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Sophia : champion de la French Tech, Myxyty en liquidation judiciaire

C'est la fin d'une aventure de dix ans pour Myxyty, start-up fondée par Olivier Courtade sur le créneau du "smart home" et de l'Internet des Objets. En dépit du beau parcours de ses enceintes connectées, la start-up a manqué sa dernière levée de fonds et a dû cesser ses activités le 23 mai. Elle ne verra pas sortir sa nouvelle Myxypod qui, développée à travers des partenariats avec IBM, Sygfox et Qwant, visait à rivaliser avec les Google Home et Amazon Echo.

Mauvaise nouvelle pour la French Tech Côte d'Azur : Myxyty, l'une de ses start-ups phare est en liquidation judiciaire. Cette société, spécialisée dans le smart home et l'Internet des Objets avait été fondée en 2008 à Sophia Antipolis par Olivier Courtade. Sa fin a été annoncée par un avis posté sur son site Internet (site inaccessible depuis). "Après 10 ans d'activité, c'est avec regret que nous vous informons de la mise en liquidation judiciaire de la société MYXYTY à compter du 23 mai 2018", est-il noté.

Ses enceintes connectées en vedette à Barcelone et au CES de Las Vegas

"Malgré de beaux projets concrétisés et la qualité de travail exceptionnelle de nos équipes, nous n'avons pu maintenir la société en activité". Et de demander aux clients de prendre leurs disposition "car une coupure de service interviendra dans les jours à venir et votre système InTwo ne sera plus fonctionnel". Myxyty (27 salariés), qui revendique un chiffre d'affaires consolidé de près de 15 M€ depuis sa création, aura manqué sa dernière levée de fonds et n'a pu éponger des dettes que le site Lesnumeriques.com estime de l'ordre de 3 M€.

Sur le créneau du smart home, des enceintes connectées et de l'Internet des Objets, Myxyty avait pourtant pu bénéficier d'une reconnaissance internationale. Avec sa "Myxypod by Myxyty" une box multi-usage innovante, la société avait été, en février 2016, sacrée championne IOT/M2M (catégorie "Maison connectée") de la Coupe du Monde organisée par le Mobile World Congress de Barcelone. Lauréate du pass French Tech en 2015, elle avait participé plusieurs fois de suite au CES de Las Vegas dans la délégation azuréenne de start-up et avait été maintes fois primée. Notamment, son enceinte connectée qui offrait des solutions interactives entièrement contrôlées par la voix avait été récompensée au CES 2017.

MyxyPod sur le créneau de Google Home et d'Amazon Echo

Reste que son dernier défi n'était pas évident à gagner. Sur le créneau des enceintes connectées et des assistants vocaux, elle se trouvait en effet en face des géants mondiaux : Google Home et Amazon Echo ! Rien que ça. Pour forcer le passage, Myxyty avait misé sur l'intelligence artificielle et avait développé plusieurs partenariats de taille afin d'intégrer l'IA dans ses produits. Ainsi, un partenariat avec IBM, lui avait permis de s'appuyer sur Watson.

Autre partenaire, le Toulousain Sigfox, avait intégré sa technologie dans les produits de Myxyty. Enfin, un troisième partenariat avait été noué voilà quelques mois avec le moteur de recherche Qwant pour une nouvelle enceinte Myxypod qui garantissait le respect des données personnelles et de la vie privée (l'ADN de Qwant) et assurait aux utilisateurs une totale intimité et l'absence de toute collecte d'information. Ce nouveau produit devait sortir fin 2018.

Mais pour réussir ce challenge, il fallait aussi des capitaux. En début d'année Olivier Courtade a cherché à lever de 3 à 5 millions d'euros avec Invest Securities, société d'accompagnement financier, dont la fintech Pre-IPO est spécialisée dans la phase de croissance qui précède une introduction en Bourse. Une levée de fonds qui n'a pas pu être menée à bien. D'où, faute de capitaux nouveaux, la liquidation qui laisse les 27 salariés sur le carreau et fait perdre à la French Tech Côte d'Azur l'un de ses champions.


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