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Wipro : première réunion du comité stratégique ce matin

Une étape nouvelle ce matin, vendredi, dans l'affaire de la fermeture à Sophia Antipolis du site Wipro-New Logic : la première réunion du comité stratégique Wipro qui débute à 10 heures à la préfecture (au Centre administratif départemental), à Nice. Annoncé par Christian Estrosi, ministre chargé de l’Industrie, le 18 septembre dernier, ce comité stratégique sera installé par Francis Lamy, préfet des Alpes-Maritimes. L'objectif est de réunir les services de l’Etat, les représentants du personnel et les dirigeants de l’entreprise afin de faire émerger des solutions permettant de maintenir le maximum d’emplois et de sauvegarder ce type d’activité technologique dans le département.

 

Le CE de Wipro : "la fermeture du site ne reposait sur aucune justification économique"

 

Hier à la veille de cette réunion, les deux parties ont défendu leur point de vue (le comité d'entreprise qui représente les 61 salariés licenciés suite à la fermeture du site de Sophia Antipolis et la direction de Wipro France). Les salariés, faisant état du rapport économique de l'expert mandaté par le CE pour analyser le projet de cessation d’activité, ont réaffirmé que la fermeture du site ne reposait sur aucune justification économique et qu'il s’agissait donc d’une décision stratégique de WIPRO au détriment des salariés de Sophia-Antipolis.

 

"Dans la gestion du site et de l’activité IP, l'expert économique et les représentants du personnel notent :

  • Le coût de développement attribué au site par la direction est complètement fallacieux : les chiffres retenus sont biaisés et disproportionnés par rapport au marché.
  • Des coûts annexes sont imputés à Sophia alors qu’ils servent principalement les intérêts européens du groupe Wipro.
  • Le crédit d’impôt recherche devrait diminuer de 30% le coût des ingénieurs français. En fait, il est intégré au revenu de la division et profite aux sites indien, allemands et français ce qui vise à rendre les équipes en France moins compétitives ; dans la démonstration de la direction, le remboursement du Crédit Impôt Recherche joue contre les salariés français."

 

"En conclusion, le CE considère que l’objectif initial du groupe Wipro, lors du rachat, n’était donc pas de développer cette activité, mais simplement de prendre pied sur le marché européen pour ses autres activités et ainsi maximiser ses profits", est-il noté dans un communiqué.

 

Les salariés mettent en cause la faiblesse des propositions de Wipro

 

Les salariés font également un point sur les propositions de reclassement. "Le reclassement interne se limite aujourd’hui à l’ouverture de poste pour les deux vendeurs de l’entité de Sophia. Ceux-ci négocient actuellement d’importants contrats d’externalisation d’un montant de plus de 100 millions d’euros avec des grands comptes européens. Cela fait suite aux contrats signés ces derniers mois avec Michelin, Bull et SFR."

 

"M. Estrosi, Ministre de l’Industrie, a rencontré les employés et représentants du personnel. Il leur a fait part lors d’une conférence de presse de sa demande à la direction de proposer aux employés « un PSE digne de ce nom ». A titre d’exemple, le congé de reclassement doit être d’une durée de 9 à 12 mois avec maintien du salaire. M. Martinoli, directeur de Wipro France, a été reçu par le directeur de cabinet de M. Estrosi lundi pour lui faire part de ses bonnes intentions. Pourtant, il ne fait pas partie des négociations avec les employés de Sophia."

 

Wipro France : "Nous ne sommes pas des patrons voyous"

 

Quant à Wipro France, il assurait sur plusieurs sites d'information économique en ligne qu'il n'était pas un "patron voyou" et refusait l'amalgame avec Molex (usine d'un équipementier automobile américain située à Villemur-sur-Tarn). Sur Lemagit.fr, Christophe Martinoli explique que les aides perçues en juin dernier au titre du CIR correspondent à des sommes dues sur la période 2006-2008. "Cet argent a servi à financer des projets et à payer une partie des salaires".

 

Il affirme d'autre part que la direction française de Wipro a entamé des discussions dans les règles avec les instances représentatives des salariés de NewLogic. "Nous discutons des mesures pour les accompagner. Et, avant même l'interpellation du ministre de l'Industrie, nous avions budgété un plan de plus de 5 millions d'euros pour accompagner les salariés. Nous sommes d'ailleurs en relation étroite avec la région pour mettre au point un plan de revitalisation qui soit complémentaire de ceux décidés par d'autres acteurs, comme Texas Instruments ou ST Micro", explique le dirigeant.

 

Des réactions dont les salariés de Wipro-New Logic ont pris bonne note. "Au vu de la réunion du mardi 22 septembre avec la direction, le CE et les employés restent unis et mobilisés. Ils jugent aujourd’hui que les mesures proposées ne sont pas satisfaisantes et espèrent que la direction démontre à M. Estrosi qu’ils ne sont pas des "patrons sans scrupule", concluent-ils. Autant de positions divergentes qui ont quoi animer la réunion de ce matin !

 

Lire dans Lemagit.fr la réaction de Wipro France : "Nous ne sommes pas des patrons voyous"

 

 


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