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Biodiversité : lâcher princier dans le Mercantour pour le Gypaète Barbu

Le Prince Albert II a participé en personne à la réintroduction du Gypaète Barbu dans le Parc national du Mercantour à l'occasion de la journée internationale de la Biodiversité d'hier, mardi 22 mai. Le souverain monégasque est monté dans le cœur du Parc, sur la commune de Roubion pour le lâcher d’un couple de Gypaètes Barbus en présence des co-fondateurs de la Fondation Prince Albert II de Monaco et des autorités du Parc. Le Prince Albert a d'ailleurs tenu à porter lui-même l’une des deux caisses contenant un oisillon (le tout pesant 14 kg) sur 200 mètres de dénivelé, jusqu’à 1.900m d’altitude.

 

Plus grand oiseau d'Europe, il peut atteindre jusqu'à 3 mètres d'envergure

 

Les deux poussins de 90 jours ont été déposés dans une grotte dans laquelle ils seront nourris et observés par les agents du Parc national du Mercantour jusqu’à ce qu’ils s’envolent définitivement. Il s'agissait de la première réalisation concrète de la Fondation et ce fut l'occasion pour Albert II de rappeler l’importance que revêtait à ses yeux la défense de l’environnement et de la biodiversité pour nous comme pour les générations à venir. Une convention a été signée à l’occasion de cette journée entre le Parc national du Mercantour et la Fondation. Elle permettra de financer l’acquisition, le lâcher et le suivi de 2 gypaètes par an et ce durant 3 années (alternativement dans le Parc du Mercantour et le Parco Naturale Alpi Marittime, son voisin italien et jumeau depuis 20 ans).

 

Les deux gypaètes lâchés hier seront équipés d’ici quelques jours d’un émetteur satellite qui permettra d’assurer leur suivi télémétrique en direct sur le site du Parc national du Mercantour (www.mercantour.eu). Les deux oisillons sont nés en Autriche en février. En début de matinée, ils ont été préparés (mesure, pesage,…..) et ont été baptisés Rocca et Fontvieille, comme les quartiers de la Principauté.

 

Plus grand oiseau d’Europe (il peut atteindre 3 mètres d’envergure), le Gypaète est inoffensif en dépit de sa taille. C'est un charognard spécialisé dans la consommation des os des carcasses : il est tout à la fin de la chaîne alimentaire et intervient donc après tous les autres charognards (vautours, corbeaux, renards, sangliers…). Sa présence dans un écosystème a donc toute sa place, ce qui légitime le programme international visant à réintroduire le Gypaète dans les Alpes, dont le Mercantour est l’un des sites de lâchers depuis 1993.

 

Dix ans pour un inventaire complet de la faune et de la flore du parc

 

Ce n'est pas évidemment la seule action entreprise dans le parc du Mercantour au bénéfice de de la biodiversité. En juillet, débutera le plus ambitieux inventaire de la faune et de la flore jamais réalisé en Europe. Vingt-cinq équipes de spécialistes venant de quinze pays vont se relayer pendant dix ans, pour recenser les espèces végétales et animales. Il s'agit d'un des projets phares du programme Edit (European Distributed Institute of Taxonomy), lancé en juin 2006, avec le soutien de la Commission européenne. Ce réseau regroupe 23 institutions européennes et quatre non européennes, spécialisées dans la taxonomie.

 

"Le Mercantour a été choisi en raison d'une biodiversité exceptionnelle due à sa situation géographique au croisement des influences alpine, méditerranéenne et continentale. Ce type d'espace est très rare en Europe", a expliqué Benoît Lequette, chef du service scientifique du parc. Riche d’environ 2 000 espèces végétales, le Mercantour abrite environ un quart de l'éventail des espèces végétales connues en France. Ce recensement complet s'attachera, durant les trois premières années, à un secteur d'environ 10 kilomètres carrés à cheval entre France et Italie dans la haute vallée de la Roya.

 

Contacts

Fondation Prince Albert II de Monaco : Philippe Mondielli : 00 377 98 98 40 09

Parc National du Mercantour : Florent Favier : 00 33 04 93 16 78 88 / 06 13 95 13 39


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