ShareThis

Vos Réactions : pourquoi Qatar Airways se retire de Nice

Si l'aéroport Nice Côte d'Azur continue une belle progression, un petit recul sur l'international a été enregistré pour la saison d'été avec Qatar Airways qui a décidé de quitter la plateforme niçoise et d'arrêter à partir de juin son vol Nice-Doha via Milan. Dans une réaction à l'article "Aéroport : la croissance se jouera cet été sur l'Europe", un de nos lecteurs, visiblement bien informé, explique pourquoi Qatar Airways a, selon lui, pris cette décision. Voici son explication qui est essentiellement axée autour de la concurrence d'ADP (Aéroports de Paris).

"Arrêt de Qatar Airways à Nice, ADP a fait pression sur la DGAC!"

"Aéroports de Paris a certainement dû faire pression sur la DGAC pour empêcher que les droits de trafics soient augmenté pour Qatar Airways au départ de la France.

En effet Qatar Airways avait le projet d'opérer en vol direct au départ de Nice, car cela pouvait booster la ligne alors que le vol via Milan est un lourd handicap face à Emirates, et ne fait pas de vagues pour ADP.

On sait que l’opérateur de Dubai a pendant 14 ans dû être cantonné à 3 vols hebdomadaires via Rome et qu’à chaque fois qu’Emirates réclamait un vol direct sur Nice Dubai, un refus de la part de la DGAC lui était adressée, certainement sous la pression d'ADP.

Quand Emirates a enfin eu les droits d’opérer en vol direct en décembre 2008, on a vu que la liaison Nice CDG commençait à perdre des passagers et qu’aujourd’hui, n’en déplaise à certains qui croient que c’est faux, et cette chute continue d’année en année. Mais en même temps le passage en vol direct du Nice Dubai va faire l’effet boule de neige, la liaison Qatar Airways ouvre suite à cette dynamique. Même des opérateurs asiatiques semblent intéressés à desservir Nice, mais on reste toujours à la phase de l’effet d’annonce, peut-être que là aussi ADP leur met la pression pour que cela ne soit pas concrétisée ?

On sait qu'ADP a beaucoup à perdre si une activité intercontinentale commençait à se développer de manière importante au départ de Nice. L’activité vers le Moyen Orient et l’Extrême Orient au départ de l’Europe est en forte croissance. Or déjà qu’avec Emirates une partie des préacheminements qui normalement passaient par CDG pour se rendre vers l'Afrique Orientale, l'Océan Indien, le Moyen Orient, l'Asie et l'Océanie, et vice versa vers Nice, transitent par Dubai, mais avec en plus le vol direct de Qatar Airways, le phénomène s’amplifierait au détriment de CDG et des autres hubs européens.

Pour éviter une telle hémorragie, ADP, très puissant groupe industriel, a tout intérêt de faire pression auprès des autorités françaises, en particulier sur la DGAC, afin que Qatar Airways ne puisse pas avoir davantage de droits de trafic dans le but d’opérer une liaison directe sur Nice Doha. N’oublions pas que plus de 24% des passagers qui ont pris l’avion à Paris en 2012, tout aéroports confondus, étaient en correspondance, et encore sans compter ceux qui ont transité par les TGV Air, c’est un marché très juteux pour ADP, surtout au niveau des Duty-Free. De plus, il faut bien rentabiliser les infrastructures mégalomaniaques de l’ADP, d’où un verrouillage absolu du développement international des autres aéroports français comme c’est le cas pour Nice. Avec de tels enjeux on comprend mieux les raisons de la fermeture de la ligne Nice Doha. Enfin, Qatar Airways a des accords avec la SNCF, pour les TGV Air vers CDG, or si la ligne de Nice se développe davantage, une partie de la clientèle des TGV Air vivant dans le sud préférerait prendre l’avion à Nice plutôt qu’à CDG, et ça c’est un sérieux manque à gagner pour ADP.

C’est une pure affaire de lobbying, une histoire de gros sous, une entorse à la concurrence, un sabotage de plus de la part d’ADP qui est à l’origine de l’arrêt de la ligne Nice Doha en juin prochain, mais celle-ci se fait au détriment de l’intérêt des usagers, des citoyens et du développement de l’aéroport de Nice vers de nouveaux horizons géographiques."


Crédits Indigen
- Copyrights WebTimeMedias 2011