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Sophia : ne leur PARLEZ plus d'INNOVATION !

Comment réussir à transformer une invention en innovation, c'est-à-dire en une invention qui se vend ou s'exploite rentablement ? Georges Kayanakis, fondateur d'ASK, l'une des success stories de la technopole et Pierre Baillot d'Estivaux, fondateur de Yep-conseil apporte une réponse : en maîtrisant mieux le côté immatériel qui se résume dans l'humain, le relationnel et l'organisationnel. C'est ce qu'ils expliquent dans leur livre intitulé "Ne me PARLEZ plus D'INNOVATION !"

Dans le domaine de l'innovation, il n'y a pas que les valeurs matérielles et financières qui comptent. Il y a également et surtout l'immatériel avec les critères humains, relationnels et organisationnels. C'est le message qu'ont voulu faire passer Georges Kayanakis, fondateur d'ASK à Sophia Antipolis et Pierre Baillot d'Estivaux, fondateur de Yep-conseil, en écrivant un petit livre (petit par son format et le nombre de pages), sous le titre "Ne me PARLEZ plus D'INNOVATION". C'est ce même message qu'ils ont développé lors d'une conférence sur le financement de l'innovation à SKEMA Business School où ils ont réussi à faire venir des financiers pour ne surtout pas parler de valeurs comptables et financières, mais au contraire d'aptitudes immatérielles. (Photo DR : Pierre Baillot d'Estivaux -à gauche- et Georges Kayanakis)

La France, 3ème en inventions et 26ème en innovations

Georges Kayanakis, qui avec ASK a signé l'une des belles "success stories" de la technopole, fait partie de ces ingénieurs passionnés par la problématique de la création d'emplois à partir de l'innovation. Le vrai challenge d'aujourd'hui. "La France est classée 3ème en inventivité dans le classement mondial (nombre de publications, d'inventions), après les Etats-Unis et le Japon et nous sommes classés 26ème en termes d'innovations" regrette-il. "Nous perdons 23 places. C'est ce sujet qui nous a interpellé et que l'on adresse. Comment faire pour que les gens qui sortent des inventions réussissent à les transformer en innovations, c'est-à-dire une invention qui se vend ou s'exploite avec rentabilité ? Ce n'est pas qu'une histoire d'argent. Cela tient aussi beaucoup dans l'immatériel. Nous essayons de décomposer tous les éléments qui tiennent de cet immatériel pour pouvoir mieux les gérer".

C'est tout le sujet du livre. Il aborde cette question fondamentale de la transformation d'une idée en innovation et de l'efficacité des ressources (dispositifs d'aide à l'innovation, soutien des start-ups) employées dans ce but. Il présente également une méthode pour accéder à des solutions nouvelles.

Evengéliser autour de l'immatériel

"Le but du livre, c'est d'abord d'évangéliser autour de l'immatériel, qui dans notre lecture est représenté par l'humain, le relationnel et l'organisationnel, explique Pierre Baillot d'Estivaux. "Dans les entreprises que nous visitons, nous nous en apercevons tous les jours : c'est cet immatériel qui fait avancer la boite, qui fait sa richesse. Mais nous sommes dans une société financiarisée et souvent on donne surtout de l'importance aux comptes de résultats, aux bilans, aux levées de fonds. Comme cela a été montré lors de la conférence, l'important pourtant pour une start-up n'est pas de lever des fonds. C'est de montrer qu'on tient quelque chose qui permet de gagner de l'argent".

"Ce que nous faisons dans ce contexte ? Nous prenons une entreprise quelle que soit sa maturité. Nous l'analysons sur la base de nos huit critères immatériels et établissons un "benchmark". Nous pouvons alors leur dire par exemple : à ce stade là de maturité, vous devriez en être là et il y a deux ou trois trous dans la raquette sur lesquels il faut travailler si vous voulez que votre progression se poursuive. Pour les start-ups, ce "benchmark" leur donne la possibilité de mettre l'énergie au bon endroit, au bon moment. Pour les entreprises plus matures, c'est une analyse plus globale qui leur permet par exemple de sortir d'une stagnation après une première période de montée. Nous mettons alors le doigt sur ce qui manque ou ce qu'ils ont oublié dans leur processus d'innovation".

"Le livre se compose aussi en deux parties. La première c'est le constat (90% de start-up ne survivent pas dans les trois ans selon certaines statistiques). C'est un véritable gâchis avec toute cette belle énergie, ces financements publics qui partent à la poubelle. La seconde partie est consacrée à notre modèle. Il permet d'analyser les projets d'entreprise et de voir ceux qui sont assez murs pour recevoir des financements garantissant plus de sécurité et ceux qui doivent encore maturer. Nous travaillons aussi avec les chefs d'entreprise mais également avec beaucoup de fonds privés. Cela d'autant plus que ces derniers ne sont pas habitués à ces évaluations de l'immatériel qui conditionne pourtant le succès d'une innovation."


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