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Vitesse réduite à 90 km/h sur l'A8 : un tollé général

Le bras de fer entre la Préfecture et Escota sur la prise en charge financière d'un dispositif de régulation dynamique de la limitation de vitesse aux heures d’affluence sur le tronçon Antibes-Nice-Saint Isidore de l'autoroute A8 fait planer la menace d'une nouvelle baisse de la vitesse autorisée de 110 à 90 km/h. Colère des automobilistes et réactions des politiques.

La menace d'une nouvelle diminution de la vitesse sur l'autoroute A8 entre Cannes et Nice Saint-Isidore (elle passerait de 110 à 90 km/h après être déjà descendue de 130 à 110 il y a dix ans) a fait bondir bon nombre d'automobilistes azuréens. Le président du Département, Charles-Ange Ginésy avait été le premier à donner l'alarme. Dans un communiqué, il annonçait avoir demandé à l'Etat de faire pression sur Escota, la société autoroutière, pour qu'elle prenne en charge un dispositif de régulation dynamique de la limitation de vitesse aux heures d’affluence (panneaux lumineux pilotés à distance), dispositif dont la mise en place est demandée par le préfet des Alpes-Maritimes pour répondre aux congestions récurrentes sur ce secteur. Faute de quoi la vitesse autorisée passerait à 90 km/h dès le 1er octobre.

Christian Estrosi : "cette portion d'autoroute est déjà soumise à deux péages !"

Christian Estrosi, dans un communiqué, déclare s'opposer à l'abaissement de la vitesse maximale entre Nice et Antibes. "Cette mesure, prise sans concertation préalable avec la Métropole Nice Côte d’Azur, conduira à une augmentation des temps de parcours de plusieurs minutes en dehors des périodes de congestion pour les usagers métropolitains se rendant notamment à Antibes ou Sophia Antipolis", écrit le président de la Métropole.

"Il serait, par ailleurs, inacceptable de faire supporter aux usagers le coût d’un dispositif destiné à améliorer leur propre sécurité, par l’augmentation des tarifs au péage.

Même si j’estime qu’une gestion dynamique de la vitesse maximale serait pertinente sur ce tronçon d’autoroute, pour améliorer la sécurité routière et fluidifier le trafic aux heures de pointe, je demeure opposé à tout abaissement de la vitesse tant que le débat entre l’Etat et la société concessionnaire n’a pas abouti.

Je rappelle que cette portion d’autoroute est déjà soumise à deux péages, dont celui du contournement de Nice que je dénonce depuis de nombreuses années".

Lionnel Luca : le risque d'un report sur les voies départementales déjà engorgées

Lionnel Luca, maire de Villeneuve-Loubet et vice-président du Département a de son côté réclamé "une réunion de travail avec les maires des communes concernées, le Conseil départemental, la société Vinci et le représentant de l’Etat, qui permettrait de réfléchir collectivement pour faire aboutir des mesures pertinentes."

Outre le report de la circulation sur les voies départementales déjà engorgées, Lionnel Luca regrette notamment qu’aucune mesure ne concerne les poids lourds qui sont cause de nombreux accidents aux heures sensibles et qui ne pourront donc plus être dépassés. Il compte notamment proposer l’instauration d’une bande réservée aux poids lourds sur les portions à 4 voies.

Eric Ciotti stigmatise "une véritable injustice économique" 

Eric Ciotti, député, rappelle sur son site Web qu'en "juin dernier, j’avais saisi la Ministre des transports du caractère accidentogène du péage de Nice Saint Isidore et demandé alors sa suppression comme je l’avais déjà fait en 2015. Au phénomène d’insécurité routière s’ajoute en effet celui d’une véritable injustice économique : Nice reste la seule grande ville de France où les automobilistes se voient contraints de payer l’accès à la seule voie de contournement urbain. Aujourd’hui, nous sommes sur le point de connaître une situation encore plus injuste et plus insupportable."

Et de conclure : "Alors que l’autoroute A8 figure parmi les plus chères de France, j’exige de l’Etat qu’il ne cède sur rien : c’est à la société Escota de financer le dispositif de régulation dynamique, pas aux usagers. Le gouvernement doit désormais imposer à l’exploitant la gratuité sur ce tronçon ainsi que la suppression du péage de Saint Isidore, ce qui aurait pour vertu par ailleurs de traiter une partie des causes des ralentissements."


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