine Dow envisage d'ici la fin 2018 la fermeture de son site installé depuis 42 ans à Sophia Antipolis. Les 130 salariés seraient invités à rejoindre les autres sites du groupe, en France, en Suisse ou dans d'autres pays européens. Après l'annonce de la fermeture de Galderma-Nestlé (550 postes supprimés) une seconde mauvaise nouvelle pour la technopole.

Un Noël 2017 douloureux à Sophia Antipolis pour les 130 salariés de Dow, l'un des grands de l'industrie chimique. Après les 550 salariés de Galderma, ils ont appris que le site de leur entreprise, installé depuis 42 ans sur la partie Valbonne de la technopole, était sérieusement menacé de disparaître avant la fin de l'année prochaine. La menace est venue en novembre dernier. Suite à la fusion de Dow avec DuPont pour créer la plus grosse entreprise mondiale de chimie, un projet de restructuration du groupe américain a été lancé avec à la clé une réduction des coûts de 3 milliards de dollars. Il prévoit notamment une séparation de la nouvelle entité DowDuPont en en trois grandes divisions : matériaux, agrosciences et spécialités. Une menace de disparition qui sur Sophia s'est renforcée en fin de semaine dernière, juste avant Noël.

"Hécatombe à Dow Chemical" pour la FCE-CFDT

Dans un communiqué publié le 19 décembre dernier, la FCE-CFDT a aussi sonné l'alarme : "Hécatombe à Dow Chemical : le site de Sophia-Antipolis une fois de plus dans la tourmente", a titré le syndicat. Et d'annoncer que le site sophipolitain allait disparaître. "Malgré la renommée de la technopôle de Sophia-Antipolis auprès des clients, le nombre de séminaires qui s’y déroulent, ses 40 ans d’expertise reconnue, son coût d’exploitation faible et l’aide de l’Etat (crédit impôt recherche), les laboratoires Dow seront transférés en grande partie en Suisse, comme ceux de Galderma", écrit la CFE-CFDT.

"La fermeture du site de Sophia Antipolis entraînera la disparition d’environ 130 emplois. Pour la FCE-CFDT, la fermeture du site et son transfert en Suisse sont incohérents, incompréhensibles et inacceptables. Pour la FCE-CFDT, d’autres solutions sont possibles. Nous revendiquons le maintien du site de Sophia-Antipolis en l’intégrant dans les secteurs de la chimie de spécialité du groupe, comme il l’était avant son rachat en 2009."

Historiquement, l'un des premiers grands groupes installés à Sophia

Dow, souvent présenté comme une des success stories de Sophia Antipolis, est l'un des premiers grands groupes installés dans la technopole. Il y est arrivé en 1975. En 2009, il a intégré les équipes du groupe Rohm and Haas, présent lui aussi à Sophia Antipolis. Autre étape marquante : en 2014, il a rénové son centre d'innovation de la rue Beethoven implanté sur un terrain de 7 hectares. A cette occasion, il a regroupé ses équipes R&D et support dans son centre d’innovation ainsi que les 70 salariés de Dow AgroSciences qui se trouvaient sur la partie Mougins de la technopole. Au total Dow Sophia comptait alors environ 160 personnes dans sur son site. Un effectif qui, depuis est retombé à 130 personnes.

Aujourd'hui, comme le résume le site spécialisé "Industrie.com", Dow Sophia couvre deux types d'activité. La premier ce sont "les activités de support technique et de R& D, avec un ensemble de laboratoires centrés sur les applications dans les revêtements, les additifs plastiques, les plastiques de spécialités, les produits de soin, les adhésifs ou encore les matériaux fonctionnels". Le second : un business center axé sur les phytosanitaires et l'agrochimie. Ces deux activités ne sont pas destinées à rejoindre la même des trois nouvelles entités créées suite à la fusion.

Les postes de Sophia redéployés en France, en Suisse et en Europe

Selon Industrie.com, "la partie support technique et R&D rejoindra le futur Dow (matériaux). 71 salariés sont concernés. La direction redéploierait les postes en France ou en Suisse. La seconde partie, qui dénombre environ 60 salariés, sera intégrée à la future entité agrochimique. Là, il est question d'un transfert des postes en Europe, sans plus de précision."

Tout n'est pas encore formellement joué. Les négociations autour du PSE, qui a déjà été annoncé, débuteront dès janvier. Mais pour les salariés, qui ne se sont pas pour l'instant mobilisés comme ceux de Galderma, même s'ils peuvent garder leur emploi, un déménagement ailleurs en France (Dow dispose outre celui de Sophia, de cinq autres sites qui ne seraient, eux pas menacés), en Suisse ou en Europe pose de multiples problèmes.

Quant au parc technologique, s'il vient d'annoncer une bonne nouvelle avec l'implantation du centre de design de Mercedes, il risque de perdre après Galderma/Nestlé, le plus grand centre de recherche en dermatologie européen, une autre activité hors informatique. Avec Dow ce serait la seule grande entreprise de l'industrie chimique au sein du parc technologique qui disparaîtrait.


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