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Cannes : Thales Alenia Space fête les 5 ans de la "première sur Titan"

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Photo. Un dessin d'artiste sur la descente d'Huygens dans l'atmosphère de Titan. On y voit la sonde qui descend, puis ouvre le parachute, puis se pose sur Titan. Crédits : ESA

 

Cette grande aventure débute en 1991 pour Thales Alenia Space (c'était alors Aerospatiale qui, en 1998 deviendra Alcatel Space, puis Alcatel Alenia Space et, en 2007, l'enseigne actuelle, Thales Alenia Space). Pour sa toute première mission planétaire, l’Agence spatiale européenne (ESA) sélectionne alors le constructeur cannois de satellites afin de mener une équipe regroupant des industriels venus de toute l’Europe. L’objectif : explorer in situ une atmosphère inconnue, enveloppant une lune énigmatique, située bien plus loin qu’aucune autre sonde atmosphérique ne s’était aventurée jusque là. A la tête d’un corsortium industriel européen, le groupe cannois releve ce défi. La sonde européenne Huygens quitte la Terre le 15 octobre 1997, accrochée au flanc de l’orbiteur Cassini, en partance pour Saturne.

 

Le 14 janvier 2005, après plus de 7 ans de périple, Huygens atterrit sans encombre sur Titan et offre à la communauté spatiale internationale une véritable apothéose scientifique. C’était il y a cinq ans.

 

Une moisson scientifique fantastique

 

Au cours de la descente et depuis la surface, toutes les données récoltées par Huygens ont été émises à destination de l’orbiteur Cassini qui pour l’occasion pointait vers Titan son antenne à grand gain de 4 m de diamètre. Lorsque Cassini a perdu le contact en passant sous l’horizon du site d’atterrissage, la sonde émettait toujours et son signal était capté par les grands radiotélescopes terrestres. Par la suite, Cassini pointait son antenne à nouveau vers la Terre afin de rediffuser les données enregistrées. Au total, Huygens aura fonctionné pendant 148 minutes lors de sa descente et plus de 3 heures au sol.

 

"Pour la communauté scientifique, ces 474 Mbits de données, dont 350 photos, constituent une véritable manne qui pourra être étudiée pendant des décennies", explique Thales Alenia Space sur son site Web. "La dynamique de l’atmosphère de Titan est comparable à celles de Vénus, de la Terre ou de Mars, ce qui permet d’accroître d’autant notre champ d’analyse en planétologie comparée ainsi que notre compréhension des atmosphères planétaires et en tout premier lieu de la nôtre. La surface de Titan a révélé un monde modelé par le cryovolcanisme et des précipitations de méthane et d’autres hydrocarbures. L’orbiteur Cassini a ultérieurement détecté des lacs de méthane liquide dans les régions polaires de Titan. Les mesures de conductivité de l’atmosphère réalisées par Huygens ont en outre révélé la probable présence d’un océan d’eau ammoniaquée sous une croûte de glace de quelque 45 km d’épaisseur".

 

Depuis cinq ans, l’orbiteur Cassini poursuit sa mission autour de Saturne et vient d’effectuer son 65e survol de Titan. Lors de chacun de ceux-ci, l’antenne de 4 m est utilisée en mode radar pour percer la couverture nuageuse de la lune et dresser la carte précise de sa topographie.

 

Les Européens dans la cour des grands

 

En réussissant la première rentrée dans une atmosphère largement inconnue, sur le corps céleste le plus lointain jamais atteint physiquement par l’humanité, et en dépassant largement les objectifs initiaux de la mission, l’industrie spatiale européenne s'est placée au plus haut niveau mondial. Depuis 2005, les technologies de TAS sont d’ailleurs en opérations autour de quatre des huit planètes du Système Solaire : Vénus avec Venus Express, la Terre, Mars avec Mars Express et Saturne avec Cassini. De plus, Thales Alenia Space est le Maître d’Oeuvre de la mission d’exploration martienne ExoMars, prévue en 2016, et est également un acteur important de la mission cométaire Rosetta de l’ESA dont elle a assuré l’assemblage, l’intégration et les essais, et qui se trouve actuellement en route pour la comète Churyumov-Gerasimenko, qu’elle atteindra à la mi-2014.

 

Retour vers Titan ?

 

En offrant un premier regard sur un monde nouveau, Huygens a répondu à beaucoup de questions et en a soulevé une multitude de nouvelles. Pour y répondre, les scientifiques sont d’ores et déjà convaincus qu’il faudra préparer une nouvelle mission. Il s'agirait de larguer un aérostat dans l’atmosphère de Titan et éventuellement un amerrisseur dans un de ses lacs, afin d’étudier le cycle du méthane et tenter de découvrir de possibles composés organiques. Une mission pour laquelle Thales Alenia Space, fort de son premier voyage réussi, serait candidat.

 


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