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Théâtre de Nice : Jacques Bellay sur les pas d’Albert Camus

Aux côtés de Sid Ahmed Agoumi, Jacques Bellay joue au Théâtre National de Nice dans « Enfances algériennes », une pièce qu’il a montée à partir de textes d’Albert Camus et de Mouloud Feraoun. Rencontre avec le comédien pour évoquer ce spectacle qui le touche profondément, lui qui marcha un peu sur les pas d’Albert Camus en fréquentant le même lycée à Alger, qui partagea les même souvenirs et surtout le même amour pour ce pays magnifique. Jacques Bellay donne également son sentiment sur l’Algérie 50 ans après son indépendance et l’incroyable gâchis de ans de guerre qui obligea les pieds noirs à quitter cette terre qu’ils aimaient tant.

Sid Ahmed Agoumi et Jacques Bellay dans "Enfances algériennes" (DR©Fraicher-Matthez)

Pour monter un spectacle sur l’Algérie, terre de son enfance, en cette année de commémoration du cinquantenaire de son indépendance, Jacques Bellay s’est assez naturellement tourné vers Albert Camus dont il a un peu suivi la trace en fréquentant le même lycée à Alger et avec qui il partage pratiquement les même souvenirs d’une Algérie malgré tout heureuse et où il faisait bon vivre. Des souvenirs relatés dans l’œuvre inachevée et posthume d’Albert Camus, Le Premier homme, qui sert de base à Enfances algériennes, la pièce que joue actuellement Jacques Bellay au Théâtre National de Nice aux côtés de Sid Ahmed Agoumi qui, lui, part sur les pas de Mouloud Feraoun, écrivain kabyle avec qui Camus entretint des relations très étroites. Deux auteurs qui, outre les conditions très difficiles de leur enfance marquée du sceau de la pauvreté, ont du leur salut à l’école et notamment à la réussite du concours des bourses qui leur a permis à tous les deux d’accéder à un nouvel horizon.

Deux « Justes » qui aimaient profondément l’Algérie

Arrivés à l’âge adulte et même s’ils n’étaient pas d’accord sur tout, les deux hommes se sont pris d’amitié et se sont toujours opposés à toutes formes d’injustice et de violence. Une attitude particulièrement courageuse dans le contexte des événements d’Algérie. Ces deux « Justes » amoureux de la terre d’Algérie ont longtemps cru qu’il serait possible d’éviter ce terrible gâchis de 7 ans de guerre, ainsi qu’à la possibilité pour les deux communautés de continuer à vivre ensemble dans ce pays magnifique. Le récit poignant, à la fin du spectacle, de l’assassinat de Feraoun par l’OAS à quatre jours seulement de la fin des hostilités, illustre bien tout le drame algérien mais Jacques Bellay n’a pas voulu qu’Enfances algériennes s’achève là-dessus et a préféré terminer sur une note d’espoir par une scène de danse et d’allégresse sur une chanson espagnole symbole de mélange des cultures dans une Algérie heureuse. 


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