L’aéroport de Nice inaugure l’extension du Terminal 2 : cap sur 18 millions de passagers
Inauguré le 13 avril en présence du ministre des Transports Philippe Tabarot et de nombreuses personnalités, le nouvel ensemble de 23.000 m² doit porter la capacité d’accueil de la plateforme à 18 millions de passagers par an. Un investissement stratégique pour le territoire, mais toujours contesté par des associations opposées à l’essor du trafic aérien et au “sur-tourisme”.
L’aéroport Nice Côte d’Azur a officiellement inauguré, lundi 13 avril, l’extension de son Terminal 2, à l’occasion d’une cérémonie rassemblant le ministre des Transports Philippe Tabarot, le prince Albert II de Monaco, le préfet Laurent Hottiaux, le maire de Nice et président de la Métropole Éric Ciotti, le président du Département Charles-Ange Ginésy, ainsi qu’Alessandro Benetton, président de Mundys et d’Edizione, premier actionnaire d’Aéroports de la Côte d’Azur. Cet événement, présenté comme très attendu, marque l’aboutissement d’un chantier lancé en 2022 pour adapter une plateforme dont la capacité théorique de 14 millions de passagers avait été dépassée dès 2019. (Photo DR : la nouvelle extension).
À cette occasion, Philippe Tabarot a salué une extension appelée à permettre à davantage de voyageurs de profiter d’une infrastructure stratégique, “porte” de la région et plus largement du pays vers l’Europe et le monde. Il a également évoqué les tensions persistantes sur le contrôle aérien, promettant le recrutement d’une trentaine de contrôleurs sur deux ans pour la région, tout en reconnaissant qu’il faudra du temps pour les former et résorber durablement les difficultés observées à Nice.
Sur le plan concret, cette extension doit avant tout répondre à la saturation de la plateforme et améliorer la fluidité des flux aux départs comme aux arrivées. Le projet comprend trois grandes composantes : un agrandissement de la salle d’embarquement non-Schengen, avec nouvelle zone de contrôle des passeports, commerces et salon VIP ; une darse en zone d’embarquement offrant un accès direct à six postes avions existants, afin de limiter le recours aux bus de piste ; et enfin un bâtiment public doté de 36 banques d’enregistrement et d’un nouveau système de traitement des bagages. L’ensemble représente environ 23.000 m² supplémentaires, soit plus de 30 % d’espace passagers en plus, avec pour objectif de porter la capacité d’accueil de l’aéroport à 18 millions de passagers par an. Certains espaces sont déjà opérationnels, tandis que la mise en service complète doit intervenir avec la montée en charge de la saison estivale, à priori, avant le grand coup de pression du Festival du film de Cannes et du Grand Prix F1 de Monaco.
Pour les responsables de la plateforme, cette extension d'un coût de plus de 130 M€, constitue un investissement structurant pour le territoire. Franck Goldnadel, président du directoire des Aéroports de la Côte d’Azur, insiste sur la nécessité d’offrir aux voyageurs “un accueil et un traitement à la hauteur de la réputation de la Côte d’Azur”, rappelant qu’un aéroport est souvent le premier et le dernier souvenir d’un séjour. L’équipement revêt un enjeu économique majeur : en 2024, l’activité de l’aéroport aurait soutenu 39.600 emplois équivalents temps plein et généré 2,7 milliards d’euros de PIB en France, dont 2,1 milliards pour la seule région Sud. L’exploitant met aussi en avant la dimension environnementale du projet : absence d’artificialisation supplémentaire des sols, recours à la géothermie, pose de panneaux photovoltaïques, surveillance écologique du chantier et promesse de stabiliser, voire réduire, les émissions directes liées à l’exploitation du bâtiment.
Mais cette inauguration ne met pas fin aux contestations. Plusieurs associations et collectifs, au premier rang desquels le Collectif Citoyen 06, continuent de dénoncer une extension qui, selon eux, encouragera le sur-tourisme et pourrait permettre jusqu’à 30.000 vols supplémentaires par an. Leur critique porte aussi sur la manière dont les impacts du projet ont été évalués : ils estiment que les études ont bien pris en compte les bâtiments, mais pas suffisamment l’effet potentiel de l’augmentation du trafic aérien sur les émissions, la pollution de l’air et les conditions de vie des riverains. Si leurs recours ont été rejetés en appel, un pourvoi en cassation reste pendant devant le Conseil d’État. L’aéroport répond de son côté qu’il n’est pas nécessaire d’augmenter mécaniquement le nombre de vols si les appareils sont plus capacitaires et mieux remplis. Reste que cette extension, saluée par les uns comme un outil indispensable à l’attractivité azuréenne, demeure pour les autres le symbole d’un modèle de développement toujours contesté.
