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Carrière de la Roque : bataille autour des déchets inertes du BTP azuréen

La bataille est engagée autour du projet de décharge pour les déchets inertes du bâtiment sur le site la carrière de la Roque à Roquefort-les-Pins. Elle a commencé au début du mois à l'annonce du plan de la société Spada, propriétaire des terrains, qui vise à accueillir jusqu'à 8,85 millions de tonnes de déchets inertes pour une durée de 25 ans avec des pointes pouvant aller à un peu plus de 800.000 tonnes par an. La réaction des habitants des communes concernées a été vive. D'autant plus que, soutenu par la préfecture et le conseil général, le projet a ainsi de fortes chances d'aboutir tandis que le "traumatisme" des riverains de la décharge de La Glacière à Villeneuve Loubet, décharge fermée le 17 juillet dernier, reste vivace.

 

Levée de boucliers des riverains

 

La levée de boucliers a été aussi très rapide. La semaine dernière, le mardi 6 octobre, environ 400 personnes (des Roquefortois et des habitants des communes voisines) se sont rassemblées devant la mairie de Roquefort-Les-Pins pour protester contre le projet. Plusieurs collectivités territoriales depuis ont relayé l'opposition. Villeneuve-Loubet s'est prononcé contre le projet ainsi que la CASA (Communauté d'agglomération Sophia Antipolis) et Roquefort-les-Pins, justifiant leur position notamment par un transit de déchets dans la technopole, la présence d'établissements d'enseignement sur le trajet, des habitations trop proches. Autant d'avis donnés qui ne sont cependant que consultatifs, la décision appartenant au préfet des Alpes-Maritimes.

 

A l'approche d'une nouvelle manifestation à Roquefort, samedi 17 octobre, à 11 heures, les professionnels et particulièrement la Fédération du Bâtiment et des Travaux publics, sont montés de leur côté au créneau. Ils ont cherché à apporter une réponse à certains arguments présentés contre la décharge et qu'ils jugent fallacieux et ont expliqué leur position. Un message relayé par la CCI Nice Côte d'Azur.

 

La position des professionnels défendue par la CCI Nice Côte d'Azur

 

"Le département des Alpes Maritimes doit être autonome pour traiter ses déchets inertes avec des solutions diversifiées, sur chaque agglomération", note ainsi la CCI. Avec la saturation prévue pour l’été 2010 du centre de traitement de Gilette – Bec de l’Esteron, le département des Alpes-Maritimes a besoin de nouveaux sites mieux répartis sur tout le territoire et limiter ainsi les dépôts sauvages".

 

Et de bien préciser que "les déchets inertes issus du bâtiment et des travaux publics sont des matériaux de type béton, terre non souillée, briques, tuiles, gravats propres… Au-delà des entreprises du BTP, leur traitement et stockage concernent l’ensemble de notre économie ; ce sont toutes les entreprises, mais aussi les collectivités et les particuliers en tant que maîtres d’ouvrage qui les génèrent".

 

Estimant qu'il s'agit d'un projet d'intérêt général, la CCI Nice Côte d’Azur se déclare favorable au projet. Mais face aux inquiétudes légitimes, elle demande "des garanties en termes de qualité d’exploitation et surtout la mise en service de sites complémentaires dans les Alpes-Maritimes. Il faut arrêter de penser que les Alpes-Maritimes vont pouvoir compter sur leurs voisins pour le traitement de leurs propres déchets."

 

L'incapacité de la Côte d'Azur à traiter ses déchets

 

C'est ce que réclamait par ailleurs en début de semaine Laurent Trocmé, le président de la FBTP 06. Où mettre les 1,2 millions de tonnes de déchets produits par l'activité du BTP dans le département ? Actuellement, 300.000 tonnes sont déposées annuellement sur le site du Bec de l'Estéron, site appelé à fermer l'été prochain. 120.000 tonnes vont à la Gaude, tandis que la Turbie accepte des apports ponctuels. Pour le reste, soit plus de la moitié, c'est la solution de l'export par camions à l'extérieur du département. Pas très "Grenelle de l'environnement". Pour le bâtiment, la carrière de la Roque représente aujourd'hui la seule solution qui puisse être opérationnelle rapidement. D'où une pression très forte du BTP azuréen qui est prêt, lui aussi, à manifester en faveur d'un projet qu'il juge vital.

 

La bataille de la carrière de La Roque ne fait donc sans doute que commencer. Mais elle reflète un problème plus global : l'incapacité de la Côte d'Azur à traiter ses déchets, qu'ils soient "inertes" comme ceux du bâtiment en cause aujourd'hui, mais également ménagers (aucune solution en vue pour les déchets ménagers qui étaient déposés sur le site de La Glacière à Villeneuve Loubet, fermé maintenant depuis près de trois mois) ou industriels.

 


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