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W3C : un grand pas vers le Web Sémantique avec "sparkle"

C'est un grand pas vers le Web sémantique que vient de faire le W3C (World Wide Web Consortium) avec la publication de SPARQL, trois recommandations qui ciblent l'interrogation de meta-données RDF, structure de base du Web sémantique. SPARQL (qui se prononce "sparkle"), représente en effet un standard clé pour l’ouverture des données sur le Web sémantique. Grâce à cette technologie d’interrogation, les utilisateurs peuvent se concentrer sur leur recherche plutôt que sur la technologie de base de données ou le format sur lesquels repose le stockage des données. Comme les interrogations SPARQL se situent à un niveau d'abstraction élevé, il est facile de les étendre aux sources de données imprévues, voire même de les porter sur de nouvelles applications.

 

Une technologie qui répond à la portabilité des données et à l'explosion du Web 2.0

 

Créer un environnement en ligne dans lequel toutes les données sont reliées entre elles de façon logique pour former une information ultra-pertinente : c'est justement l'objectif du Web sémantique. Seul compte alors le sens des données, et non plus leur place dans un document texte. L'information peut alors être décloisonnée et provenir de sources multiples et hétérogènes, quels que soient les formats et les méthodes de stockage. Un bonheur à l'heure de la portabilité des données et de l'explosion du Web 2.0 avec la montée des blogs, des réseaux sociaux ou des publications sur mobiles.

 

Longtemps annoncé, le Web sémantique est resté jusqu'à présent comme le Graal d'Internet et n'a guère percé en raison de la complexité de sa mise en œuvre, de la pauvreté des outils de développement et de la faiblesse des standards. Pour Tim Berners-Lee, directeur du W3C, qui se bat depuis des années pour le Web sémantique, SPARQL marque une rupture. Cette technologie va faciliter "l’interrogation des informations issues des bases de données et d’autres sources répandues sur le Web". "Tenter d’utiliser le Web sémantique sans SPARQL revient à exploiter une base de données relationnelle sans SQL", estime Tim Berners-Lee. SPARQL transcende les limites du langage d’interrogation traditionnel quant aux recherches locales en formats simples.

 

Permettre le partage, la fusion et la réutilisation des données

 

Il existe nombre de langages d’interrogation performants dont les standards SQL et XQuery. Ils ont été conçus à la base pour interroger un produit, format, type d’information ou base de données locale spécifique. Jusqu’à présent, il était nécessaire de formuler l’interrogation de niveau élevé différemment en fonction de l’application ou de l’agencement choisi pour la base de données relationnelle. De plus, lors de l’interrogation de multiples sources de données, il fallait écrire la logique pour fusionner les résultats. Ces contraintes ont imposé des coûts de développement supérieurs et entravé l’intégration de nouvelles sources de données.

 

Le Web sémantique vise à permettre le partage, la fusion et la réutilisation des données de manière la plus globale possible. SPARQL est conçu pour être utilisé à l’échelle du Web et donc à faciliter les interrogations des sources de données distribuées, quel que soit leur format. La création d’une interrogation unique portant sur différents magasins de données est plus aisée, a des coûts moindres et fournit des résultats plus riches et précis.

 

L'accès aux données devient un service Web

 

La combinaison du langage d’interrogation et protocole SPARQL crée un service Web au sens propre ; s’exécutant au-dessus de HTTP ou SOAP, elle fournit un service Web standard pour toute forme de question.

 

"Vu que SPARQL est axé sur l’interrogation des modèles de données, il fait gagner du temps aux développeurs qui n’ont plus à recourir à une multitude de petits services Web pour explorer les différents aspects de l’état d’un système", explique Lee Feigenbaum, animateur du groupe de travail Accès aux données RDF. "L’utilisateur peut alors exploiter SPARQL pour poser n’importe quelle question, comme s’il pouvait concevoir sa propre interface au lieu de travailler avec un ensemble limité de services fixes."

 

La spécification SPARQL définit un langage d’interrogation et un protocole qui fonctionnent en parfaite synergie avec les autres technologies Web sémantique du W3C :

  • RDF (Resource Description Framework) pour la représentation des données,
  • RDFS (schéma RDF),
  • OWL (Web Ontology Language) pour la création de vocabulaires
  • et GRDDL (Gleaning Resource Descriptions from Dialects of Languages) pour l’extraction automatique des données du Web sémantique à partir de documents.

 

SPARQL fait également appel à d’autres standards du W3C présents dans les implémentations de services Web tels que WSDL (Web Services Description Language).


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